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Uniqlo accusée de discrimination à l’embauche : "Si je m’étais appelé Julien, c’était bon."
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Uniqlo accusé de discrimination à l'embauche.
Uniqlo accusé de discrimination à l'embauche. ©Getty

Uniqlo accusée de discrimination à l’embauche : "Si je m’étais appelé Julien, c’était bon."

Depuis vendredi 23 octobre, la marque japonaise est accusée de discrimination à l’embauche sur Twitter. Mouv’ a recueilli le témoignage du jeune homme à l’origine de ce tweet.

Brahim (nom d'emprunt) a toujours été un élève brillant. Ce jeune homme âgé de 23 ans est diplômé d’une licence d’économie-gestion "mention très bien", et d’un master en management et commerce international "mention très bien" également. "J’ai fait mon stage au sein d’un grand groupe du CAC40, je n’ai jamais eu de souci dans mes études, jamais de redoublement. Mais même quand on répond aux injonctions de l’excellence et de la réussite, malheureusement si on s’arrête à notre nom et prénom, tout le reste du CV n’est pas lu", se décourage-t-il. 

Au début du mois d'octobre, Brahim se met à chercher un emploi. Il tombe sur une offre de la marque Uniqlo et envoie son CV. "Je reçois dix jours plus tard un refus de leur part. Ce qui m’étonne car je corresponds à l’offre d’emploi", nous précise-t-il. Brahim a une intuition et décide de tester l’entreprise. Il envoie le même CV, enlève sa photo et change le nom et le prénom. "Étant d’origine maghrébine, j’utilise un nom et un prénom à consonance française, je prends le prénom Julien. Je crée une adresse mail pour l’occasion." 

Le piège fonctionne : deux jours plus tard, Brahim reçoit une proposition pour participer à la suite du processus de recrutement.  "J’ai été très choqué à ce moment-. Si je m'étais appelé Julien, c'était bon__", explique-t-il. Cette identité que Brahim a créée en quelques minutes a réussi à attirer l’œil du recruteur alors qu’il y avait dans ce CV, les mêmes parcours, expériences professionnelles, formations ou encore études. 

Twitter pour être entendu

Avec ce "testing", Brahim réussi à prouver qu’il est victime de discrimination. Pour attirer l’attention d’Uniqlo, il décide de passer par Twitter. "J’ai eu énormément de retweets, plus de 400 000 vues. Chez Uniqlo, ils m’ont ignoré tout le week-end, mais ils ont répondu ce lundi matin, 26 octobre, en message privé. Ils ont dit qu’ils étaient passés par un cabinet de recrutement basé à Londres et qu’ils prendront des mesures qui s’imposent__. Mais je n’ai pas eu d’excuse ni d’explication personnelle. J’attends une réponse plus étoffée de leur part. "

Brahim ressort de cette expérience de recherche d’emploi ébranlé. Combien d’opportunités a-t-il ratées à cause de son nom et prénom ? C'est une question qu'il se pose désormais tous les jours. Il appelle les personnes dans son cas à effectuer ce "testing." Une façon de piéger les entreprises fautives.