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Un boulanger en grève de la faim pour garder son apprenti guinéen qui risque l’expulsion
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Stéphane Ravacley - Boulanger à Besançon qui a commencé sa grève de la faim le 3 janvier (Sébastien Bozon)
Stéphane Ravacley - Boulanger à Besançon qui a commencé sa grève de la faim le 3 janvier (Sébastien Bozon) ©AFP

Un boulanger en grève de la faim pour garder son apprenti guinéen qui risque l’expulsion

A Besançon, un boulanger a commencé sa grève de la faim pour protester contre l'expulsion de son apprenti.

Arrivé à 16 ans dans la boulangerie de Rivotte à Besançon, Laye Fodé Traoré en a aujourd'hui 18 comme le rapporte l'AFP. Cette arrivée dans le monde adulte lui vaut une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) car il est entré illégalement sur le territoire ... "C'est absurde !" proteste Stéphane Ravacley, son patron. Le boulanger de 50 ans a même arrêté de manger dimanche 3 janvier à minuit pour protester contre cette décision arbitraire.

Un boulanger à l'aide d'un bon gamin

Laye est un "un bon gamin"_qui travaille bien depuis son arrivée dans la boulangerie bisontine indique son patron a l'AFP. Mais après une première demande déboutée en décembre dernier, le bon gamin risque de ne plus pouvoir travailler. Et donc de ne pas pouvoir terminer son contrat d'apprentissage d'une durée de 2 ans signé en septembre 2019 avec la _Huche à Pain. M. Ravacley envisageait pourtant d'employer Laye dès qu'il aurait son diplôme en poche. Pour l'apprenti comme pour le boulanger, la situation est insupportable. 

Laye Fodé Traoré a donc saisi le tribunal administratif de Besançon pour contester son OQTF et demander un titre de séjour.  Anne Vignot, la maire de Besançon (EELV), a écrit à Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, pour lui demander d'agir en faveur du jeune Guinéen en s'opposant à son expulsion.

Sur les réseaux sociaux, le duo de boulangers ont reçu beaucoup de soutien. Une pétition en ligne comptabilise déjà plus de 120 000 signatures. Un post Instagram posté par l'eurodéputé Raphaël Glucksmann en soutien à Laye cumule également plus de 130 000 likes.

Des apprentis de plus en plus rares

Stéphane Ravacley et Laye Fodé Traoré sont décidés à continuer à travailler ensemble coûte que coûte. En plus, comme beaucoup d’artisans, le boulanger avait eu du mal à trouver un apprenti volontaire et réellement motivé. "__On perd 70% des jeunes après le CAP parce qu'ils n'ont plus envie ou parce que les patrons ne s'occupent pas bien d'eux", explique t-il à l'AFP. 

"Ces gamins, on les accueille, les habille, les nourrit, on les forme jusqu'à leur majorité et à 18 ans, plus rien. Ils se retrouvent à la rue, aux mains des passeurs" regrette Stéphane. Avec son action, il espère soutenir "cette nouvelle génération de migrants qui arrive et peuple les boulangerie et les restaurants".