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Syrie : un père apprend à sa fille à rire pendant les bombardements
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Syrie : un père apprend à sa fille à rire pendant les bombardements

En pleine guerre syrienne, Swala et son père Abdallah al-Mohamed rient face aux bombardements.

À Idleb, comme dans beaucoup de provinces syriennes, la guerre continue ses ravages. Afin de faire oublier à sa fille, l'environnement dans lequel elle évolue, Abdallah al-Mohamed a décidé de faire des bombardements quotidiens, un jeu. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, on découvre la jeune Swala, agée de 3 ans, accompagnée de son père, riant au bruit des missiles s'écrasant. Cette scène n'est pas sans rappeler le film culte de Roberto Benigni La vie est belle, dans lequel un père de famille tente de dissimuler l’horreur de la shoah et des camps de concentration à son fils, en lui faisant croire que tout cela n’est qu’un jeu.

Alors que le père de l'enfant accorde une interview à Al Jazeera English, on apprend que cette idée lui est venue le jour de l'Aid, alors que des enfants célébraient la fin du ramadan avec des feux d'artifice "Salwa a eu peur en voyant des petits garçons qui jouaient avec des feux d’artifice pour fêter l’Aïd. Je lui ai expliqué qu’ils étaient simplement en train de jouer. C’est là que j’ai eu l’idée de faire le lien entre les bruits d’explosion et l’idée d’un jeu.__" explique-t-il aux journalistes. "Quelques jours plus tard, il y a eu des frappes d'avions de guerre et elle était encore effrayée. Alors je lui ai dit que c'était le même son que lorsque les garçons jouaient et qu'il ne fallait pas avoir peur." Elle a donc appris à en rire pour vaincre sa peur. 

Voila donc la meilleure manière de changer les idées de sa petite fille. Abdullah et sa famille avaient quitter le village de Saraqeb, il y a quelques années pour s'installer à Sarmada, à une cinquantaine de kilomètres. La province d'Idleb est régulièrement une zone ciblée par les bombardements des partisans de Bachar al-Assad. Le rire de Salwa détonne, parmi tous ses bruits de guerre et lui évitera peut être les chocs psychologiques, qui touchent énormément d'enfants syriens.