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Macron versus Le Pen, qu'en disent les jeunes électeurs ?
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Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le choix ne semble pas si facile pour les électeurs
Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le choix ne semble pas si facile pour les électeurs ©Getty

Macron versus Le Pen, qu'en disent les jeunes électeurs ?

À l’approche du second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen multiplient les appels de phare aux électeurs français mais pour l’heure, les avis divergent à gauche comme à droite. Mouv’ est allé prendre la température auprès des jeunes électeurs.

Selon un dernier sondage Ispos en partenariat avec France Info, Emmanuel Macron sera en tête avec 55% pour le second tour contre 45% pour Marine Le Pen. Un score beaucoup moins important que celui de 2017 où le président-candidat avait recueilli 66,1% des suffrages à l’issue de l’élection.

Pour cette dernière ligne droite, les deux candidats y vont de leur train pour s'attirer les votes qui feront pencher la balance. Marine Le Pen se présente comme la candidate du « social » face aux manquements du gouvernement actuel et critique ceux qui appellent à faire « barrage » contre elle, en déclarant que "le 24 avril, si les Français ont à faire barrage, c'est au retour d'Emmanuel Macron"

Emmanuel Macron, lui, multiplie les annonces plutôt à gauche pour convaincre l’électorat du troisième homme du premier tour, Jean-Luc Mélenchon. Mais pour le moment, chez les mélenchonistes encore attristés par la défaite de leur candidat, beaucoup ne peuvent se résoudre à voter Macron.

Ni Le Pen, Ni Macron chez les Insoumis ?

C’est le cas d’Aicha, jeune cadre d’Etat et sympathisante de la France Insoumise. Pour elle, cette affiche du 2e tour est affligeante. « Moi j’en ai marre. Alors bien sûr que je ne vais pas voter pour l’extrême droite, mais ça fait douze ans quand même qu’on entend la même chanson. Je pense que je voterai blanc. Quand on entend un Darmanin dire de Marine Le Pen qu’elle est un peu trop molle. Franchement, on a l’impression qu’Emmanuel Macron fait du Marine Le Pen et que Marine Le Pen fait du Emmanuel Macron. »

Même son de cloche chez Ibrahim. Il avait vu en Jean-Luc Mélenchon, un espoir pour les quartiers populaires dont il est originaire. Pas question pour lui de mettre un bulletin Macron dans les urnes. « Les cinq années qu’on a vécues avec le gouvernement Macron ont été catastrophiques à tous les niveaux, donc je ne peux pas mettre une deuxième fois un bulletin Macron. On a tout fait pour faire barrage au premier tour mais ce n’est pas passé. Je pense que je ne voterai pas car on nous parle d’une menace d’extrême droite depuis des années mais rien ne change du côté de la gauche ».

Le choix est plus compliqué pour Louis, jeune étudiant et militant FI. La menace d’un gouvernement mené par Marine Le Pen est trop grande. « Je suis inquiet de voir qu’on a banalisé Le Pen. Elle est sur le point de prendre le pouvoir dans le pays et ça a l’air de ne choquer personne. D’un côté, je me dis qu’il faut faire barrage à Le Pen et peut-être que c’est probablement que je ferai et d’un autre coté avec Macron ça a été tellement dur. Moi aussi j’ai été un étudiant en galère pendant le confinement et pour beaucoup de personnes l’idée de prolonger Macron au pouvoir est insupportable»

"Un président girouette"

Chez les jeunes sympathisants de Les Républicains (LR), même si l'ex-candidate Valérie Pécresse a expliqué qu’elle voterait pour Macron, certains restent tout même partagés. Alix, jeune étudiante qui a voté Valérie Pécresse par conviction, voit en Macron un opportunisme à peine caché. « Au début de la compagne Emmanuel Macron a mis son programme plus à droite en reprenant des thèmes qui étaient défendus par Valérie Pécresse. Maintenant qu’il est au second tour, il fait quand même virage totalement à gauche. Moi j’en ai assez d’avoir une président girouette donc je regrette qu’on soit dans cette situation-là. » Elle votera quand bien même pour lui mais il ne s’agira pas d’un vote d’adhésion. « Valérie Pécresse va voter pour Macron et mon cœur penche plutôt dans ce sens-là. Je me laisse quand même vraiment le temps d’y réfléchir dans les jours à venir pour reprendre point par point parce que je suis quand même assez attaché au programme et au fond. »

Son camarade Maxime, jeune élu à Argenteuil qui s’est engagé auprès de Valérie Pécresse pour cette élection, opte pour un choix différent. Lui, votera pour… Valérie Pécresse. « Elle a dit qu’elle votera pour Emmanuel Macron, ce qui s’entend car on ne peut pas considérer que la droite républicaine puisse appeler à une candidate comme Marine Le Pen. Le combat de la droite républicaine c’est de battre l’extrême droite même si Emmanuel Macron n’a pas de vision ni de projet pour la France. Moi j’ai décidé de non pas mettre un bulletin blanc ou une enveloppe vide mais un bulletin Valérie Pécresse. »

Macron, le vote "utile" des Verts ?

Côté Verts, le choix est vite fait entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pour Julien, jeune militant à Génération écologie, il ne faut pas renvoyer les deux candidats du 2e tour, dos à dos. « On a eu un quinquennat qui a été extrêmement dur notamment pour la jeunesse mais malheureusement je voterai Emmanuel Macron pour faire barrage au Rassemblement National, à l’extrême droite. Ce n’est absolument pas un vote d’adhésion, loin de là mais l’extrême droite, c’est l’extrême violence. »

Pour séduire l’électorat écolo, Emmanuel Macron a annoncé vouloir réajuster son programme écologique et s’inspirer des idées des candidats. Jonas, étudiant en histoire et science politique à la Sorbonne et soutien de Yannick Jadot, ne se fie pas aux promesses du président-candidat.

Toutefois voter Marine Le Pen n’est pas envisageable. « Si on a Marine Le Pen au pouvoir tout va changer. Sur l’écologie ça n’avance pas, au contraire elle veut détruire les éoliennes, je ne vous explique même pas le coût que ça représente. Aujourd’hui on est dans une urgence écologique, comment on peut se dire qu’il faut ôter les éoliennes ? Alors oui Emmanuel Macron n’a pas été un président du climat ça c’est sûr, mais jusqu’à preuve du contraire, il veut faire un tout petit peu plus d’écologie que détruire les éoliennes. »

Rokia DOSSO