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Les discriminations sont en hausse de 26% selon la Défenseure des droits
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Claire Hédon, la défenseure des droits et Elisabeth Moreno, ministre chargée de l'égalité, à l'inauguration de la plateforme.
Claire Hédon, la défenseure des droits et Elisabeth Moreno, ministre chargée de l'égalité, à l'inauguration de la plateforme. ©AFP

Les discriminations sont en hausse de 26% selon la Défenseure des droits

La plateforme anti-discriminations.fr a enregistré 14 000 signalements en un an. Elle avait été sérieusement pensée après le passage à tabac de Michel Zecler par la Police en novembre 2020. En hausse, ces signalements ne sont pourtant que la partie émergée d'un problème endémique.

14 000. C’est le nombre de sollicitations enregistrées par la plateforme anti-discriminations.fr lancée par le gouvernement mi-février 2021. Un chiffre en hausse de 25 % par rapport à l’année antérieure à sa création. Près de 70 % des signalements ont fait l’objet d’une saisine auprès de la Défenseure des droits, Claire Hédon.

Des discriminations principalement liées aux origines et au handicap

La première cause de discrimination est l’origine. 25 % des appelants font état de comportements discriminatoires à cause d’une origine réelle ou supposée. Les personnes portantes d’un handicap sont également visées puisque 24 % des appels sont concernés.

Une fois sur deux, la discrimination concerne l’accès à l’emploi. Mais celle-ci peut aussi concerner la prise en charge médicale. On se souvient tous de la tragique histoire de Naomi Musenga, décédée en décembre 2017 car son appel au SAMU n’avait pas été pris au sérieux. Elle avait même été moquée par les opératrices. La jeune femme de 22 ans, avait indirectement été accusée du syndrome méditerranéen. C’est un stéréotype raciste qui consiste à croire que les personnes minorées exagèrent leurs douleurs et leurs symptômes.

Ce stéréotype est encore d’actualité comme en témoigne une des réclamantes à la Défenseure des droits. "M.C" a appelé les secours après avoir trouvé une femme qui venait de se faire agresser au sol : "J’appelle le 18  [] Après m’avoir demandé l’âge de cette femme, le régulateur me demande s’il s’agit d’une personne noire [] Il me demande ensuite s’il s’agit d’une personne Rom. []  Il me dit que les secours vont venir, que je ne réponds pas à ses questions. Je lui demande lesquelles, il me raccroche au nez."

Choquée par de tels propos complètement injustifiées et racistes, M.C a alerté la plateforme de lutte. Elle a reçu l’aide d’un juriste de la Défenseure des droits dont l’action a conduit à une procédure disciplinaire à l’égard de l’agent. 

Comment signaler une discrimination ? 

Sept juristes formés aux discriminations sont à l’écoute des appelants. Pour obtenir leurs conseils, il faut d’appeler le 3829 ou passer par le chat du site Antidiscriminations.fr. La durée moyenne de l'entretien téléphonique est de 20 minutes. Dans 70% des cas, les appelants sont dirigés vers une saisine de la Défenseure des droits, Claire Hédon. L’affaire est alors attribuée à un juriste en charge de collecter les informations. 

Si après examen de la situation, la discrimination est avérée, une première instruction peut être engagée. La Défenseure de droits demande des explications au mis en cause. Suivant les éléments, un rappel à la loi ou un courrier pédagogique peuvent ensuite être envoyés. Dans les cas les plus graves, l’autorité peut directement présenter des recommandations au soupçonné. En parallèle de ce processus, un tissu de 1 200 acteurs associatifs et institutionnels sont mobilisés pour apporter de potentiels éclairages à la victime.