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Prix Ilan-Halimi : le festival Vitrollywood primé
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Ludovic Piette, au premier plan en haut noir et pantalon marron, est à la tête du festival Vitrollywood
Ludovic Piette, au premier plan en haut noir et pantalon marron, est à la tête du festival Vitrollywood ©Radio France

Prix Ilan-Halimi : le festival Vitrollywood primé

La seconde édition du prix, récompensant des actions de lutte contre les discriminations, a été remis à l'association basée à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) par le premier ministre Edouard Philippe. Mouv' a rencontré leurs membres qui initient les jeunes au cinéma par la voie de la parodie.

Cocktail avec le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, visite de l’Assemblée nationale puis soirée à Matignon avec le Premier Ministre : en ce jour de remise de prix, les membres de l’association Vatos Locos n'avaient pas beaucoup de minutes pour eux : "Ça apporte forcément un autre rayonnement au projet, on est là pour être le plus généreux possible comme on a l’habitude de l’être dans nos actions quotidiennes ", reprend le directeur de Vitrollywood, Ludovic Piette, avant de se tourner vers Fasi, 22 ans autre membre de l’asso, qui disait humblement dans le train le matin même, "on ne monte pas pour recevoir, on monte pour donner. C’est déjà une victoire, un accomplissement en soi d’être venus ici, à Paris, et d’avoir une tribune pour présenter notre projet", rajoute Fasi à quelques heures de recevoir le prix des mains du premier ministre Edouard Philippe. 

Des parodies ancrées dans le réel

Avec son association Vatos Locos, et son festival annuel Vitrollywood, Ludovic Piette offre depuis 2009 aux jeunes de Vitrolles une initiation aux pratiques audiovisuelles et à la production de courts-métrages. Il y a trois ans, le festival adopte le sous-titre "tous unis contre le racisme" et choisit de se concentrer sur des films traitant de discriminations. "Invictus, La vie est belle de Roberto Beninni, on essaye de choisir des films du monde entier, d’Argentine, d’Inde", explique Fasi, qui participe au projet depuis 2011, lorsqu’il n’était encore qu’un collégien. D’abord en tant qu’acteur, pendant 3 ans, puis le jeune homme devient vite animateur auprès des jeunes acteurs en herbe. "J’avais envie de transmettre ma passion pour le cinéma et les valeurs de vivre ensemble."

L’année dernière, le jeune homme de 22 ans a supervisé la reprise du film de Spike Lee, BlacKkKlansman, J'ai infiltré le Ku Klux Klan. Pas anodin dans une ville qui fut l’une des premières à connaitre une mairie Front National. C’était il y a plus de 20 ans. "Notre version parle d’une jeune 'rebeu', une arabe qui réussit à infiltrer une organisation raciste nommée L’Oued Clan, inspirée de groupuscules comme le Bastion Social (ndlr, créé en 2017 à Lyon) ou Génération identitaire." 

Promouvoir le vivre ensemble

Un scénario qui n’est sans rappeler celui de la série française Les Sauvages, "sortie quelques semaines après la projection du court-métrage", assure l’animateur. "D’où l’on vient, Vitrolles, ancienne ville Front national, notre action est utile, c’est fun parce qu’on fait des films et on s’amuse, mais c’est utile." 

Promotion du vivre ensemble, lutte contre les préjugés, autant de combats partagés par Miriam, qui a suivi le même parcours que Fasi, passée d’abord devant puis derrière la caméra. Avant même de savoir qu’elle serait lauréate du Prix Ilan Halimi, la jeune femme ressent "une grande fierté."

La fierté de voir les actions de l’association susciter un tel engagement auprès des jeunes, "à leur âge, entre dix et seize ans, et contre toutes les discriminations, au-delà du racisme. Je vois des jeunes filles qui écrivent des films sur leur propre image de la femme, qui essayent de changer les choses et faire bouger les préjugés."

Amorcé dans seulement quelques quartiers de Vitrolles, le festival a pris une ampleur considérable En onze ans d’existence. Lors de la dernière édition, en octobre dernier, plus de 500 spectateurs avaient assisté à la cérémonie de clôtures.