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En Irak : ils dénoncent le régime en reprenant "Bella Ciao" à la façon "Casa de Papel"
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"Blaya Chara" - Chant de la révolte irakienne
"Blaya Chara" - Chant de la révolte irakienne

En Irak : ils dénoncent le régime en reprenant "Bella Ciao" à la façon "Casa de Papel"

La jeunesse irakienne s'inspire de l'univers de la série "Casa de Papel" pour soutenir la révolution

L'Irak fait sa révolution. Depuis le 1er octobre, les manifestants descendent dans la rue, ils dénoncent leurs conditions de vie dans un pays pourtant riche en pétrole, ils exigent la fin de la corruption et la refonte du système politique. Le mouvement grossit avec la mobilisation forte des étudiants, malgré la répression qui est à son paroxysme, ces violences ont coûté la vie à plus de 330 personnes. 

Manifester est dangereux, les forces de l'ordre tirent à balles réelles sur la population mais la lutte se passe aussi sur les réseaux sociaux. Un groupe de 13 jeunes originaires du nord de l'Irak et mené par Mohammed Bakri ont, entre deux coupures internet, posté une vidéo. Ce clip reprend l'univers de la série Casa de Papel et la célèbre chanson Bella Ciao. Chant antifasciste italien de la Seconde Guerre mondiale, Bella Ciao devient qui signifie Blaya Chara_e "Pas d’issue" en dialecte irakien. Les protagonistes brandissent des banderoles à messages : "Justice pour les martyrs" et “pas de chauffage, pas un sou en poche”_ :

Mohammed Bakri a 26 ans, il est chanteur, acteur amateur et instituteur, il est à l'origine de cette vidéo :

"On a acheté des vêtements d’occasion, on a peint nous-mêmes nos masques et on a tourné dans la rue ou dans nos maisons."

Il faut savoir que trois communautés cohabitent en Irak : les Kurdes, les Sunnites et les Chiites, les tensions communautaires, culturelles et sociales sont fortes. Mohammed et sa bande sont originaires du nord et à Mossoul. Il est interdit de manifester, la ville a été reprise depuis peu à l'Etat islamique, les protestataires sont souvent accusés par leurs détracteurs d’être des djihadistes ou des partisans du dictateur déchu Saddam Hussein, un sunnite originaire d’une région au nord de Bagdad. Pour le collectif, cette vidéo permet de soutenir le mouvement :

"Avec notre art, on soutient (le mouvement) à notre façon, et je pense que comme ça, on parle aux noms de tous les Irakiens"

Le réalisateur du clip, Abderrahmane al-Rubaye explique :

"Tout s’est fait dans l’urgence pour dire aux manifestants qu'ailleurs dans le pays qu’on est de tout cœur avec eux. On a bouclé notre clip en 12 heures."

Jihane al-Mazouri qui chante dans le clip, insiste :

"C’est le minimum que je puisse faire pour soutenir les manifestants et je suis encore prête à utiliser mon art pour eux (...) Des gens sont morts et ont été blessés dans ces manifestations, alors quoique l'on fasse, on ne sera jamais à la hauteur de ces énormes sacrifices."

La troupe a fait le déplacement jusqu'à Bagdad pour se rendre à la place Tahrir, l’épicentre de la révolution pour tourner un second clip. L'art est une arme et aussi un moyen de réunir une jeunesse avide de liberté et d'espérance.