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Discriminations : une route encore longue pour les universités selon l'UNEF
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Bibliothèque de l'universite de Bordeaux Montaigne-Montesquieu, au campus de Talence - Février 2020 (Photo : Valentino Belloni)
Bibliothèque de l'universite de Bordeaux Montaigne-Montesquieu, au campus de Talence - Février 2020 (Photo : Valentino Belloni) ©AFP

Discriminations : une route encore longue pour les universités selon l'UNEF

Racisme, sexisme ou encore LBGTI+phobie, les discriminations s'observent également à l'université qui représente tout autant l'état de notre société.Un constat dressé par le syndicat étudiant UNEF après une enquête sur les discriminations dans ce milieu.

Les discriminations constituent un frein pour beaucoup d'individus en société. C'est aussi le cas à l'université, où elles peuvent mettre les étudiants dans des situations difficiles et ainsi devenir contraignantes pour l'obtention de leur diplôme. L'UNEF, le syndicat étudiant, a réalisé une enquête afin de faire un état des lieux de ces discriminations et des moyens mis en place dans les universités pour y remédier. 

Rennes II, l'université en première position pour faire face aux discriminations

L'UNEF a décidé de mettre en évidence dans son enquête 3 types de discriminations : le racisme, le sexisme et la LGBTI+phobie. Le syndicat a dressé un classement des universités qui agissent le plus contre ces discriminations. On retrouve celle de Rennes II en première position qui compte 22 "dispositifs de lutte contre les discriminations." Elle a par exemple une cellule de veille et d'écoute (CVE), accessible par mail. Ce n'est pas le cas de toutes les universités, puisqu'elles sont 45,1 % en France à ne pas disposer de CVE. Elles sont donc 39 à en avoir une, mais pour la majorité, à savoir 33 d'entre elles, "la prise de contact se fait uniquement par mail et/ou téléphone." Un dispositif insuffisant pour l'UNEF qui souhaiterait voir se mettre en place des permanences physiques plus régulières pour chacune des universités avec des accompagnements plus personnels.

La lutte contre le racisme à l'université en France

En ce qui concerne le racisme, l'UNEF expose que 76,9% des cellules de veille et d'écoute ne traitent pas de racisme et seulement 17,7% des universités ont "un dispositif institutionnel contre le racisme." Il y a aussi un problème d'information, puisque 57,23% des étudiants "ne savent pas comment remonter un comportement raciste dans leur établissement d’enseignement supérieur." C'est l'université d'Avignon qui agirait le plus contre le racisme selon cette étude. Cependant, elle n'a pas de dispositif institutionnel pour ça, contrairement à celle de Montpellier qui est la seule en France à avoir une vice-présidence en charge du racisme.

La précarité menstruelle et le sexisme

Le sexisme est aussi un sujet très important au sein de l'université. Au coeur du sujet, l'UNEF inclut la précarité menstruelle. 270 000 personnes aujourd'hui ne pourraient pas se rendre à l'université en jour de menstruation par manque de protections hygiéniques. Cette situation met à mal leurs études puisqu'elles ratent certains cours qui peuvent être importants. Alors, 8,5% des universités en France distribuent des protections hygiéniques. En ce qui concerne le sexisme, ce serait l'Université de Rennes II qui agirait le plus contre cette discrimination, juste devant celle d'Avignon. Celle de Rennes a mis en place une vice-présidence chargée de l'égalité femmes-hommes. Il y a encore 24,5% des universités qui ne mettent ni en place ce genre de dispositif ni de chargé de "mission égalité femmes-hommes."

La reconnaissance du prénom d'usage, notamment pour les personnes transgenres

Parmi les cellules de veille et d'écoute mises en place par les universités, que nous abordions au début de cet article, elles sont 64,1% à ne pas traiter des discriminations contre les LGBTI+. Un autre critère entendu par l'UNEF pour juger de l'implication des universités dans la lutte contre ces discrimination est la reconnaissance des prénoms d'usage, notamment pour les personnes transgenres. Elles sont 63,38% à ne pas reconnaître le prénom d'usage en France. Parmi celles qui le font, une partie impose une certaine procédure, parfois complexe, pour y parvenir. L'UNEF souligne que l'enseignement supérieur reste "très peu mobilisé contre l'homophobie et ses déclinaisons."

Malgré les efforts qui ont été faits par les universités françaises depuis un certain nombre d'années pour lutter contre les discriminations, l'UNEF pointe du doigt le "manque de moyens" des chargés de mission et des vice-présidences dans ces domaines. C'est également le cas pour les CVE, qui ne traitent pas forcément de toutes les discriminations et dont les prises de contact se font pour la plupart uniquement par mail ou téléphone.