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Déjà 210 000 signatures pour que l'apprenti boulanger Laye Fodé Traoré puisse rester en France
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Laye Fodé Traoré et Stéphane Ravacley - Capture d'écran sur France 3 (Alexandre Rémond/France 3)
Laye Fodé Traoré et Stéphane Ravacley - Capture d'écran sur France 3 (Alexandre Rémond/France 3)

Déjà 210 000 signatures pour que l'apprenti boulanger Laye Fodé Traoré puisse rester en France

L'apprenti Guinéen est ciblé par une obligation de quitter le territoire français. Son patron a entamé une grève de la faim pour protester.

La situation de Laye Fodé Traoré, un Guinéen qui travaille entant qu'apprenti boulanger à Besançon est un "cas particulier" selon la ministre du Travail Elisabeth Borne. Laye Fodé Traoré est la cible d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis qu'il est majeur et il risque de ne pas pouvoir finir sa formation de 2 ans chez Stéphane Ravacley. Le boulanger a même annoncé qu'il entamait une grève de la faim dimanche 3 janvier dernier pour protester contre le traitement réservé à son "bon gamin".

"Dans le principe, ça ne devrait pas se passer comme ça", a estimé Elisabeth Borne, interrogée sur cette situation en marge d'un déplacement sur le thème de la formation. "Quand on accueille des mineurs non accompagnés qui s'engagent dans des formations__, au bout de deux ans, si tout s'est bien passé, alors ils peuvent continuer à travailler en France" a expliqué la ministre dans des propos rapportés par l'AFP.

Le jeune Guinéen est allé au tribunal administratif de Besançon pour contester sur le fond l'OQTF et le refus d'octroi de titre de séjour de la préfecture de la Haute-Saône. Son recours sera examiné le 26 janvier selon l'AFP.

Beaucoup de soutien en ligne 

Récemment, le "cas particulier" de M.Traoré a trouvé un immense écho sur les réseaux sociaux. Déjà la semaine dernière, une pétition lancée par M. Ravacley circulait en ligne pour soutenir Laye. Son patron avait aussi accroché une pétition dans sa boutique, des centaines de clients de la boulangerie l'ont signé. Aujourd'hui, plus de 210 000 internautes ont signé la pétition en ligne pour que le jeune boulanger puisse continuer sa formation et travailler en France. Son patron décrit un apprenti exemplaire, travailleur et investi dans sa profession. Il souhaite même engager le jeune Guinéen, dès qu'il aura décroché son diplôme de boulanger : "J’ai choisi la boulangerie parce qu'on touche à tout, on peut bricoler des fois. J’aime les croissants, le pain. Cela ne me dérange pas de me lever tôt__." expliquait l'apprenti.

Un problème d'Etat Civil

Si Laye est visé par une OQTF, c'est pour être entré sur le territoire français de manière irrégulière. La préfecture de la Haute-Saône "considère que les documents d'identité qu'il a produits ne sont pas authentiques__" et qu'il "ne peut donc pas justifier de son identité et de son âge", a expliqué son avocate, Me Amandine Dravigny, à l'AFP. Cette décision est basée sur un rapport de la police aux frontières mais "je pense que la teneur du rapport ne tient pas juridiquement", estime l'avocate, alors que "la légalisation des papiers par l'ambassade de Guinée est en cours". 

Un soucis récurent ?

"Pour les Guinéens, je n'ai jamais vu de rapport de la PAF (police aux frontières) favorable sur l'authenticité des papiers présentés" affirme Me Dravigny à l'AFP. Elle note qu'en Guinée "l'état civil n'est pas le même qu'en France" et que l'ambassade de Guinée à Paris ne délivre pas de passeport pour le moment. Selon l'avocate, les jeunes migrants "__ne sont pas les émetteurs des documents et ils tombent des nues quand on leur dit qu'ils ne sont pas authentiques".

Grosse force à l'apprenti et au boulanger qui fait tout pour faire bouger les choses !