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Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits dans des lycées d'Île-de-France
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Illustration : Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits dans des lycées d'Île-de-France  ( Carol Yepes)
Illustration : Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits dans des lycées d'Île-de-France ( Carol Yepes) ©Getty

Contre la précarité menstruelle, des distributeurs gratuits dans des lycées d'Île-de-France

465 lycées publics de la région parisienne seront dotés de distributeurs de protections hygiéniques gratuites.

C'est une bonne nouvelle pour le combat contre la précarité menstruelle : au printemps 2021, 465 lycées publics de région parisienne seront dotés de distributeurs de protections hygiéniques gratuites.

Afin de lutter contre la précarité menstruelle qui frappe des dizaines de milliers d’adolescentes, la région Ile-de-France sera la première à installer des distributeurs gratuits dans tous les lycées. En effet, par manque moyens suffisants, certaines se débrouillent avec du papier toilette, d’autres sèchent les cours comme le rapporte le Huffington Post. 

Un sujet encore tabou

Comme le déplore Laura Pajot, de l’association Règles élémentaires, qui organise la collecte et la distribution de protections gratuites "Les règles restent un gros tabou et, pour les jeunes filles en situation de précarité, c’est un tabou dans le tabou"__. Un problème de société encore trop peu considéré. Comme en témoigne Christophe Boutet, proviseur du lycée professionnel Charles-Baudelaire de Meaux (Seine-et-Marne), confesse s’être “d’abord demandé quel était l’intérêt de ce truc-là” quand on lui a proposé de participer à l’expérimentation de ce dispositif. Pourtant face au distributeur “dévalisé”, il a “fait le constat d’un réel besoin” dans cet établissement “où beaucoup de familles sont en grande précarité financière”. “C’est la preuve que c’est un sujet qu’on méconnaît”, a t'il reconnu. 

Un phénomène d'ampleur 

Le concept de “Précarité menstruelle” est apparu il y a quelques années et désigne pourtant un phénomène massif. Selon une enquête Ifop de 2017 : 1,7 million de femmes n’auraient pas les moyens d’acheter des protections périodiques, qui représentent un budget important. Avec des conséquences sur leur santé, leur vie sociale ou leur scolarité. Quelque 130 000 lycéennes rateraient régulièrement les cours pour cette raison, selon une enquête menée par la marque Always en 2018.

Depuis début 2020, les installations se font au compte-gouttes, au gré d’initiatives locales, dans des universités ou établissements en Bretagne, en Loire-Atlantique, dans le Xème arrondissement parisien ou encore en Seine-Saint-Denis comme le rapporte le Huffington Post. Pour la militante féministe Rebecca Amsellem, à l’origine en 2019 d’une pétition en faveur de la généralisation de ces distributeurs : ”ça reste toujours beaucoup trop lent”.

L'Europe à la traîne ? 

Pourtant, le 24 novembre dernier, l'Écosse devenait le premier pays au monde à proposer l'accès aux protections périodiques de manière entièrement gratuite afin de lutter contre la précarité menstruelle. Cette décision résulte du vote à l'unanimité des 121 parlementaires d'Holyrood. Un progrès certes, mais qui dénonce une réalité bien plus frustrante à savoir le manque de considération pour ce phénomène qui touche des millions de femmes et de jeunes filles en Europe et dans le monde.