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A Bruxelles, le mouvement #BalanceTonBar prend de l’ampleur
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Image de bar (The Good Brigade)
Image de bar (The Good Brigade) ©Getty

A Bruxelles, le mouvement #BalanceTonBar prend de l’ampleur

Un collectif féministe appelle à une soirée de boycott des bars et à une manifestation vendredi 12 novembre à Bruxelles, jugeant que les agressions sexuelles dans ces lieux ne sont pas prises au sérieux.

Le #Balancetonbar, qui suscite depuis un mois sur Instagram les témoignages de victimes d’agressions sexuelles ne cessent d'augmenter. Un collectif féministe créé pour ces dénonciations, ce qui a poussé plusieurs collectifs féministes à s’unir pour exiger un changement politique, juridique, sociétal. Ces militantes demandent le soutien du monde judiciaire et du milieu de la nuit pour lutter contre des “violences sexuelles systémiques” dans les bars et clubs de la capitale belge.

Tout commence en octobre

Tout est parti d’un message début octobre sur les réseaux sociaux, qui assure que deux filles ont été droguées et violées par un serveur d'un bar du quartier étudiant d’Ixelles. L’affaire n'est pas encore résolue. Rapidement, plusieurs établissements de la capitale et du pays ont été visés par ces accusations. 

Plusieurs plaintes ont été déposées, a indiqué le mois dernier le parquet de Bruxelles, qui a ouvert une enquête. Sollicité par l’AFP, le parquet a refusé de s’exprimer sur les investigations en cours.

Les Jeux d’hiver, un club de la capitale, a ainsi publié des "conseils" pour "éviter les problèmes", "manger avant de sortir", "ne pas abuser de l’alcool", et pleins d'autres "conseils" renvoyant encore la responsabilité aux potentielles victimes… 

Pour Dominique Deshayes, coordinatrice des droits des femmes chez Amnesty International Belgique, le hashtag est le miroir d'une "société patriarcale, qui considère encore que l’homme a des pulsions et que la femme doit faire attention, sinon elle l’a cherché". 

Selon un rapport d’Amnesty International, en Belgique, 39 % des hommes pensent que les femmes accusent souvent à tort, 25 % qu’elles ne savent pas ce qu’elles veulent lors des rapports sexuels et 20 % qu’elles aiment être forcées.

Comme pour chaque plainte concernant des infractions sexuelles, les enquêteurs travaillent de manière “approfondie et minutieuse” en respectant la présomption d’innocence du ou des suspects, avait dû se justifier le parquet dans un communiqué le 20 octobre. La justice était déjà accusée de ne pas traiter les plaintes sérieusement.

Une vague de témoignages au-delà des frontières...

L’Angleterre aussi, subie une vague de témoignages d’étudiantes droguées à leur insu. Ici, ce n’est plus le GHB qui est utilisé par les agresseurs. Un nouveau procédé serait apparu : des injections à l’aiguille hypodermique, qui inquiètent particulièrement le Royaume Uni.

Deux jeunes femmes ont pris la parole dans les médias britanniques en montrant, pour preuve, leurs ecchymoses et traces d’aiguilles sur la peau. Seulement dans la région de Nottinghamshire, depuis début octobre, la police a reçu 15 signalements. Lancé dans une cinquantaine de villes britanniques, le mouvement "Girls Night In" demande au gouvernement et aux responsables des clubs d'agir.