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Zoom sur Don Toliver, le protégé de Travis Scott devenu grand
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Don Toliver en concert à Las Vegas - (photo : FilmMagic)
Don Toliver en concert à Las Vegas - (photo : FilmMagic) ©Getty

Zoom sur Don Toliver, le protégé de Travis Scott devenu grand

Portrait de Don Toliver, la nouvelle star de Houston révélée par Travis Scott qui promet de devenir l’un des artistes les plus influents de ces prochaines années.

Barrière de la langue oblige, certains artistes US peine à briller autant qu’ils le méritent en France, c’est le cas de Don Toliver. Mis en lumière par Travis Scott sur son album Astroworld, il incarne le renouveau de la scène hip-hop de Houston. Lorsqu’il tient le micro, il fusionne avec brio les influences hip-hop et R&B qui coulent dans ses veines et proposer un cocktail à la puissance mélodique hors du commun. Jeune, tendance et déjà validé par les plus grands, il a tout le potentiel pour devenir l’une des plus brillantes superstars du rap game. Et puisque d’ici quelques mois, vous ne pourrez définitivement plus passer à côté du phénomène, prenons les devants pour tout vous apprendre sur ce prodige talentueux et avant-gardiste.

La naissance d’un prodige

Don Toliver, de son vrai nom Caleb Zackery Toliver, est né à Houston au Texas le 12 juin 1994. Aujourd’hui âgé de 27 ans, il a grandi à Alief, un quartier de la banlieue de Houston, également surnommé S.W.A.T pour South West Alief Texas.  Comme beaucoup d’artistes de talent, il a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Bercé par ses parents aux sons de Marvin Gaye, Stevie Wonder et Sade, son éducation musicale se forge avec les plus grandes voix de la soul. Niveau rap, son école sera celle du label indépendant local Swishahouse duquel faisait partie son père Bongo au début des années 2000. A l’adolescence, c’est Michael Jackson, Bobby Wormack, N.E.R.D et le soulman Musiq Soulchild qui font partie de sa playlist.

C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a donné envie de faire de la musique, comme il l’a confié à The Fader : "Quand je l’ai entendu la première fois, je suis devenu fou. Musiq Soulchild m’a poussé à me dépasser et à apprendre à faire sonner les mélodies. Je chantais déjà un peu, mais j’ai voulu aller plus loin grâce à lui". Lui et d’autres puisqu’un certain Kendrick Lamar l’a également motivé à réellement se lancer, plus précisément sa mixtape sortie en 2010, Overly Dedicated : "C’est en écoutant des titres comme « Alien Girl », « PNP 1.5 » de Kendrick que je suis devenu l’artiste que je suis aujourd’hui", disait-il à Complex. A noter aussi que le morceau « Local Only » du rappeur Dom Kennedy li a inspiré son nom d’artiste. C’est décidé, il fera carrière dans la musique et sera encouragé par ses parents. Fun fact, à 20 ans, il chantera même aux côtés de son père sur le morceau « Southside ».

Mais retournons quatre ans en arrière lorsqu’en 2010, il signe son premier morceau, « Bitch, I’m in The Building », à 16 ans. Un rap percutant sur l’instrumental du titre « Make It Rain » de Tyga. L’effet est immédiat : lui qui n’était pas l’un des gars les plus populaires de l’université voit sa réputation se métamorphoser. Ceux qu’il considérait comme étant les plus cool du bahut deviennent ses fans. À partir de ce moment-là, il sait qu’il a quelque chose à faire dans la musique.

Ainsi donc, une fois son diplôme en poche, il déménage et monte un studio avec son meilleur pote le rappeur YungJosh93, avec lequel il formera le duo Playa Familia. Leur premier morceau à deux s’intitule « Dear Summer & Global Wide Pimp Brothers ». A l’écoute, l’influence west coast de Cali clairement perceptible et sa musique sonne bien différent de ce qu’il fait aujourd’hu

Ça tape fort, mais lorsqu’il monte à New-York avec son pote pour faire écouter leur mixtape Playa Familia aux radios et aux gens dans la rue, les critiques sont unanimes : Don Toliver n’est pas un mauvais rappeur, mais c’est avec son sens inné de la mélodie qu’il se démarque vraiment. Son esprit ne fait alors qu’un tour. Il change de cap et décide de diriger son rap vers des sonorités R&B, inspiré par le héros local de sa ville, Travis Scott.

Sa nouvelle direction décidée, il poursuivra l’aventure en solo et s’offrira ses premiers succès avec les morceaux « Diva », inspiré de « Billie Jean » de Michael Jackson et « I Gotta » publiés sur Soundcloud fin 2017. Les streams s’accumulent à mesure que ses deux titres inondent les clubs et il sera signé par le label Atlantic Records. Une signature qui lui permettra de se connecter avec Travis Scott, alors en plein travail sur son projet Astroworld. Impressionné par ses talents vocaux, il le prendra sous son aile et lui offrira la meilleure des promotions en l’invitant sur son titre « Can’t Say »

Sa première mixtape solo intitulée Donny Wormack sera lâchée dans la vieille de la sortie d’Astroworld, ce qui lui permettra de capitaliser sur l’aura de son mentor. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais La Flame croit tellement au potentiel de son poulain que dès le lendemain, il le signe sur son label Cactus Jack Records et l’emmène avec lui pour son Astroworld Tour. Un featuring, une mixtape, une signature et le début d’une tournée en trois jours : la stratégie de Travis pour Don Toliver est parfaite et le monde entier a les yeux braqués sur le nouveau talent de Houston. Dans la continuité de cette ascension, on retrouvera Donny sur JACKBOYS, l’album collaboratif des artistes de Cactus Jack Records sorti à la toute fin 2019. Pour l’anecdote, de par sa place dans le calendrier, ce projet fut le premier album en tête des charts des années 2020. Après quoi, sa vie va changer et rien ne sera plus jamais pareil.

Une irrésistible ascension

Grâce à Travis Scott, tout a été judicieusement mis en place pour permettre la percée de Don Toliver. Conscient de sa bonne étoile, l’artiste va enchaîner avec le single « No Idea », destiné à promouvoir son premier album studio, Heaven or Hell à paraître quelques mois plus tard. Seulement, contre toute attente, le track ne décolle pas plus que ça à sa sortie, mais puisque le destin semble être avec le chanteur, il connaîtra un buzz fulgurant quelques semaines plus tard, en devenant viral sur TikTok. Ce titre ainsi que son second single « After Party » seront l’occasion pour le public de découvrir à quel point sa voix est unique et que son utilisation de l’autotune lui permet de construire des mélodies entêtantes et avant-gardistes

Très vite alors, la hype s’emballe. En moins d’un an, il est passé d’illustre inconnu à plus d’un million d’abonnés sur chacun de ses réseaux. Boosté par la validation de La Flame, l’effet viral et ses succès solos, il se retrouve en janvier 2020, invité sur l’album d’Eminem, Music To Be Murdered By au refrain du titre « No Regrets ». La belle histoire se poursuit le mois suivant lorsqu’il est appelé  pour assurer les premières parties du After Hours de The Weeknd. Des vitrines parfaites pour ouvrir la voie comme il se doit à son premier album, Heaven or Hell en mars 2020. A la sortie, les critiques sont conquises et unanimes et Apple le fait carrément rentrer dans sa playlist « artistes révélations ». De quoi l’aider à gravir encore plus vite les échelons.

Après avoir glissé son nom sur la BO de Fast & Furious 9, il frappera encore plus fort en posant sur Nav et Gunna sur le summer hit certifié platine d’Internet Money, « Lemonade ». Un titre qui  dans le même temps offrira à Don sa première performance télévisée chez Jimmy Fallon. Les mois défilent et après Eminem, tout le monde se l’arrache. Nas, Big Sean, Masego, Gunna, Nav, Young Thug, Fetty Wap, Ricco Nasty, Justin Bieber, Baby Keem, Migos, Kanye West, Kid Cudi, Maxo Kream… Il enchaîne les collaborations marquantes avec de grands noms du hip-hop et de la musique. Les couplets et les refrains qu’il envoie pour des artistes si différents les uns des autres en disent long sur sa versatilité et montrent à quel point il est capable de s’adapter à d’autres univers que le sien, sans jamais compromettre son identité.

Conscient de ses talents depuis le début et en suivant les traces de son père, Don Toliver a pris son temps de nourrir son art pour ainsi faire sa révolution et créer son propre son. Dans une interview lors de sa sélection parmi les XXL Freshman de 2019, il déclarait alors : « J’ai travaillé dur et en silence. Je ne cherche pas à attirer l’attention, ni à être quelqu’un d’autres que moi. Je cherche juste à faire de la bonne musique. J’aime l’art et le game, suis ici pour rester et être éternel ».

Or pour être éternel, être validé en un temps record par les plus grands ne suffit pas. Le plus dur est à venir même. Avec tous les projecteurs braqués sur lui, il se devait de confirmer les espoirs placés en lui avec son album suivant, « Life of a Don ».

Un nouvel album au sommet

« Life of a Don », c’est justement la cristallisation de la folle ascension qu’a connue Don Toliver ces dernières années. Plus précisément et selon les dires de l’auteur : « C'est la bande originale de ma vie, et elle est née d'un nouveau sentiment et vous donne un aperçu de ce que je vis en ce moment. Ce son, c’est vraiment ce que je ressens ».

Comme on pouvait donc s’y attendre, sur cet album, Don capitalise à fond sur ce qui fait sa force à savoir le chant et la mélodie. Sa voix unique nous transporte et repousse sans cesse les frontières de la musicalité. Avec des mélodies toujours aussi catchy, des harmonies musicales fastueuses et une voix sublimée par une utilisation novatrice de l’autotune, Don Toliver magnifie son sens de la formule et nous embarque pour un voyage musical éblouissant.

En contrepartie de ce cocktail sonore exceptionnel, le chanteur met fatalement le rap et l’écriture au second plan. C’est un fait, ses textes sont pauvres, superficiels et surfent à fond sur les clichés vus et revus de la trap. Mais n’en déplaise à ceux qui déplorent sa faiblesse lyricale, les beaux textes ne sont pas ce qu’on cherche à l’écoute d’un album de Don Toliver. Au final, il peut raconter toutes les conneries qu’il veut, du moment que ses mélodies continuent de nous mettre des claques et que sa voix nous transporte toujours plus loin.

La fin 2021 approche et on lance déjà les paris : avec Donda de Kanye West et The Melodic Blue de Baby Keem, Life of a Don de Don Toliver a largement le potentiel pour finir sur le podium des meilleurs albums de rap US de l’année.