MENU
Accueil
Snoop Dogg, le parrain le plus cool du rap US
Écouter le direct
Snoop Dogg - soirée Triller Fight Club (Jeff Kravitz)
Snoop Dogg - soirée Triller Fight Club (Jeff Kravitz) ©Getty

Snoop Dogg, le parrain le plus cool du rap US

Toujours dans le game après plus de trente ans de carrière, Snoop Dogg est une légende du rap US. Focus sur les raisons de son succès et son incroyable longévité.

En temps normal, l’espérance de vie d'un chien varie entre 11 et 18 ans selon la race. Mais parmi toutes les espèces répertoriées dans le monde, il existe un spécimen unique, mi-canidé, mi-humanoïde, qui déjoue toutes les statistiques. Son nom ? Snoop Dogg. A lui seul, le rappeur californien est l'illustration parfaite pour dire que oui, bien vieillir dans le rap c'est possible.

Aujourd'hui âgé de cinquante ans, le MC originaire de Long Beach a vendu plus de 37 millions d'albums dans le monde. Le bougre est dans le game depuis plus de trente ans, il a connu le premier âge d'or du rap et a traversé toutes les époques. C'est bien simple, la plus longue carrière de l'histoire du hip-hop, c'est la sienne.

Pourtant, saviez-vous que tout aurait pu s'arrêter avant même la sortie de son premier album ? On s'en souvient, en 1993, le nouveau poulain de Dr. Dre était accusé de meurtre et est resté embourbé dans un combat judiciaire de plus de trois ans. Ajoutez à ça des conflits persistants avec Suge Knight et Death Row Records et vous comprendrez pourquoi sa carrière aurait pu prendre un tout autre tournant. Fort heureusement, Calvin Cordozar Broadus Jr. a su relever la tête et se hisser jusqu'au sommet.

Son flow nonchalant, sa voix reconnaissable entre mille, ses multiples talents, son humour, son goût prononcé pour la bonne weed, son charisme naturel et son capital sympathie hors du commun sont autant de facteurs qui ont fait de lui l'une des personnalités les plus appréciées du monde. Libéré de son passif de gangster au début des années 2000, il est devenu ce tonton cool, celui qui nous fait marrer sur Instagram et qu'on aurait tous rêvé d'avoir.

Preuve supplémentaire de sa succes story, en 2022, il est toujours là et n'a même jamais été aussi puissant. En tête de file du dernier show de la mi-temps du Super Bowl aux côtés de son mentor Dr. Dre, il a carrément pris sa revanche sur Suge Knight en rachetant son ancien label Death Row Record. Heureux de cette nouvelle acquisition aussi symbolique qu'historique, il a fêté ça avec la sortie d'un nouvel album baptisé BODR (Back on Death Row). Un retour aux sources et une galette de plus à ajouter à sa discographie déjà stratosphérique.

Une discographie stratosphérique

Quand on parle de la discographie de Snoop Dogg, on pense immédiatement à son premier album, le mythique Doggystyle. C'est logique quand on sait à quel point ce projet précurseur du genre G-Funk et ses classiques Who Am I !? (What's My Name), Doggy Dogg World ou encore Gin & Juice ont marqué la culture hip-hop de leur empreinte. Si cet opus est considéré par beaucoup, et à juste titre comme la pièce maîtresse de Snoop n'oublions pas que son œuvre s'étale sur plus de trois décennies et qu'elle comprend par conséquent une flopée de disques.

Que ce soit chez Death Row jusqu'en 1996, chez No Limit aux côtés de Master P jusqu'en 2000 ou avec Doggy Style Records, sa structure indépendante au travers laquelle il continue encore aujourd'hui de sortir ses projets, Snoop Doggy Dogg a livré un total de dix-neuf albums studio, cinq albums collaboratifs, une trentaine de mixtapes, trois EP, cent vingt-sept singles et six bandes originales de film. Clairement, qui peut s'asseoir à sa table et dire « j'ai sorti plus de musique que toi ? »  Son secret ? La passion tout simplement.

Il suffit d'observer la joie de Snoop Doggy Dogg sur scène ou d'écouter simplement ses sons pour comprendre que ce membre historique des Crips est un passionné de musique, un bousillé de rap qui en trente ans n'a rien perdu de sa flamme des premiers jours. Toujours souriant (et défoncé accessoirement), prendre le micro est pour lui un véritable moyen d'expression, plus encore, d’exaltation.

La preuve étant que même si son âge d'or est définitivement derrière lui et que ses albums se vendent drastiquement moins aujourd'hui - Ego Trippin sorti en 2006 sera son dernier projet solo certifié au moins disque d'or -, il s'en fiche. Pour la simple et bonne raison qu'il n'a plus rien à prouver. Au-delà des chiffres, ce qu'il veut lui, c'est faire la musique qu'il aime, sans compromission, ni aucune barrière.

C'est dans cette logique qu'après avoir fait les beaux jours de G-Funk et de la West Coast pendant les années 90 / début 2000, il a su faire preuve d'audace artistique en posant sa voix sur des styles musicaux parfois bien loin des racines du hip-hop. Qu'il s'agisse de rock (I Wanna Rock), de country (My Medicine), de funk (son album Bush produit par Pharrell), de gospel (avec son album Book of Love), d’électro (le remix de Wet avec David Guetta), de ses albums de Noël, ou encore de sa parenthèse reggae en tant que Snoop Lion, il n'existe pas un style musical auquel le rappeur de Long Beach ne s'est pas essayé. En 2019, le gars a carrément sorti un disque de berceuses pour enfants. C'est dire jusqu'où il est capable d'aller en terme de créativité.

Mais ne soyons pas naïfs : s'amuser et tenter des trucs originaux c'est cool, mais encore faut-il que ça rapporte de l'argent. Voilà qui tombe bien puisqu'à ce petit jeu, Snoop Dogg a montré qu'il était imbattable. Quelle que soit sa direction musicale du moment, il a toujours maîtrisé l'art et la manière de faire des tubes. Se faisant, il s'est toujours assuré à minima un single dans les charts pour compenser ses faibles ventes d'albums. Et quand bien même la musique ne suffisait plus à entretenir sa fortune, il a pu compter sur ses multiples casquettes et son sens aigu du business pour se maintenir à flot.

Un artiste sur tous les fronts

Petite remise en contexte : au début des années 2000, Snoop Dogg est au top de son game. Grâce notamment à des titres comme Beautiful en collaboration avec Pharrell Williams, il parvient enfin à toucher un public plus large et son personnage délirant de mac des années 80-90 s'attire la sympathie de familles entières. Heureux de cette situation et fier de pouvoir enfin laisser les fantômes de son passé de gangster derrière lui, le tonton va surfer à fond sur cette nouvelle image de rappeur à la cool pour briller dans d'autres secteurs que la musique.

Acteur au cinéma pour la première fois dans Half Baked en 1998, son nouveau succès maintream lui ouvrira les portes de nombreuses autres films. Là encore, il touche à tout : comédies, films d'action, trillers, dramas, documentaires, films d'animation... Pas un genre cinématographique ne résiste à son charisme face caméra. Au total, entre 1998 et 2021, il aura joué dans plus d'une centaine de films et séries. Cela bien sûr sans compter ses nombreux clips musicaux. Pour l'anecdote, sachez qu'il a également produit deux films pornographiques. On pose ça là, faites ce que vous voulez de cette info.

Et puisqu'on parle de 7eme art, on se souvient aussi que Snoop avait aussi signé une mythique collaboration avec Jamel Debbouze sur la BO du film d'Alain Chabat, Asterix : Mission Cléopâtre. Parmi ses plus grands coups d'éclat à l'écran, on n'oublie pas non plus sa pub mémorable pour Just Eat, ni son émission de cuisine Martha & Snoop's Potluck Dinner Party. Ce fameux show télé qui a donné naissance à son livre de recette 100% weed : From Crook to Cook: Platinum Recipes from Tha Boss Dogg's Kitchen.

Bien entendu, le cinéma, les séries, les publicités et la littérature culinaire ne sont pas les seuls secteurs culturels dans lesquels Snoop s'est illustré. Saviez-vous qu'il était aussi une icône du jeu vidéo ? True Crime: Streets of LA, Tekken, Def Jam : Fight For NY, Call of Duty : Ghosts ou encore Madden 21 sont autant de titres sur lesquels on peut retrouver notre tonton fumeur préféré. C'est d'ailleurs sur le célèbre jeu de football américain d'Electronic Arts que le rappeur avait créé le buzz en 2020, en nous offrant un sublime rage quit en direct sur Twitch, après seulement 15 minutes de jeu.

La transition pour parler de sport est toute trouvée puisqu'à défaut d'avoir une forme physique suffisante pour entrer sur un ring ou sur un terrain, le Doggfather du rap est régulièrement invité sur les chaînes de télévision sportives pour commenter les rencontres de football américain, de basket, de hockey sur glace et autres combats de boxe. Et là, ceux qui l'ont déjà entendu au moins une fois commenter un match le savent : c'est toujours des barres de rire.

Rap, cinéma, télévision, jeu vidéo, sport, cannabis... Que ce soit dans la musique ou ailleurs Snoop Dogg est partout, sur tous les fronts. Personne ne sera donc surpris d'apprendre qu'il fut aussi l'un des premiers rappeurs américains à se lancer dans le business juteux des NFT. Et ce n'est visiblement pas près de s'arrêter puisqu'en plus de jouir d'une immense collection personnelle de jetons non-fongible, il a affirmé au lendemain de son rachat de Death Row, vouloir faire de son nouveau label, le 1er des NFTs et du metaverse.

Vous comprenez maintenant pourquoi, même s'il ne vend plus autant d'albums, l'Oncle Snoop reste encore aujourd'hui l'un des rappeurs les plus populaires et les mieux payés du game. Sa légende est réelle et n'a clairement pas fini de s'écrire. On espère juste que les récentes accusations d'agressions sexuelles faites à son encontre se révéleront infondées. Au risque d'entacher à jamais une immense et exceptionnelle carrière.