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50 Cent : "In Da Club", l'histoire d'un classique qui valait un milliard
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50 Cent - capture clip "In Da Club" (Philip Atwell)
50 Cent - capture clip "In Da Club" (Philip Atwell)

50 Cent : "In Da Club", l'histoire d'un classique qui valait un milliard

Plus de 17 ans après sa sortie, « In Da Club » de 50 Cent vient de passer la barre symbolique du milliard de vues sur Youtube. L’occasion pour nous de revenir sur cet immortel classique du gangsta rap des années 2000.

C’est l’hymne d’anniversaire de toute une génération, In Da Club de 50 Cent est encore aujourd’hui l’un des, si ce n’est le plus gros succès du rappeur du Queens. Incontestablement. Sorti le 7 janvier 2003, ce tube produit par Dr. Dre et issu de son premier album Get Rich or Die Tryin’, sera ni plus ni moins celui qui lancera la carrière de Fifty aux portes du mainstream.

Preuve que ce titre est toujours indémodable presque 18 ans plus tard, son clip, publié sur Youtube le 16 juin 2009, vient de passer la barre symbolique du milliard de vues. Pour l’occasion d’ailleurs, Fif a uploadé une version remasterisée du clip en HD et compatible 4k. Si pour certains, ce cadeau se suffit en lui-même, nous avons souhaité revenir sur l’histoire de ce titre légendaire.

Le banger festif par excellence

A l’heure où l’épidémie de Covid-19 nous empêche tous de nous rendre en boite de nuit, In Da Club sonne d’autant plus comme une bouffée de nostalgie, en souvenir de nos plus grosses soirées en club des années 2000. Comme dans le clip, qui à l’aube du nouveau millénaire n’a pas dansé sur ce banger ? Pour son anniversaire ou non d’ailleurs.  

Assurément un hymne à la nuit, In Da Club a mis tout le d’accord à sa sortie. Le célèbre magazine américain The Source en parlait déjà comme du "morceau parfait pour démarrer une fête", pendant  que la BBC le qualifiait de "morceau festif spectaculaire". Pour Fifty, ses objectifs et ses ambitions étaient claires : pour faire décoller sa carrière, il devait faire un morceau taillé pour les clubs et les radios à destination du grand public, comme il le laissait entendre à l’époque : "In Da Club est une célébration de la vie. Tu peux écouter ce morceau tous les jours, car chaque jour, c’est l’anniversaire de quelqu’un".

Force est d’admettre que sa stratégie fut gagnante et qu’il ne s’est pas trompé, car dès son lancement, le titre a cartonné. Et aujourd’hui encore, il figure dans les playlists de nombreux fans de hip-hop. Initialement pourtant, rien ne prédestinait celui qui a survécu à neuf balles à un tel succès.

Pile ou face ?

In Da Club, c’est aussi le témoignage d’une époque bénite de l’histoire du rap US, celle du début des années 2000, lorsque Dr. Dre et Eminem étaient à l’apogée de leur alchimie, autant sur le plan musical qu’en tant que producteurs. Pour rappel, ce sont ces deux hommes qui ont propulsé 50 Cent sur le devant de la scène. Mais lorsque tout ce beau monde a commencé à travailler sur Get Rich or Die Tryin’, In Da Club n’était pas dans les plans. En effet, le morceau était à l’origine prévu pour la BO du film 8 Mile et devait être interprété par le groupe du rappeur de Détroit, D-12.

Néanmoins, le crew, ne se sentant pas inspiré par la prod pourtant détonante de Dr. Dre et Mike Elizondo, passa son tour. Une aubaine pour 50 Cent : lui qui cherchait à mettre un peu de couleurs et de lumières sur son premier album, décida de récupérer le son pour sa propre discographie. Il est vrai que ce titre tranche radicalement avec ce que le rappeur avait l’habitude de nous proposer, à savoir des thèmes plus street sur des ambiances bien plus sombres. Cela dit, on retrouve dans le texte de In Da Club, tous les codes du gangsta rap des années 2000.

Malgré tout, la décision de faire de ce titre ne s’est pas imposée d’elle-même En effet, Paul Rosenberg, Chris Lighty et Jimmy Iovine, les têtes pensantes du projet Get Rich or Die Tryin’ ont hésité entre In Da Club et "If I Can’t". Le choix était d’ailleurs si difficile que, selon les dires d’Eminem rapportés dans le Billboard Book Of Number 1 Hits, le choix du premier single a été décidé à pile ou face. Au final, les étoiles se sont alignées, le destin a parlé et le titre fut un carton monumental.

Succès critique, commercial et intemporel

In Da Club en quelques chiffres, c’est d’abord une place de numéro 1 des charts en première semaine aux US (Billboard), mais aussi dans douze pays d’Europe. En mars 2003, il sera également élu par le Billboard, comme  la chanson la plus écoutée de l'histoire de la radio en une semaine.

La postérité a également fait son œuvre puisque ce classique a obtenu de nombreuses reconnaissances. Par exemple, le magazine Rolling Stone l’a placé à la vingtième position des plus grandes chansons hip-hop de tous les temps en 2017. Ce même magazine l’avait également nommé meilleure chanson pop des années 2000, et listé 13eme au classement des meilleurs morceaux de la décennie en 2010.

Le clip du morceau également a obtenu pas mal d’éloges. Au MTV Video Music Awards de 2003, 50 a obtenu la statuette tant convoitée du "meilleur clip de rap de l’année", mais également celle du "meilleur nouvel artiste". Rien d’étonnant pour un clip devenu culte au point d’avoir cumulé plus d’un milliard de vues. Pour l’anecdote, on retrouve à l’image l’intégralité du crew Shady/ Aftermath / G-Unit : 50 Cent, Dr. Dre, Eminem, D12, Lloyd Banks, Tony Yayo, Young Buck, Bang' Em Smurf Xzibit, DJ Whoo Kid. A noter que The Game signe sa toute première apparition publique dans ce clip, et ce bien avant de partager le micro avec Fif sur Hate It or Love It.

Au final, la seule réelle déconvenue de Fif et son single sera les Grammy’s. Nominé lors de la 46eme cérémonie dans quatre catégories dont celles de la "Meilleure performance rap masculine" et "meilleure chanson rap", il ratera de peu les deux récompenses, au profit… d’Eminem et son immense Lose Yourself.

Son succès commercial en soit témoin, 50 Cent, avec ce tube mondial a profondément marqué la culture hip-hop. De nombreux artistes ont samplé le titre à plusieurs reprises. On peut citer par exemple les morceaux I Don’t Mind de Usher, The Re-Up d’Eminem, 300 Miles & Runnin’ de The Game, Death Game de Royce Da 5’9’’, Genesis du groupe français Justice ou encore Sexy Lil Thug de Beyoncé. Queen B a par ailleurs également livré son propre remix du morceau, au même titre que Lil Wayne, Mary J. Blige, 360, D12, Bello Figo et P. Diddy.

Si aujourd’hui, le terme classique peut être utilisé à tort et à travers, on peut affirmer sans trop se mouiller que In Da Club  à sa place au panthéon du hip-hop. Non-seulement, cet hymne à la gloire du matérialisme et de la débauche a retourné le rap game à sa sortie, mais il a également permis à 50 Cent d’y entrer par la grande porte. Et ce jusqu’à progressivement s’imposer comme l’une des plus grosses superstars du rap des années 2000.

Certains sceptiques diront peut-être qu’il n’a jamais réussi à faire mieux musicalement, pire, que sa carrière est aujourd’hui terminée. Qu’à cela ne tienne, en 2020, Curtis Jackson a sa propre étoile sur le célèbre Hollywood Walk of Fame, a atteint le milliard de vues, et est à la tête de l’un des plus grands empires financiers du rap game US. 

Jérémie Léger