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Retour d’Orelsan : à quoi s’attendre ?
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Orelsan - photo Camille Mompach (DR)
Orelsan - photo Camille Mompach (DR)

Retour d’Orelsan : à quoi s’attendre ?

On le sait, le nouvel album d’Orelsan, c’est pour bientôt. D’ici là, il est temps de faire le point sur nos attentes et espoirs autour du successeur de "La fête est finie".

"Quand j’parle de mon prochain disque, les yeux de mes fans s’illuminent", disait Orelsan dans Le chant des sirènes. Dix ans après, rien n’a changé. Pire encore, le rappeur de Caen n’a même plus besoin d’évoquer explicitement son retour pour que son public et les fans de rap français s’emballent. Il n’y a qu’à regarder en arrière : lors de la sortie du titre Millions, en collaboration avec Ninho pour le projet No Limit au début de l’été, Orel en profitait pour annoncer une série de dates exceptionnelles du 16 au 19 mars prochain à l’AccorHotel Arena de Paris. Il n’en fallait pas plus pour que toute la planète rap s’agite et s’imagine déjà l’arrivée imminente du successeur de La fête est finie. La hype s’est même carrément intensifiée quand il y a quelques jours à peine, Télérama annonçait qu’un documentaire biographique réalisé par son frère Clément Cotentin, sortirait sur Amazon Prime cet automne.

Si rien n’a encore été officialisé de la part de l’artiste ou de son entourage, les apparitions publiques récentes du rappeur nourrissent encore plus la théorie d’un nouvel album à paraître prochainement. On l’a d’abord vu revenir avec une coupe de cheveux qui n’a pas manqué de faire parler, mais surtout, il y a quelques jours, il est réapparu sur ses réseaux. Pour le plus grand plaisir des fans, il affichait son retour en studio aux côtés de son acolyte de toujours aux machines, le producteur couronné lors des derniers Grammy Awards, Skread.

Tous ces arguments mis ensemble ne font désormais plus aucun doute : Aurélien Cotentin aka Orelsan est dans les starting-blocks et prépare un retour en grande pompe. A partir de là, il est légitime de faire le point sur ce que le rappeur pourrait nous offrir ainsi que sur ce que nous attendons de lui, trois ans après la sortie de l’Épilogue de son dernier album, La fête est finie.

Son évolution en tant qu’homme et artiste

S’il y a une chose qui marque à chaque album d’Orelsan, c’est la part qu’il laisse à son évolution artistique et humaine personnelle. Réécouter la discographie du rappeur, c’est en effet s’offrir systématiquement un voyage introspectif de haut-vol. De son adolescence perdue d’avance, dont les aventures ont été contées aussi bien en solo qu’en duo avec Gringe et les Casseurs Flowters, à sa vie d’homme et d’artiste accompli dans La fête est finie, en passant par l’exploration de son rapport à la célébrité dans Le chant des Sirènes, Orel a toujours mis un point d’honneur à cristalliser son parcours de vie en musique.

Si le rappeur a assurément évolué en plus de dix ans de carrière, il est évident que ces trois dernières années ont été pour lui, riches en apprentissages, en réflexions et remises en question. Et cela même s’il a déjà réussi sa life depuis longtemps. Dans Millions, son dernier titre en date par exemple, il met en lumière les conséquences néfastes de sa notoriété et la pression que celle-ci exerce chez lui.

Partant de là, ce constat ainsi que ses nouveaux questionnements personnels seront-ils le fil rouge de son prochain opus ? Ira-t-il dans l’egotrip exacerbé ou, face à un monde de plus en plus fracturé, Orel se servira-t-il de son statut d’icône pour prendre position sur des sujets plus engagés, comme il l’a fait il y a quelques années avec Kery James sur A qui la faute ?. Après tout, pourquoi pas. Depuis ses débuts, Orelsan a toujours pris plaisir à se placer en observateur critique et acerbe du monde qui l’entoure.

Du storytelling et des punchlines bien senties

Au-delà de retranscrire son vécu, ses émotions et son regard lucide sur le monde, Orelsan a toujours été un brillant storyteller. Au fil de sa carrière, il nous a habitués à nous raconter des histoires bouleversantes. De Gros Poisson dans une petite mare à Tout va bien en passant par La petite marchande de porte-clefs et Suicide Social, c’est peu dire qu’on aime quand il se livre à cet exercice de style.

Mais que serait un bon storytelling sans les punchlines qui vont avec ? Autant sur des morceaux plus personnels et poignants que sur d’autres plus légers et délirants, le rappeur bas-normand a toujours donné la part belle aux punchlines dans ses textes. Celui qui en 2008 officiait déjà sous le blaze de Jimmy Punchline n’a depuis jamais arrêté d’affiner son savoir-faire quand il s’agit de sortir des petites phrases piquantes et bien senties. Forcément, maintenant qu’il est au sommet de son art et de sa notoriété, on en veut encore plus. Quitte même à ce qu’il choque de nouveau la France, en écho à son début de carrière tumultueux.

Des feats aussi incroyables qu’improbables

Après des feats explosifs avec Ninho, Oxmo Puccino, Damso, Kery James, Vald, Nekfeu, Gims ou encore Stromae, on se dit qu’Orelsan a la possibilité, s’il le souhaite, de nous proposer des collaborations avec tous les plus gros rappeurs du moment. On pense évidemment tout de suite à ceux qui manquent à son palmarès : SCH, Booba, Jul, Soprano, Freeze Corleone, Alpha Wann, Rim’K, PLK et j’en passe. S’il est évident que les univers musicaux de tous ces rappeurs ne collent pas forcément à celui d’Orel, on se prend quand même à rêver de le voir bosser avec l’un ou plusieurs de ses monstres du game. Simplement pour marquer encore un peu plus l’Histoire.

Ceci dit, en prenant du recul, on se rend compte que le rappeur a rarement proposé des featurings "blockbusters", uniquement pour engranger un maximum de streams. On le sait, en plus d’être un geek qui s’est toujours assumé, Orelsan est et a toujours été un amoureux de rap et de musique en général. Qu’il s’agisse de célébrer son héritage américain sur Dans la place pour être en citant Cypress Hill, Outkast et le Wu-Tang Clan, de déclarer son amour à IAM dans Deux connards dans un abribus et Au bout du compte, ou encore de rapper avec l’un de ses artistes préférés Dizzee Rascal dans sa Zone, il a très souvent proposé des collaborations symboliques, destinées avant tout à rendre hommage aux artistes et aux vibes qui ont forgé sa culture musicale.

Loin de se cantonner aux tendances musicales du moment et dans la continuité des deux itérations de son précédent album, on peut donc aisément s’attendre à ce qu’il s’associe une fois de plus à des artistes aussi variés qu’inattendus, voire carrément inconnus du grand public. Sans parler de ses collabs avec les artistes britanniques Eugy et Kojo Funds, on parle quand même du gars qui a featé avec YBN Cordae, avant même que celui-ci n’explose aux US.

Dans la foulée de cette démarche d’ouverture artistique, il y a aussi fort à parier qu’Orel continuera d’élargir sa musicalité. Avec Skread en tête, mais aussi l’un de ses beatmakers fétiche, Phazz et sans doute d’autres génies des machines, le rappeur a tout à gagner à faire évoluer sa palette d’influences comme il l’a toujours fait depuis plus de dix ans. Reste à voir si tout ce beau monde ira piocher dans des influences drill désormais mainstreams, des sonorités toujours plus électroniques ou pourquoi pas dans des vibes bien plus exotiques. On peut aussi se demander s’ils opteront pour un habillage sonore riche et grandiloquent, ou à l’inverse, s’ils feront dans le minimalisme.

Une mise en scène et des clips toujours plus originaux et ambitieux

Un album c’est bien, mais lorsqu’il est accompagné de clips dignes de ce nom, c’est mieux. Sur cet aspect-là, Orel a toujours su nous épater. En témoigne son premier long-métrage, Comment c’est loin et ses visuels, le rappeur a toujours donné à l’image une place de choix. Entre le clip rétro-futuriste de Raelsan, les effets spéciaux explosifs de « Ils sont cools », le plan-séquence ultra-propre de Basique ou encore le clip complètement déjanté et intégralement tourné à l’Iphone de Défaite de famille, on en a pris des claques visuelles !

C’est pour ça qu’il est primordial qu’Orelsan aille encore plus loin dans cette direction et qu’il surprenne toujours plus le public. Particulièrement pour le morceau qui servira de premier single à son futur projet d’ailleurs. Comme pour Basique à l’époque, si le clip fait mouche, c’est la garantie d’un retour détonnant et d’un tube instantané qui préparerait le terrain en bonne et due forme avant l’album. Sur ce sujet, impossible de spéculer tant l’artiste caennais est capable de tout, mais surtout du meilleur. Vas-y Orel, mets-nous en plein les yeux, on est prêts !

Alors bien sûr, toutes ces suggestions ne restent a ce stade qu’un mélange de spéculations et d’espérances. A l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun projet n’a été annoncé et aucun single n’a encore été dévoilé. Il n’empêche que c’est assez plaisant et excitant de s’imaginer à quoi pourrait ressembler la prochaine épopée musicale d’Orelsan. Toujours est-il que quelle que soit la couleur et la direction que prendra ce prochain album, la priorité pour qu’il nous livre un projet réussi et au moins à la hauteur des précédents, c’est avant tout qu’il s’amuse et qu’il se fasse kiffer. Loin de nous l’idée de vouloir lui mettre la pression. Quoi qu’on dise de toute façon, on sait qu’il s’en foutra et qu’il fera bien ce qu’il veut. Et c’est tant mieux.