MENU
Accueil
Rap français : comment s’en sortir face aux nombreuses sorties chaque vendredi ?
Écouter le direct
Lorenzo - capture Youtube
Lorenzo - capture Youtube

Rap français : comment s’en sortir face aux nombreuses sorties chaque vendredi ?

Chaque vendredi, les auditeurs font face à une dizaine (voire plus) de sorties de projets de rap français. Peut-on tout écouter ? Comment faire le tri ?

Malgré le contexte très particulier de l’année 2020, le rap français a maintenu sa cadence infernale sur le plan des sorties de janvier à décembre. Même pendant les périodes plus compliquées pour l’industrie de la musique, comme le confinement du mois de mars, les rappeurs ont su s’adapter et proposer des formats plus spontanés, avec moins de calcul et plus d’énergie. La majorité des têtes d’affiche ont publié au minimum un projet cette année, même si quelques gros noms manquent à l’appel : PNL ou Nekfeu, qui continuent de capitaliser sur leur énorme année 2019, ou encore Booba, qui tease déjà son année 2021. 

Entre les têtes de gondole et les artistes plus confidentiels, le rap-game dans son ensemble est extrêmement productif : chaque vendredi, jour de publication des projets sur les plateformes de streaming, l’auditeur fait face à un choix pléthorique avec 5, 10, voire 20 sorties sur la même journée. Face à un choix aussi vaste, l’auditeur est parfois perdu. A moins d’y consacrer tout son temps libre, tout écouter est impossible, et il faut faire le tri parmi les sorties. Hormis quelques albums incontournables, il faut donc savoir s’organiser pour ne pas passer à côté d’une pépite. 

Suivre les chiffres de vente  

Pour certains étranges auditeurs, les chiffres en première semaine déterminent l’accueil à réserver à un album. L’écoute ne se fait donc plus avec les oreilles, mais avec une calculatrice. Dinos est par exemple l’un des meilleurs rappeurs de l’année 2020 grâce à sa première semaine à 23.000 ventes ; alors qu’il était au mieux un rappeur passable avec les 3000 ventes d’Imany en 2018. 

L’avantage : Le tri est facile à faire, et on peut fixer un seuil de ventes en-dessous duquel on refuse d’écouter les albums. 

L’inconvénient : On passe à côté de la majorité des bonnes sorties. 

Comment optimiser cette méthode : En arrêtant de la suivre. 

Suivre les chiffres de vente (méthode miroir)  

C’est un peu le même principe que la méthode décrite juste au-dessus, en inversant les valeurs : au-delà d’un certain seuil de ventes, on refuse d’écouter l’album. C’est la méthode du puriste de l'underground, celui qui considère qu’un artiste est devenu commercial,  mainstream et vendu dès lors qu’il arrive à vivre de sa musique. 

L’avantage : Beaucoup de choix car beaucoup de sorties confidentielles chaque vendredi. 

L’inconvénient : La bonne santé économique du rap qui permet à des artistes absolument pas mainstream de vendre beaucoup (Laylow, Freeze Corleone, Dinos, etc). 

Comment optimiser cette méthode : En écoutant les bons conseils de Despo Rutti : “indépendant c’est pas un gage de qualité, arrête de bluffer, t’es pas meilleur parce que tu vends moins de CD

Se concentrer sur les artistes que l’on apprécie déjà  

Une méthode de base qu’applique une majorité d’auditeurs, qui n’incite pas forcément à la découverte ni à la diversification de sa playlist, mais qui peut s’avérer particulièrement efficace si la liste des artistes en question est bien construite et suffisamment large. 

L’avantage : Pas de mauvaises surprises

L’inconvénient : Le risque de passer à côté d’artistes intéressants

Comment optimiser cette méthode : en restant à l'affût et en faisant évoluer sa liste

Ecouter tout ce qui sort  

Pour les plus courageux et surtout pour les plus no-life, la méthode intégrale : ne manquer absolument aucune sortie, y compris la plus underground, la plus foireuse ou la plus expérimentale. Attention tout de même : les frontières entre genres musicaux étant de plus en plus flous, on peut se retrouver à écouter des albums qui n’ont de rap que l’étiquette. 

L’avantage : aucun risque de passer à côté d’une découverte

L’inconvénient : il faut oublier à la fois sa vie sociale et sa vie professionnelle ; risque d’overdose de musique

Comment optimiser cette méthode : écouter les albums en accéléré, écouter uniquement les premiers couplets, s'entraîner tel un grand maître pour arriver à écouter deux albums en même temps avec un écouteur dans chaque oreille. 

La méthode ratpi : n’écouter que Booba et ses alliés  

Tout bon ratpi connaît les règles : les ennemis de Booba sont tes ennemis. Pas question, donc, d’écouter Damso, Kaaris, Rohff, Kalash Criminel, Fianso, et une longue liste de près de 3000 autres rappeurs en beef avec lui. Attention tout de même, la jurisprudence du ratpi n’est pas toujours parfaitement établie, et certaines questions se posent : peut-on écouter un rappeur coupable de clash par association comme Nekfeu ? Qu’en est-il des beefs passagers qui semblent aujourd’hui refermés (Seth Gueko) ? Et pour les “dommages collatéraux" (Joke) ? A l’heure de composer sa playlist, beaucoup de questions et très peu de certitudes. 

L’avantage : Une playlist potentiellement variée (Maes, Green Montana, Lacrim) et qui évolue en permanence

L’inconvénient : On passe tout de même à côté d’excellents rappeurs ; il faut rester à l’affût continuellement et faire le deuil sur certains classiques (grosse pensée aux rapti qui ont dû supprimer Or Noir de leurs playlists en 2014)

Comment optimiser cette méthode : En élargissant sa playlist aux rappeurs neutres, avec qui Booba n’a jamais interagi. 

Se limiter à une scène en particulier  

Certains auditeurs ne jurent que par le rap le plus underground, d’autres n’aiment que le hip-hop bien old school, d’autres encore ont du mal à écouter autre chose que de bons gros tubes bien mainstream … En se limitant à une seule scène, on se conforte dans son propre univers musical, et on a toujours le plaisir de la découverte au sein de son propre créneau préféré. 

L’avantage : On se spécialise dans son créneau préféré au fil du temps et on y prend de plus en plus de plaisir. 

L’inconvénient : On passe à côté de beaucoup de bonnes choses et on risque de devenir un auditeur un peu trop sectaire. 

Comment optimiser cette méthode : En restant ouvert aux autres types d’inclinaisons musicales. 

Faire soi-même le tri  

C’est la méthode qui demande le plus d’efforts, mais c’est aussi celle qui permet le mieux d’affiner sa playlist. L’équilibre est difficile à trouver, et nécessite forcément d’écouter des albums qui ne vous plaisent pas avant de vous faire un avis définitif, mais les résultats valent le coup. Si vous vous en sortez bien, vous finirez avec une playlist qualitative et variée, parfaitement en phase avec vos goûts et vos humeurs. Il ne s’agit donc pas d’écouter TOUT ce qui sort chaque vendredi, mais de repérer quels projets peuvent potentiellement vous parler, tout en osant de temps à autre des écoutes de projets d’artistes que vous ne connaissez pas encore, ou sur lesquels vous n’avez pas accroché auparavant. 

L’avantage : Vous n’avez pas besoin de tout écouter chaque vendredi, et vous avez moins de risques de passer à côté d’un projet qui peut vous plaire. 

L’inconvénient : Nécessite plus d’efforts. 

Comment optimiser cette méthode : En ne relâchant pas ses efforts : à force de l’appliquer, le tri dans les sorties deviendra plus facile. 

N’écouter que la radio  

L’idéal quand on accepte de se laisser guider par des programmateurs : de la nouveauté chaque semaine, des playlists qui collent aux sorties et à l’actu en temps réel, et selon les stations et les émissions choisies, la possibilité de retomber sur des classiques ou sur des découvertes. 

L’avantage : Aucun effort à faire côté auditeur pour rester à l’affût des sorties

L’inconvénient : On ne choisit pas forcément ce qu’on écoute. 

Comment optimiser cette méthode : Difficile de vous dire autre chose que en écoutant Mouv, à l’heure des primes de fin d’année il faut savoir caresser son employeur dans le sens du poil.