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Racisme, les Ouïghours, Palestine... quand les rappeurs prennent position (partie 2)
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Médine (Laura Becquet)
Médine (Laura Becquet)

Racisme, les Ouïghours, Palestine... quand les rappeurs prennent position (partie 2)

Deuxième partie de notre sujet les rappeurs qui prennent position.

Le racisme et l’immigration

C’est également un sujet que l’on a déjà traité en long et en large : depuis ses balbutiements, le hip-hop s’est toujours posé comme une culture dépassant toute considération ethnique ou religieuse. Mouvement de rassemblement et de combat contre toute forme de racisme, le rap a toujours revendiqué haut et fort ses valeurs. Depuis Blanc et Noir du Suprême NTM, des dizaines de textes marquants ont appuyé l’idée d’une France multiculturelle et multiethnique : 11’30 contre les lois racistes, Marine (Diam’s), Ma Couleur (Booba), Musique Nègre (Kery James, Lino et Youssoupha) ... 

La question a été traitée de bien des manières, que ce soit très frontal comme dans le cas de Casey ou La Rumeur, ou plus fraternel, comme dans le cas de cet hymne au métissage de Disiz et Yannick Noah. D’autres ont abordé le sujet d’un point de vue très introspectif, comme par exemple Despo Rutti sur Le silence des macaques (J'arrive pas à comprendre pourquoi quand je fais un truc de travers, ma peau en prend plus que ma personne). 

Au-delà du racisme, la question des conditions de vie des immigrés revient également beaucoup, on pense par exemple à LIM, qui a consacré il y a quelques années un morceau complet au sujet. 

La Palestine, les Rohingya, les Ouïghours

Le sort de la population palestinienne est depuis 25 ans une thématique très forte dans le rap français. La première grande polémique sur le sujet est liée au groupe Sniper, avec le titre Jeteur de Pierres en 2003 (des territoires occupés, des blindés qui tirent / Des gosses qui jouent sur des mines”). Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, vise directement le groupe, qui sera finalement relaxé. La situation du peuple palestinien préoccupe déjà énormément les rappeurs français : Ali, Fianso,Keny Arkana, MAP, Médine, font tous référence au conflit, à la colonisation et à la guerre. 

D’autres rappeurs s’engagent même très directement, comme l’a fait le groupe GB Paris en faisant fabriquer les vêtements de sa marque directement par des ouvriers palestiniens. Plus médiatique, Médine a lancé il y a quelques années l’initiative Gaza Soccer Beach, et a beaucoup insisté sur la question dans ses textes. 

La protection de l’environnement

Du “j’roule en 4X4, rien à foutre de la pollution” de Booba aux poursuites envers Joeystarr ou Leto pour maltraitance envers les animaux, le rap français ne s’est pas toujours posé en défenseur de la Nature. Pourtant, la question de l’écologie est abordée par nos artistes depuis trente ans. En 1992, Assassin (encore) rappait déjà L’écologie : sauvons la planète. Si le morceau a forcément pris un coup de vieux sur la forme, le fond est plus que jamais d’actualité : “sans un radical changement dans les comportements, ni la prévention ni les conseils ne stopperont cette catastrophe naturelle” ; “l'industrie mondiale est coupable! De l'usine nucléaire de Tchernobyl à la constante disparition de la mer d'Aral, de la forêt de l'Amazonie à leur putain d'économie. 

Plus le temps passe, plus la question préoccupe : ces dernières années, Lord Esperanza (À la fois victime et responsable des mutations écologiques, le monde se meurt y'a plus d'logique”), Médine (“Taxi pollueur, pas de protocole de Kyoto”), Nekfeu (“ceux qui gèrent les banques ils s'font des couilles en or sur ta tête pendant que la banquise fond”), PNL (“la planète meurt”), ont tous fait référence à cette question. Booba a d’ailleurs visiblement changé d’avis sur la question : non seulement il semble avoir trouvé la raison de l’augmentation des températures (“le réchauffement climatique, c’est la chatte à ta mère”) mais en plus il s’engage en faveur de nos amis les bêtes (fuck ta fondation de merde, j’préfère sauver les animaux). 

L’engagement en faveur des démunis

Au-delà des mots, les rappeurs français s’engagent également sur le terrain, avec des initiatives très concrètes. On peut par exemple citer les différents membres de la Sexion d’Assaut, mobilisés pour différents pays africains : améliorer l’accès à l’eau potable, lutter contre Ebola, distribuer des fournitures scolaires ou des vêtements… Comme eux, Diam’s, Soprano, Gradur, et même Booba, Lacrim ou Stavo ont donné de leur personne pour des causes humanitaires. 

En France, l'initiative de Mac Tyer à Aubervilliers concernant la distribution de matériel scolaire est une belle réussite depuis plusieurs années. Sur le même principe, on peut citer Kery James, qui a créé une bourse pour pousser les plus démunis à poursuivre leurs études, ou encore les différents appels de rappeurs à faire des maraudes avec des associations pour porter des repas et du réconfort aux sans-abris : Fianso, RK (qui a offert un millier de repas), Lomepal ...