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Quel serait l'état du rap game si la crise sanitaire n'avait jamais eu lieu ?
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Drake - Capture d'écran clip "Hotline Bling"
Drake - Capture d'écran clip "Hotline Bling"

Quel serait l'état du rap game si la crise sanitaire n'avait jamais eu lieu ?

En cette période de déconfinement, une question farfelue se pose : si le coronavirus n'existait pas, le rap game serait-il tout à fait le même qu'actuellement ? Nos experts en probabilités (non) ont répondu à la question.

Si vous avez vu, ne serait-ce qu'un ou deux films/dessins animés/séries de science-fiction basés sur un retour dans le temps ou simplement plusieurs dimensions, vous connaissez le principe des mondes parallèles. En gros à partir du changement d'un événement en particulier, on a un enchaînement de conséquences façon dominos et on aboutit à des changements majeurs et durables. On a donc mis nos combinaisons et on est partis enquêter dans un monde parallèle où la crise actuelle n'a jamais existé. Comme vous allez le constater ci-dessous, les retombées sont incroyables.

Booba aurait à nouveau clashé Damso

Si vous suivez l'actualité du rappeur-producteur vous savez qu'il a réagi de façon très mature à la crise en décidant de mettre en place une web-émission diffusée sur son Instagram. Très sérieux, le programme visait à alerter le jeune public sur la situation et mettre en avant la prévention. L'artiste lui-même avait multiplié les messages qui allaient en ce sens. Ca l'a forcément pas mal occupé. Du coup, il n'a pas réagi au morceau de Damso qui selon les ratpis les plus à l'affut comportait des attaques qu'ils ont soupçonnées d'être dirigées vers leur idole : "Fuck ton cardio gros, si je te tabasse ça traînera pas longtemps » ou encore « beaucoup de moyens mais plus aucun talent, y'a que ton image qui vend". C'est plutôt positif comme effet collatéral. Bon par contre sans le coronavirus, Booba n'aurait jamais partagé une vidéo anti-vaccin, donc bon, ça relativise.

Tory Lanez serait toujours considéré comme un chanteur lambda

Dans le grand concours inconscient du "qui fera le meilleur live insta", Tory s'est placé très vite très haut en enchaînant des sessions incroyablement longues où les invités se succédaient, soit pour déconner avec lui soit pour faire du twerk, et parfois les deux en même temps. Jusqu'ici, Tory Lanez était un chanteur (et rappeur à ses heures perdues) qui revenait parfois dans l'actualité pour des embrouilles ou des déclarations étonnantes, comme le fameux "I'm the best rapper alive" (je suis le meilleur rappeur en vie) qui avait surtout suscité des moqueries au point qu'il était plus tard revenu sur ses dires en s'excusant. Sans la crise sanitaire, il aurait continué d'avoir un rythme de vie classique, et ce n'est pas avec sa petite routine qu'il aurait provoqué autant de buzz autour de lui.

Zek ne serait pas revenu maintenant

Zek (anciennement Zekwe, anciennement Kevin Ramos, liste non-exhaustive sinon ça prendrait bien trop de place) s'emmerdait apparemment pas mal pendant le confinement, du coup il s'est remis à tâter des machines et du micro. Le rappeur et beatmaker qu'on a connu il y a de nombreuses lunes via le label Neochrome s'était fait rare et ne sortait plus rien. L'ennui a fait le taf, et le voilà de retour. En revanche dans le monde parallèle où le covid n'existe pas, Zek ne se sent pas obligé de sampler des bruits de fourchettes ou de tondeuse, c'est donnant-donnant.

On n'aurait jamais su à quel point la baraque de Drake est grande

Ok c'est une information nulle à chier, mais ça compte quand même.

Les battles de producteurs et de rappeurs US seraient restés un fantasme de fans.

Magie d'instagram, le retour. Pour s'occuper, les stars du beatmaking américain se sont amusées à se lancer des défis les uns les autres et ça a donné l'idée à Swizz Beatz d'organiser des battles de manière plus ou régulière qui ont opposé des grands noms de la prod outre-atlantique. Au point qu'à présent ce sont les rappeurs qui s'y mettent. Eh bien dans un monde sans virus, la discussion "qui a les meilleurs hits entre Scott Storch et Mannie Fresh", "qui a le plus de tubes, Ludacris ou Nelly" ou encore la version puriste "qui est le plus fort entre RZA et DJ Premier" resteront pour toujours des énigmes. Et oui.

French Montana et Jim Jones seraient toujours en froid

Pour les amateurs des Dipset, le beef entre Jim Jones et French Montana, qui remonte à l'époque de Max B, est assez légendaire. Entre ego, business et conflits en tous genres, le clash était aussi drôle que violent. Ça remonte mais jamais ni l'un ni l'autre n'avait fait un pas vers son ancien rival. C'est seulement grâce à la magie des lives instagram à distance que les deux bonhommes ont officialisé la fin de leur embrouille en rigolant ensemble.

Le Astroboy Challenge n'aurait jamais existé

Dans une période comme la nôtre, il faut parfois trouver des moyens innovants et alternatifs pour pouvoir continuer de faire sa promo. Et les réseaux sociaux jouent une place prépondérante là-dedans. Du côté de Zola, ça a commencé par la mise en avant d'une story de Bilal Hassani qui s'amusait à reprendre en playback un passage suivant du morceau Astroboy: "Je roule et j'emballe, ma sista je la rends belle, mes pét***** je les rends bonnes, dans mon jogging des bonbonnes, dans mon Tommy Hilfiger, j'ai foutu quatre bonbonnes". Sauf qu'au moment du break, transformation ninja, Bilal qui était jusqu'alors en garçon arbore désormais perruque et maquillage. Et sur l'application TikTok, ça a fait fureur au point que de nombreux autres se sont prêtés au jeu. A savoir si c'est une bonne nouvelle pour Zola ou pas, c'est une autre question mais ce qui est sûr c'est que sans le Covid ce morceau n'aurait jamais eu un destin aussi incroyable.

On n'aurait jamais su à quel point les rappeurs US sont supérieurs aux stars de la pop

Si vous êtes un minimum attentif vous avez dû voir passer dans les news un gros titre qui, pour un fan de rap, sonne un peu bizarre : "Billie Eilish a écrit un morceau entier pendant son confinement". On pourrait croire à un raccourci putaclic, mais en lisant bien les détails de l'article on apprend qu'en plus, ils s'y sont mis à deux. Est-ce que les rappeurs américains qui tournent en moyenne à 3 sons par nuit et 7 projets par an vont le crier sur les toits comme si c'était un exploit ? Non. Productifs et humbles, merci à eux.

Koba LaD n'aurait jamais découvert le remède contre le virus

Lors d'une interview sur Planète Rap, Koba a lâché une des perles dont il a le secret : selon lui il a eu le coronavirus mais s'en est sorti en 24h grâce à un remède miracle. À savoir une cure de rhum et quelques vomissements. "Après c'était fini". Et ça c'est seulement dans notre monde à nous.

On n'aurait jamais su à quel point les rappeurs français sont supérieurs aux autres célébrités

Dans un élan de solidarité, le site Stars Solidaires a vu le jour. Il s'agit d'un principe simple : chaque star met en jeu un cadeau personnalisé et ensuite c'est le principe de la tombola. On pouvait acheter des tickets et suite à un tirage au sort détermine qui repart avec quels prix. Du coup on a eu droit à une avalanche de cadeaux cauchemardesques : le scénario d'Aladdin dédicacé par Kev Adams, le t-shirt Largo Winch dédicacé par Tomer Sisley, le prochain livre (pas encore écrit du coup) de Beigbeder qui vous sera dédié, un burger avec Vianney, un stylo de Guillaume Musso, on en passe et des bien pires. Et à côté de ça il y avait Booba qui offrait sa veste du concert au U Arena (exemplaire unique fait sur-mesure uniquement à cette occasion), Lacrim qui payait un voyage à Dubai pour deux personnes, sans parler de Jul qui a mis aux enchères toutes ses récompenses (disques d'or et de platine) bien avant l'initiative du site. Tout simplement.

James The Prophet n’aurait pas fait de télé

Le rappeur James The Prophet a pu faire parler de lui à grande échelle en prenant l’initiative de reverser les bénéfices de sa mixtape Bedroom Sessions à la fondation de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, qui rappelons-le, manque cruellement de moyens face à la pandémie pour cause de coupes budgétaires ordonnées par des vilains crétins. Du coup, il a été invité sur deux émissions et pas des moindres en termes d’audience : Quotidien et Tarata. Et ça, même avec le meilleur producteur/entourage/manager/réseau du monde, il aurait fallu attendre un peu plus longtemps pour que ça arrive dans notre réalité parallèle. Si le corona n’est pas là pour booster son actu, James serait resté encore quelques temps "mais si, le mec là, qui rappait super vite en anglais dans le Planète Rap de Georgio".

Les concerts à la maison seraient toujours vus comme un truc de "loser"

Forcément, le virus empêche de fait les rassemblements à grande échelle dans des lieux où on est tous collés les uns sur les autres, c’est logique. Du coup, plus de concert ou de showcase avant un moment. Les rappeurs ont aussi, pour certains, trouvé une alternative avec les lives en stream (youtube, insta ou autres). Concrètement ils sont dans un endroit clos mais diffusent leur performance à toute leur fanbase via leurs réseaux sociaux. Plutôt astucieux et sympa, alors que dans un monde sans covid, ce genre d’initiative est toujours réservé aux rappeurs confidentiels qui n’auraient de toute façon pas pu remplir une salle et encore moins faire de tournée. Tout est relatif.