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Quand les rappeurs français maltraitent leurs disques d’or, de platine et de diamant
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PNL : capture clip "On enverra Mowgli chercher médailles"
PNL : capture clip "On enverra Mowgli chercher médailles"

Quand les rappeurs français maltraitent leurs disques d’or, de platine et de diamant

Alors que les certifications pleuvent sur le rap français ces dernières années, certains artistes ont choisi de brûler, casser ou délaisser leurs disques d’or.

Ce vendredi, Hugo TSR publie un nouvel album, Une vie et quelques, ce qui constitue un vrai événement pour les fans du TSR Crew, un collectif plutôt discret médiatiquement. Le dernier album d’Hugo, publié en 2017, avait été récompensé par un disque d’or, une réussite commerciale inattendue qui préfigurait l’explosion du rap indépendant (Alpha Wann, Freeze Corleone, Laylow ...) et l’inversement des positions entre mainstream et scènes de niche. Quelques mois plus tard, il recevait une autre certification dorée, pour l’album Fenêtre sur rue, sorti huit ans plus tôt. 

Loin de considérer que ces disques de certification venaient couronner un travail de longue haleine, Hugo TSR a purement et simplement mis le feu à ces deux récompenses en ouverture du clip de Senseï, publié en novembre dernier.  

Hugo TSR n’est pas le premier rappeur à maltraiter un disque d’or : avant lui, nombreux sont ceux qui ont brûlé, jeté, oublié, vendu, abîmé ces récompenses. 

Les disques d’or / de platine au bûcher

Hugo TSR a donc montré son mépris pour les récompenses remises par le Snep en y mettant le feu. Avant lui, Blacko avait également brûlé un disque de platine, mais pour d’autres raisons : en ouverture du clip de Préviens-les, en 2015, il le fait pour marquer de façon symbolique la fin de son aventure avec Sniper. Le feu n’aura cependant pas raison du groupe puisqu’il sera re-formé quelques mois plus tard, avant une nouvelle séparation en 2019. 

Il existe de nombreuses raisons de brûler un disque d’or, et pas seulement pour des motifs symboliques : le groupe Columbine, par exemple, l’a fait pour tenir une promesse. En 2017, Lujipeka rappait ainsi sur le titre Rémi “l’disque d’or on l’fera fondre”. Chose promise : en 2018, le groupe met le feu au disque de certification de l’album Enfants Terribles. 

Ceux qui cassent leur disque d’or

Dans le clip de Souviens-to_i, en pleine célébration de leur disque d’or pour l’album _On s’Promet, Djadja et Dinaz tombent sur une patrouille de police de mauvaise humeur : récompense brisée à gros coups de rangers. Etant donné qu’il s’agit d’une mise en scène et de comédiens, on peut cependant imaginer que le disque d’or maltraité n’était qu’une copie. 

Parfois, briser un disque d’or peut avoir un sens symbolique : on se rappelle par exemple de Naps, qui l’a fait pour annoncer la fin sa carrière -avant de se rétracter deux jours plus tard. 

D’autres le font uniquement pour le fun : les Casseurs Flowteurs, dans la droite lignée de leur entreprise de démolition de CDs du clip de La mort du disque, ont également explosé leur disque d’or à coup de battes de baseball et de prises de catch. 

Ceux qui ont trop de certifications et ne savent plus quoi en faire.

Depuis l’ère du streaming, les récompenses remises par le Snep sont légion. On a ainsi beaucoup de mal à imaginer où des artistes comme Ninho ou Jul peuvent bien les conserver -même si ça permet à Jul de faire de jolies photos pour ses covers. Il y a quelques années, Booba avait fait couler beaucoup d’encre chez les médias rap en manque d’actualité musicale, en dévoilant l’endroit où ses disques d’or ou de platine étaient entreposés : chez sa mère, dans les toilettes. Plus récemment, le producteur Madizm, interrogé par Driver dans l’excellente émission Featuring, ne cachait pas que bon nombre de ses disques de certification prenaient l’humidité dans une cave. 

Preuve que ces récompenses, tout de même assez volumineuses, s’avèrent parfois plus encombrantes qu’utiles pour les artistes, un rappeur dont le nom n’a pas été révélé publiquement, a oublié la sienne dans une voiture Uber en 2018. 

Ceux qui vendent leurs certifications pour la bonne cause

Il y a quelques jours, c’était au tour de Damso de se débarrasser d’un disque de certification, celui de platine obtenu pour Batterie Faible -même si cette fois-ci, c’est pour la bonne cause : l’objectif est de participer à la recherche contre le cancer chez l'enfant, une action menée par l’association Kickcancer et la chanteuse Angèle. 

L’an dernier, c’est Jul qui mettait aux enchères tous ses disques d’or et de platine, au bénéfice des hôpitaux français. Une belle opération qui avait permis de lever plus de 200.000 euros. Orelsan avait lui aussi suivi l’exemple, offrant toutes ses certifications, y compris le diamant de La Fête est finie. 

Ceux qui envoient un singe récupérer la récompense

On enverra Mowgli chercher médailles”, rappait Ademo sur DA. PNL a tenu sa parole, puisque pour la remise du disque de diamant de l’album Dans La Légende, c’est bien un chimpanzé qui s’est chargé d’aller récupérer la récompense -généralement chez PNL, envoyer un singe apparaît comme une légère forme de mépris. 

Ceux qui sont fiers de leur disque d’or

Pour beaucoup d’artistes, le premier disque d’or représente un véritable accomplissement. C’est par exemple le cas de Big Flo et Oli, qui célèbrent leur réussite dans le titre Du disque d’or au disque dur (“j’suis disque d’or, mais j’dors encore chez mes parents”), avec un clip où ils sont ligotés à côté de leur récompense.  

La fierté d’un rappeur fraîchement certifié se manifeste bien souvent de la même manière : en ramenant son disque d’or dans son quartier. Un geste symbolique que Timal, PNL, Ninho, ont tous mis en images dans leurs clips. D’autres ont fêté ce graal comme une Coupe du Monde : c’est par exemple le cas de 4Keus, qui s’est payé un feu d’artifice. 

Dans un genre différent, Koba LaD rejoue la remise de son premier disque d’or en ouverture du clip d’ORgueilleux, une récompense visiblement utile puisque le rappeur conclut le morceau en affirmant “le disque d'or en un mois, pas besoin d'aller refourguer de la C. Une excellente raison de continuer à accumuler les récompenses.