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Pourquoi Jonathan Cohen doit se lancer dans le rap
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Orelsan et Jonathan Cohen - capture vidéo Fuckin Fred (Youtube)
Orelsan et Jonathan Cohen - capture vidéo Fuckin Fred (Youtube)

Pourquoi Jonathan Cohen doit se lancer dans le rap

L’apparition du personnage de Fuckin’ Fred au Bercy d’Orelsan a fait beaucoup de bruit. Et si Jonathan Cohen était le rappeur ultime ?

Les quatre concerts d’Orelsan la semaine dernière à Bercy ont été une source inépuisable d’actualité pour les médias rap, et de débat pour les internautes. Du potentiel album commun avec Vald aux costumes réalisés par Dior en passant par le t-shirt de Damso, absolument tout a été décrypté et analysé. L’une des infos qui a le plus retenu l’attention est la présence de Jonathan Cohen, d’abord dans le public, puis sur scène, où il a fait revivre son personnage de Fuckin’ Fred.

Né un peu par hasard au cours de l'Épilogue Tour en 2019, Fuckin’ Fred est un personnage fictif germano-brésilien. Son premier titre, poétiquement intitulé Suce ma bite, a malheureusement eu un destin contrarié : alors qu’il avait tout le potentiel pour devenir l’un des plus grands tubes de tous les temps, et même l’hymne de toute une génération, il n’a pas pu être clippé. La faute à la région Ile-de-France, qui a refusé que l’inscription “Enculez-le” soit inscrite sur les plus grands monuments de Paris le temps du tournage.

Une décision incompréhensible et franchement cruelle, qui a eu des conséquences terribles : deux ans plus tard, le monde a été frappé par une pandémie, Eric Zemmour est aux portes de l’Elysée, et la troisième guerre mondiale n’attend que son coup d’envoi. La réapparition du personnage à Bercy il y a quelques jours a changé la donne. Véritable rayon de soleil dans le ciel grisâtre d’une jeunesse française désabusée, ce come-back inattendu porte avec lui les germes de l’espoir.

Cette apparition sur scène de Jonathan Cohen n’est peut-être pas qu’un simple coup d’un soir. Le comédien a en effet déjà démontré à plusieurs reprises qu'il avait toutes les caractéristiques d'un bon rappeur.

C'est un excellent mytho, et donc un excellent rappeur

Qu'il s'agisse des quantités de drogue qu'ils ont entre les mains ou de la qualité de leur niveau de vie, les rappeurs ont parfois tendance à en rajouter un petit peu. Il y a par exemple ceux qui ont des armes de guerre dans le salon familial, ceux qui comptent plus de cadavres à leur actif que H.H.Holmes, ou encore ceux qui sont à la tête de réseaux internationaux connectant directement les grands cartels colombiens au 3ème étage de leur bâtiment. Savoir entrer à fond dans son rôle est indispensable dans ce genre de cas.

Avec son expérience de Serge le Mytho, un mec capable d’inventer absolument n’importe quoi en étant lui-même convaincu par ce qu’il raconte, nul doute que Jonathan Cohen serait parfait en rappeur français. Dans la peau d’un grand narcotrafiquant, dans celle d’un tueur au sang froid, ou pourquoi pas, dans le rôle d’un pur playboy, il serait aussi crédible qu’un autre.

Il est polyvalent, comme tout bon rappeur actuel

Après avoir réalisé le grand chelem agneau-poulet-porc-boeuf, Jonathan Cohen, par le biais de son personnage de Fuckin’ Fred, a également réussi son grand schelem sur scène : chanson + danse + cocktails + traduction en langage des signes (malgré un accent pas top). Parfaitement polyvalent, il fait preuve d’une capacité d’adaptation assez phénoménale. Une qualité essentielle pour un rappeur en 2022 : il faut pouvoir rapper, chanter, écrire des tubes, kicker, savoir divertir, mais aussi montrer son engagement, gérer ses réseaux sociaux, faire de la mélodie ...  Un véritable grand chelem artistique donc, ce qui ne devrait pas décourager un mec capable de préparer des cocktails sur scène devant 20.000 personnes.

Il aura de la concurrence en tant que rappeur-magicien

C’est l’un des grands défis de Fuckin’ Fred : véritable expert en langage des signes ou en création express de chanson, il a encore une grosse marge de progression en magie. Capable de faire disparaître un briquet ou même un paquet de clopes, il atteint ses limites face à des objets plus gros. Dans le monde du rap, il devra affronter de gros prestidigitateurs : Kaaris est Houdini et dispose de tours impressionnants (“une rose disparaît, un flingue apparait”), Booba est Garcimore avec un uzi. Avec son paquet de clopes et son briquet bic, Fuckin’ Fred fait donc pâle figure. Une bonne nouvelle pour lui, puisque cette concurrence va le pousser à sortir de sa zone de confort. Après tout, un artiste sans défis à relever, c’est un artiste sans motivation.

Il serait en plein dans la tendance

Héritier des grands lyricistes du rap français comme Kery James, Lino, Nessbeal ou Furax Barbarossa, Fuckin’ Fred est typiquement le genre de rappeur cité par les puristes défenseurs du “vrai rap et des valeurs hip-hop”. Ces dernières années, ce type de rappeur est revenu dans la lumière : on aime de nouveau les kickeurs, on se reprend à bouger la tête sur des couplets denses, à guetter les assonances, les allitérations, et les schémas de rime complexes. Dans ce contexte, le personnage inventé par Jonathan Cohen aurait parfaitement sa place, et pourrait s’imposer comme l’un des principaux concurrents à Alpha Wann, ZKR ou Djado Mado.

Les combinaisons rap-electro, c’est souvent cool

Des Princes de la Ville à Heuss l’Enfoiré en passant par La Caution ou Bouga, le mariage entre rap français et musiques électro (au sens large) a toujours très bien roulé. Fuckin’ Fred serait donc parfaitement dans son élément sur des prods entrainantes de Vladimir Cauchemar ou Ghost Killer Track. Son premier album serait parfaitement en phase avec le rap actuel : bpm rapide, 2step, on l’imagine même très bien surfer sur la vague DMV et réaliser un mariage improbable entre différents courants. Côté feat, le choix est large, il pourrait s’ambiancer avec Michel, Gambi, et pourquoi pas Kekra (spoiler : il ne sera pas chaud).

Il est bien entouré

Poser son tout premier morceau sur scène devant 20.000 personnes, avec Orelsan en sparring-partner, et une prod faite sur-mesure, ce n’est pas donné à tout le monde. La plupart des rappeurs débutent dans leur chambre ou dans leur hall, avec Casper en guise de soutien, aucun moyen d’enregistrement à disposition, et des type-beat sans âme récupérés sur Youtube.  Jonathan Cohen a donc déjà toutes les cartes en main pour se faire un nom dans le monde du rap, d’autant qu’il connaît déjà du beau monde par le biais de ses alter-égos : il a rencontré Joeystarr, a chanté avec Big Flo et Oli, s’est retrouvé face à Seth Gueko dans la première saison de La Flamme … Avec un tel entourage, nul doute que sa carrière de rappeur pourrait décoller rapidement, et qu’il pourrait reléguer Orelsan au rang de simple guest de sa propre semaine à Bercy.