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"Paname All Starz Challenge", quelle sera la suite ?
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Sniper - Aketo et Tunisiano (Instagram)
Sniper - Aketo et Tunisiano (Instagram)

"Paname All Starz Challenge", quelle sera la suite ?

La compétition autour du titre mythique de Sniper a été l’une des belles initiatives de ce confinement. Quels autres challenges s’offrent maintenant au rap français ?

Contraint de s’adapter au confinement ces dernières semaines, le rap français a bouleversé ses habitudes : multiplication des projets courts sortis sans promo (Rim’K, Roméo Elvis, Sopico), battles inspirés par la dynamique américaine (Sniper vs Fonky Family, Imhotep vs DJ Clyde), freestyles faits à la maison, etc. Parmi les nombreuses initiatives lancées pendant cette période, la plus suivie a été celle du Panam All Starz Challenge. Têtes d’affiches (Gims, Sadek, Médine), rappeurs moins médiatisés (La Hyène, Lacraps) voire même complètement confidentiels, tout le monde a joué le jeu, reprenant le concept du morceau original avec brio. 

Le début du déconfinement ne signifie malheureusement pas un retour immédiat à la normale, mais bien une période de transition pendant laquelle il faudra redoubler de prudence. La menace d’un nouveau confinement existe, et il faudra, dans ce cas, se réadapter aux contraintes de l’isolement. Le rap français pourrait donc se lancer dans de nouveaux challenges, en reprenant d’autres posse-cuts marquants ou en se laissant tenter par des concepts neufs. 

Le Code de la Rue Challenge

Un remix ambitieux qui symbolise les derniers coups d’éclats de la grande période du rap de rue de la deuxième moitié des années 2000. Le casting est alors d’un niveau assez spectaculaire, avec Seth Gueko et Despo Rutti dans leur meilleure forme, Dry et Ol Kainry toujours aussi propres techniquement, Alonzo en pleine transition, Black Barbie qui ne démérite pas, et Kennedy. Le concept de base du morceau, qui consiste à décliner une série de commandements en rapport avec la vie de rue (jamais laisser un pote en galère, envoyer des thunes à tous ses potes en calèche, ne confonds pas famille et business, ne pas niquer une amitié pour une histoire de fesses”, etc) serait idéal pour un challenge impliquant des rappeurs de la nouvelle ou de l’ancienne génération. 

Quels participants ? Idéal pour les rappeurs au profil street, on imagine aussi bien des jeunes artistes comme Diddi Trix ou Sifax que des anciens comme Shone et Escobar Macson. 

Le vainqueur : Soso Maness, qui raconte les rues marseillaises comme personne, ou Kalash Criminel, qui trouvera bien moyen de placer un écrasement de tête parmi les règles qui régissent la vie à Sevran. 

Les 11’30 et 16’30 challenges

Titres collectifs mythiques du rap français, 11’30 contre le racisme et 16’30 contre la censure n’ont pas le côté cour de récréation de "Panam All Starz" ou du Code de la Rue, mais revêtent une véritable dimension contestataire et défendent l’idée que les artistes ont tout intérêt à se liguer pour défendre les bonnes causes. A l’heure actuelle, deux possibilités existent pour voir revivre le concept : le lier directement à l’actualité du Covid 19, et axer la thématique sur le confinement, ou bien profiter de l’occasion pour saisir un autre problème de société comme les violences policières. Dans tous les cas, n’importe quel rappeur pourrait participer et livrer son couplet, afin d’aboutir à un titre collectif qui verrait sa durée prolongée chaque semaine en fonction du nombre de participants. 

Quels participants ? A priori plutôt des rappeurs capables de traiter directement un sujet de société (Demi-Portion, Davodka), mais aussi des profils plus contestataires (Kalash Criminel, encore), des anciens (Kery James) ou des rappeurs de la nouvelle génération qui ont déjà prouvé qu’ils savaient tenir un thème (Hatik). 

Le vainqueur : Pas de MVP ici car le but est de défendre une cause, et donc une victoire pour tous les défenseurs d’une certaine vision du rap. 

IV My People Challenge

Collectif majeur du rap français des années 2000, IV My People a réuni tour à tour des noms comme Kool Shen, Zoxea, Salif, Exs, Busta Flex, Jeff le Nerf, ou encore les producteurs Madizm et Sec.Undo. Quelques posse-cuts ont vu le jour, plutôt festifs comme J’aime ou axés égotrip comme Come-Back, mais le plus iconique reste le titre intituléIV My People, qui lance l’aventure du label en 1998. Du refrain de Lord Kossity aux grandes annonces de Kool Shen (on recréera la dream-team, mais en mieux), le titre est resté dans les mémoires, et serait idéal pour un challenge entre rappeurs à l’heure actuelle, d’autant que le beat a gardé ce petit grain de fin des années 90 tout en restant suffisamment actuel pour que des jeunes artistes s’y essayent. 

Quels participants ? Déjà, on aimerait revoir les anciens de IV MY People, y compris ceux qui n’étaient pas présents sur le morceau, et même si on n’a aucun espoir pour Salif et Exs. Ensuite, comme pour le Paname All Starz Challenge, tout rappeur ayant écouté au moins une fois IV My People dans sa vie voudra s’y essayer : Sadek, Médine, Lacraps, etc. 

Le vainqueur : Stavo, intouchable dès lors qu’il s’agit de poser des couplets cryptiques, et qui serait le digne successeur de Lord Kossity et Joeystarr sur ce morceau (pour rappel, le passage de Joeystarr est traduit comme ceci par Genius : “Represent, represent, yo [???] and Busta IV My People Kool Shen, Joey Re-Sta IV My People Kill-ko and K.O. IV My People Ey yo, 93 Connection Time, time for some action)

Grand Paris Confiné Challenge

L’un des derniers grands posse-cuts du rap français, réunissant des têtes d’affiche et faisant le lien entre les générations (entendre Lino et Ninho sur un même morceau, c’est beau). Son refrain (la banlieue influence Paname, Paname influence le monde) a notamment dépassé le cadre du morceau, et un peu plus de trois ans plus tard, on imagine bien une nouvelle version plus en phase avec l’actualité : la banlieue est confinée, Paname est confiné, le monde est confiné. Quoi qu’il en soit, Médine n’a pas l’air contre l’idée de donner une suite à ce morceau, même s’il est encore difficile de savoir s’il s’agit d’une idée lancée ou l’air, ou d’un projet concret. 

Quels participants ? A priori surtout des parisiens et des banlieusards, mais Médine est quand même havrais à la base, donc autant se faire plaisir et caler un casting 5 étoiles sans se poser de limites géographiques : Orelsan (Caen influence Paname), Sch (Aubagne influence Marseille ?) Damso (Bruxelles influence l’Union Européenne) ou même le Roi Heenok (la Rive-Sud influence le monde). 

Le vainqueur : Médine, qui arrivera à faire croire à nouveau qu’il est parisien.