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Nekfeu, Jok'Air... les meilleurs docus des rappeurs français (partie 2)
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Nekfeu - Les Etoiles Vagabondes (Netflix)
Nekfeu - Les Etoiles Vagabondes (Netflix)

Nekfeu, Jok'Air... les meilleurs docus des rappeurs français (partie 2)

Nouvelle moisson de documentaires centrés sur des artistes du rap français, ou des thématiques voire des lieux iconiques.

Suite et fin (en tout cas pour l'instant, on n'aura jamais assez de docus spécial rap francophones), de notre sélection de reportages et films qui mettent en lumière des pans entiers de la scène rap francophone, des plus grandes stars aux artistes plus undergrounds. Pour la première partie, c'est par ici.

Nekfeu – Les Etoiles Vagabondes

Le seul de la liste qui a connu le prestige d'une sortie en salles, ce qui n'est pas rien. Fidèle à lui-même, Nekfeu se présente dans un docu à la fois totalement autocentré et où un maximum de ses potes apparaissent et témoignent à l'image. A mi-chemin entre documentaire et auto-fiction, le film Les Etoiles Vagabondes a été conçu et pensé pour expliquer l'absence et le temps qu'a mis le rappeur pour revenir à la musique, tout en préparant ses fans à ce qui les attendait dans l'album dont la sortie suivait le long-métrage (rappelons que Nekfeu avait plus ou moins arrêté les interviews il y a quelques temps). Forcément, c'est quitte ou double : sa fanbase a été très touchée par le côté plongée dans la psyché et les affres de la création façon tempête sous un crâne de leur idole. Pour les autres qui y voient surtout une mise en scène qui en fait trop, il reste au moins le making-off d'un album qui prouve qu'on peut enregistrer des sons en mode débrouillard et finir certifié diamant du moment qu'on a aussi le budget pour faire le tour du monde en Airbnb.

Jok'Air - Jok'Inside et La Fièvre Le Film

Jok'Inside est plutôt classique, on y suit le chemin qui mène Jok'Air à la sortie de Jok'Rambo, son nouvel album en date à l'époque. Étant son premier long format solo, on découvre ses objectifs, l'artiste revient sur son enfance et adolescence, sa découverte de la musique, ses références, sa vision... Mais le documentaire se concentre aussi sur son équipe et sa garde rapprochée qui l'accompagne autant en studio qu'en concert, de Isma à Chich en passant bien sûr par le producteur et grand-frère Davidson.

La Fièvre le film, qui accompagne donc une réédition surprise du rappeur, est quant à lui plus chaotique, mais ça reste ce qu'on qualifie communément de bordel organisé. Comprenez par là que l'on n'est plus du tout dans une narration linéaire ou dans un « vrai » format documentaire mais plutôt dans un objet hybride : le narrateur est le youtubeur Seb La Frite qui donne ses impressions au fur et à mesure, des clips et des messages vidéos des rappeurs invités (de Hayce Lemsi à Juicy P, et on en passe) sur le projet sont intercalés tout au long de la vidéo, on a toujours droit à du making-off et des instants pris sur le vif mais le mot d'ordre est clair : ça reste la fièvre avant tout.

Le bâtiment 7

En voilà un qui dénote un peu du reste de la liste, à sa façon. L'équipe du site Street Press a eu du flair en montant tout un documentaire non pas sur un rappeur en particulier mais plutôt sur un lieu devenu quasiment iconique en un temps record, depuis à peine quelques années. Comme le titre l'indique, on parle ici du fameux bâtiment 7, l'incontournable « bat' 7 » d’Évry, revendiqué par toute une génération de jeunes rappeurs. Mais les caméras ne font que s'attarder sur les souvenirs et descriptions de Shotas, Koba LaD, Kodes ou encore Bolemvn, bien que l'on revienne sur leur succès. Le reportage met en avant un angle plus social voire historique niveau urbanisme, en interrogeant le maire d'Evry, mais surtout des habitants du quartier qui y ont grandi depuis leur plus tendre enfance. Et pour cause : comme la dalle du quartier Parc aux Lièvres, le bâtimentt 7 va être très bientôt détruit, et des familles entières relogées. Ainsi le film permet de prendre un peu de hauteur et revient sur la vie et la mort annoncée d'un quartier.

Lomepal – Regarde-moi

Sans doute inspiré par le projet de Nekfeu, Lomepal a mis à profit les dizaines (centaines?) d'heures de rush issues des sessions tournées sur le vif par un de ses potes, Tim Reinson, pour en tirer le documentaire Regarde-moi. Ici on revient concrètement sur l'avant et l'après succès ainsi que le Flip Skate Tour (tournée de concerts sauvages où le rappeur a pu rencontrer directement son public de ville en ville), l'élaboration de Jeannine, les tartines trempées dans du chocolat, tout ça jusqu'à la consécration à l’AccorHotels Arena.

Et pour ceux qui ne trouveraient pas ça assez attractif, c'est tout à fait normal mais consolez-vous, on voit aussi Lomepal se casser la gueule en skate à plusieurs reprises, sous différents angles, donc tout n'est pas perdu.

L'Uzine – Entre dans la secte

Un documentaire découpé en dix épisodes qui revient sur la genèse et l'évolution du groupe L'Uzine, pillier de l'underground et de la scène de Montreuil. Entre images d'archives et interviews réalisées à l'époque actuelle, on obtient une sorte de version filmée d'un album de photos de famille qui revient sur une certaine vision du rap. Entre dans la secte donne la parole à tous les membres du crew et toutes leurs versions se superposent en se complétant, pour amener le spectateur à les suivre virtuellement d'époque en époque jusqu'à la sortie de leur plus récent album Jusqu'à la vie en 2020. C'est donc près de 15 ans qui sont couverts par ce documentaire, entre nostalgie, vision du rap, anecdotes personnelles et moments de vie.

75e Session – La Famille du dojo

Certains ne s'en sont sans doute pas immédiatement rendu compte mais niveau collectif tentaculaire, la 75e Session se pose là. Quoi de plus logique quand on sait qu'en plus des membres du crew « de base » (Vesti, Sanka, Sheldon, M le Maudit, Limsa... liste loin d'être exhaustive) on a un grand nombre d'artistes confirmés, qui de proches en proches et de potes en potes ont été amenés à graviter autour de la 75e, de Doum's à Georgio en passant par une partie du Panama Bende, Sopico, sans oublier bien sûr le regretté Népal. Découpé en plusieurs parties qui correspondent aux différentes étapes dans la formation et l'évolution du collectif, le documentaire met aussi très bien en avant le fameux « Dojo », sorte de QG incontournable autour duquel tout s'organise. Il s'agit d'une grande maison où peu à peu la joyeuse bande s'est professionnalisée, au point qu'on peut à peu près tout faire sur place : poser et enregistrer des morceaux, bosser des beats, monter de la vidéo, mixer, masteriser... Le docu permet de manière plus symbolique de bien saisir l'esprit du crew, mélange de système D et d'entraide collective bienveillante.

Paris Hip Hop, 10 ans déjà

Mi-bilan, mi-œil dans le rétro, le documentaire Paris Hip Hop 10 ans déjà revient sur la décennie d'existence du festival Paris Hip Hop, à un moment crucial puisque les organisateurs Julien et Yannick n'étaient pas encore sûrs de pouvoir assurer la survie du festival, notamment à cause de divers obstacles administratifs et financiers (spoiler : il y a un happy end). A coup d'images d'archives (qui remontent désormais à plus de dix ans) et d'interviews, le film permet de se rendre compte à quel point deux activistes ont réussi à fédérer à la fois des événements dans toute l'Île de France, puis à l'échelle nationale, puis internationale. Avec évidemment un défilé de guests, de Youssoupha à Snoop Dogg en passant par Ekoué, Mobb Deep, La Fouine, La Sexion d'Assaut, Pusha-T, la crème de la danse hiphop et des graffeurs, bref on en passe et des meilleurs, le tout raconté par Kohndo en voix-off.

Détail important : Bruno Laforestrie fait partie des intervenants et il y a marqué « un film de Yérim Sar » au début, c'est donc bien évidemment le documentaire le plus intéressant de cette liste et de très loin.