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MC Solaar : "J'ai l'impression d'avoir semé une licence poétique"
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MC Solaar au Royaume-Uni (Photo de Sal Idriss/Redferns)
MC Solaar au Royaume-Uni (Photo de Sal Idriss/Redferns) ©Getty

MC Solaar : "J'ai l'impression d'avoir semé une licence poétique"

MC Solaar se livre sur le rap d'hier et d'aujourd'hui dans "Boomerang."

Le grand MC Solaar fait con comeback ce vendredi 25 juin avec ses trois premiers albums réédités et diffusés en streaming. Depuis 20 ans ils étaient introuvables ! Hier, il était l'invité spécial d'Augustin Trapenard dans Boomerang sur France Inter. Dans cette émission, on en apprend un peu plus sur l'artiste et sa vie intime.  

Le rappeur s’était éclipsé de la scène rap pendant de 10 ans après la naissance de son fils. Ses albums aussi ont disparu des magasins pendant plus de 20 ans ! Il explique à Augustin Trapenard pourquoi ses projets n’étaient plus disponibles à la vente depuis toutes ces années. La réponse :  "Mes trois premiers albums vont reparaître dans les mois à venir. Ils sont restés indisponibles pendant longtemps à cause de tensions avec ma maison de disques." Mais pour le plus grand bonheur des fans de old school, ils “ont remis les choses au clair” et les albums sont désormais dispos en streaming !  

Les débuts avec “Bouge de là” 

Pour cette occasion ce vendredi 25 juin, MC Solaar a aussi réédité son titre mythique Bouge de là sur YouTube et sur les plateformes de streaming. Il confie que “Bouge de là, c’était une très belle histoire. Le titre vient d’un jeu qu’il faisait avec ses potes à l’époque. Ils reprenaient une expression pour la rendre à la mode et lui a choisi “Bouge de là”. Ce morceau c’est l’histoire d’un mec qui déambule “sans Waze entre Barbes et Rennes" .  
A l’époque où Assassin et IAM dominaient, le jeune MC s’est rendu à Noisy-le-Sec pour son premier enregistrement. Ils avaient enregistré avec “une face B au hasard” et  “5 francs chacun” pour enregistrer trois chansons.  C’est ce jour là qu’il a rencontré le producteur derrière ses premiers projets :  Jimmy Jay. Ce single qui l’a propulsé vers la fame était à la base un titre underground et il est devenu populaire. 

“Certaines personnes me disent merci vieux”.

On ne peut pas parler de Solaar sans souligner l’influence du jazz dans ses musiques comme dans “Qui sème le Vent récolte le Tempo” et ses cuivres. L'invité d'Augustin Trapenard explique que le rap et le jazz sont liés par l’histoire. Ce sont des  “musiques rejetées”,  un terrain de “lutte et d’affirmation. Le MC explique la disparition de ce genre dans les instrus de rap actuel. Avec le jazz, le rappeur “est obligé de parler de chose censée, ont peut pas faire une accumulation de punchlines”.  
MC Solaar a influencé le rap français actuel, le rappeur ajoute même que “certaines personnes me disent merci vieux. Ses textes ont inspiré des artistes comme Youssoupha. Le pionnier du rap a "l'impression d'avoir semé une licence poétique : le droit à la poésie, à la revendication, à l'excentricité. Pour les #rappeurs, ça a créé un espace de liberté : ils peuvent faire ce qu'ils veulent, sans être dans le dogme du hiphop des années 90".
Le rap d’aujourd’hui ? “J’adore”. Il ajoute : “il est multiple, et surtout le genre le plus écouté. Le public a été extrêmement éduqué, et les jeunes arrivent aujourd'hui à reproduire des éléments techniques qui nous paraissaient très complexes à l'époque !" Dans cette émission on apprend que l'un des darons du rap français aime Jul : il te raconte quelque chose de festif et en même temps il te raconte quelque chose en tant que rappeur”. Celui qui "récolte le tempo" est toujours dans le vent niveau rap et la réédition de ses albums en streaming risque de lui apporter un public encore plus jeune.