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Le rap français fête les grands-mères
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Orelsan et sa grand-mère - capture clip "J'essaye" des Casseurs Flowters (Orelsan et Clément Corentin)
Orelsan et sa grand-mère - capture clip "J'essaye" des Casseurs Flowters (Orelsan et Clément Corentin)

Le rap français fête les grands-mères

C’est la fête des grands-mères, on revient donc sur les plus belles déclarations d’amour des rappeurs pour leurs mamies.

On célèbre ce dimanche 7 mars la fête des grands-mères. C’est l’occasion -pour celles et ceux qui ont encore la chance de pouvoir le faire- de témoigner de tout leur amour pour leur mamie, en évitant les embrassades car un sale virus circule ces temps-ci. Le rap s’étant énormément démocratisé ces dernières années, de nombreuses grands-mères sont devenues clientes de cette musique. Il est donc de moins en moins surprenant de croiser une soixantenaire en train de s’ambiancer sur du PNL ou du Hatik. 

La figure de la grand-mère dans le rap français est majoritairement liée à des insultes très gratuites (au hasard : Mister You, “on arrive cagoulé, nique sa grand mère le physio) ou des punchlines très salaces (au hasard : Bassirou, “Félicite nous si nos affaires prospèrent ou fais toi sucer par ta grand-mère l'édentée). Concentrons-nous cependant sur les belles déclarations d’amour aux mamies, certains rappeurs ayant entretenu des relations très fortes avec les leurs. 

Orelsan

Le rappeur normand a témoigné à plusieurs reprises de l’admiration qu’il éprouve pour ses grands-parents, insistant régulièrement avec humour sur les différences abyssales entre son mode de vie et le leur au même âge. C’est le thème principal du morceau Mes grands-parents, dans laquelle sa mamie est décrite comme une dame qui “fait toujours en sorte que tout le monde mange trois fois à sa faim” et qui peut “vivre six mois sans mettre le pied dans un magasin”, surtout parce qu’elle a connu la véritable misère à l’âge où le rappeur "goûtait son premier Mc Flurry Daim. Autre détail amusant : elle a le même téléphone que ton dealer, avec son numéro scotché dessus même si elle le connaît déjà par cœur. 

La vraie belle déclaration d’amour d’Orelsan à sa mamie se situe au cœur de la Bande Originale du film Comment c’est loin : un véritable featuring avec Jeannine Cotentin, sa grand-mère paternelle. La collaboration est loin d’être accessoire, puisque le morceau, franchement réussi, a même droit à son clip. 

Limsa d’Aulnay

Le rappeur dyonisien, longtemps aperçu au sein du collectif 75ème Session, fait de plus en plus parler de lui en solo : en 2020, les deux EP Logique part.1 et part.2 ont tous deux été encensés par la critique. Le contenu de ces projets se situe entre introspection et second degré, avec des textes dans lesquels la grand-mère de Limsa occupe une très belle place. On pense par exemple à cette déclaration d’amour franchement émouvante dans le titre 4 Décembre : 

La mère de ma mère, elle est presque parfaite car elle m'a tout appris, gros, sauf à vivre sans elle

Le rappeur ne s’arrête pas là puisqu’il insiste sur cette relation très forte avec sa grand-mère dans Seul Two, extrait du deuxième EP : 

Le rap, j'en ai plus rien à faire, ma grand-mère est plus toute jeune"

"Bientôt, j'aurais plus rien à perdre, quand j'étais bébé avec mon grand-père"

"C'est la seule qui m'a assumé mais c'est aussi la seule qui a su m'aimer"

"Donc j'vais continuer d'lui dire qu'c'est la plus belle dame avec des cheveux gris"

"Tant qu'son âme et ses deux yeux brillent, tu vois c'que j'veux dire

PLK

Limsa d’Aulnay n’est pas le seul à avoir été élevé par sa grand-mère. C’est aussi le cas de PLK, comme celui-ci le raconte dans le titre sobrement intitulé Mamie, extrait de l’album Enna : “j'ai pas grandi avec mes parents, divorce et c’est la guerre, personne ne s'arrange, Mamie m'a récupéré chez elle avant que tout parte en couille, elle m’a sauvé à temps. Une très belle relation s’installe entre le rappeur et sa sauveuse, même s’il lui fait subir ses comportements de jeune homme peu exemplaire. 

PLK doit beaucoup à sa grand-mère, une dame visiblement un peu rock’n roll puisqu’elle allait le chercher en peignoir au commissariat en pleine nuit et l’aidait à cacher le matériel pendant les perquisitions. 

Lomepal 

En fin d’année 2018, Lomepal publie son deuxième album, intitulé Jeannine, le prénom de sa grand-mère, une dame qui souffre longtemps de schizophrénie, comme il le racontait dans le podcast Tracké sur Deezer : “Elle pensait qu'elle était envoyée par Dieu pour sauver le monde. Elle voulait faire un avec les trois grandes religions et faisait un mix de leurs mots magiques”. Fasciné par elle, le rappeur lui dédie donc ce premier album, mais aussi sa réédition, qu’il baptise Amina. L’explication au sujet de ce titre est étonnante, mais très claire : “Jeannine, c'est le nom de ma grand-mère, et Amina, c'est celui qu'elle s'était choisi au moment où elle a changé de nom, au cours de ses voyages, pendant ses phases de schizophrénie” (source : Charts in France). 

Dinos

Plutôt que de nous raconter, tout au long d’un morceau, l’amour ou le respect qu’il éprouve pour sa mamie, Dinos a choisi de nous offrir un joli moment de vie, pour que l’on comprenne de façon très directe qui elle est et ce qu’elle représente pour lui. En outro du titre Au Revoir (Taciturne), il dévoile une discussion avec sa grand-mère, enregistrée à l’insu de celle-ci. L’occasion de l’entendre distiller quelques beaux conseils sur les relations de couple (il faut que tu sois fidèle''), le métier de chanteur (tu ne vas pas chanter jusqu’à cinquante ans), ou la vie en général (qui va doucement, va sûrement). 

Georgio

Les hommages de rappeurs à leurs grands-mères sont plutôt émouvants, parfois drôles. Celui de Georgio est particulièrement triste, puisqu’il raconte dans La Celle Saint-Cloud sa relation conflictuelle avec la mère de sa mère, et les regrets qu’il éprouve à ce sujet. Adolescent un brin turbulent, le rappeur a été pris en charge pendant une période par sa mamie, un rôle ingrat et difficile pour elle : 

Tu t’es retrouvée, à 70 ans dans le rôle d’une mère

Je t’en ai fait voir de toutes les couleurs