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Laylow, Niro, MHD… un vendredi 16 juillet de folie !
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Laylow - capture court métrage + Niro -photo promo (DR)
Laylow - capture court métrage + Niro -photo promo (DR)

Laylow, Niro, MHD… un vendredi 16 juillet de folie !

Grosse journée de sorties ce vendredi 16 juillet dans le rap français.

Historiquement, les mois de juillet-août sont peu propices aux sorties d’albums, qu’il s’agisse de rap français en particulier, ou de musique en général. Quelques blockbusters estivaux parviennent de temps en temps à tirer leur épingle du jeu, mais les têtes d’affiche ont plutôt tendance à éviter cette période. Certains anticipent et sortent en mai-juin en espérant rythmer l’été des auditeurs, d’autres attendent tranquillement la rentrée pour profiter de l’effervescence du mois de septembre. Cette année ne déroge pas à la règle : depuis le début du mois de juillet, les sorties de projets sont principalement le fait d’artistes en développement, ou peu médiatisés, malgré quelques gros noms comme RK, Alkpote ou Bolemvn. 

Ce vendredi 16 juillet est donc une exception assez folle au cours d’un été qui, dans le monde du rap, ressemble beaucoup aux précédents. Qu’il s’agisse d’un hasard du calendrier, ou que la date ait semblé propice aux artistes et à leurs équipes, on se retrouve avec un nombre impressionnant de sorties aujourd’hui, d’autant qu’il s’agit de rappeurs particulièrement exposés. 

Niro - "Sale môme édition finale"  

Le projet Sale Môme, démarré en février, devait se composer de 9 EP différents, publiés à un rythme mensuel. Un concept original, à l’image des nombreuses stratégies marketing expérimentées par Niro depuis le début de sa carrière. Finalement, le rappeur de Blois n’aura délivré que deux volumes, “pour des raisons personnelles” sur lesquelles il ne s’est pas épanché.  “__Donc je vous dois un album entier pour être en règle avec vous. Une parole c’est une parole, je sortirais l’équivalent de 12 EP sur un an”, a annoncé Niro sur ses réseaux sociaux. 

L’édition finale de Sale Môme, publiée aujourd’hui, contient finalement 44 titres, regroupant l’album Sale Môme sorti l’an dernier, les deux premiers EP, et donc 14 inédits. A la toute fin du quatorzième inédit, A jamais, Niro revient sur cette stratégie d'hyperproductivité, s’avouant fatigué et désireux de faire une pause artistique. 

MHD - "Mansa"  

Ces 3 dernières années, la vie de MHD a été totalement bouleversée par cette affaire dramatique d’homicide volontaire. Toujours en attente de son procès, il est resté écroué 18 mois entre janvier 2019 et juillet 2020 et continue à clamer son innocence. Libéré sous contrôle judiciaire à l’expiration de son mandat de dépôt, il a pu se concentrer sur la musique depuis, et livre aujourd’hui son premier album depuis 2018. 

Sur Mansa, MHD revient évidemment sur ses erreurs de parcours (j’devais remplir mon Bercy, pardon maman j’ai tout gâché), sur sa détention (j’ai pris conscience que la liberté ça coûte cher) mais aussi sur ses réussites (j’suis le premier rappeur français à faire Coachella), se livrant complètement sur le titre 9 minutes (j’écris avec les larmes aux yeux). 

Klem Schen - "Larmes"  

Difficile de résumer l’univers de Klem Schen autrement qu’en évoquant le champ lexical de la dépression. Sixième projet du rappeur, Larmes poursuit son exploration des sentiments humains. Très introspectif, pas franchement joyeux, ce projet de 14 titres est l’antithèse d’un album estival -en clair, il est Idéal pour broyer du noir sur la plage ou noyer son chagrin dans les cocktails au bord de la piscine. Particulièrement bien réalisé, Larmes met à nouveau à l’honneur les qualités lyricales de Klem, dont l’écriture sans filtre s’avère extrêmement touchante. Sans aucun doute l’un des meilleurs projets du mois de juillet. 

Cinco - "Preach Drill"   

Après une pause de presque deux ans, assez inhabituelle chez un rappeur qui s’était montré très productif depuis ses débuts, Cinco est de retour avec un format court d’une vingtaine de minutes, sous forme de EP 8 titres. Orienté drill, il revient notamment sur son parcours dans le titre Personnellement, dédicaçant son compère HonchoDidah, qui “fait de la drill depuis 2016”. 

F430 - "Guapo World & Lazer - Zéro Pression" 

F430 avait conquis la critique en 2019 avec Thank You God, un projet qui mettait notamment en lumière la filiation du groupe avec leurs grands-frères des Tarterêts (j’ai repris les clients d’Adé”). Après Street Quality la même année, le duo revient aujourd’hui avec Guapo World, qui se situe à nouveau à la frontière entre rap vaporeux et chant. 

Jet et Sensei reviennent sur leur début de carrière (3 ans déjà qu'j'vous envoie des flows de nulle part / Aucune certification mais ça m'gêne pas), s’ouvrent à des featurings, notamment internationaux (YC Lopez, Johnny Maycash, Miami Yacine), et racontent l’évolution de leur rapport à la rue, entre enracinement sur le bitume et velléités d’envol, la musique leur ayant ouvert des portes et fait voyager. 

Toujours du côté des Tarterêts, Lazer de la MMZ balance son premier projet en solo, Sans Pression, un EP 5 titres sans grande prétention, qui permet de prolonger le plaisir pour ceux qui ont apprécié ses projets avec Moha -et ils sont nombreux, les deux premiers albums du groupe étant certifiés or. 

Laylow - "L’étrange histoire de Monsieur Anderson"  

Après le gros succès de Trinity, disque d’or malgré son aspect très conceptuel, Laylow a gagné en visibilité et conforté sa position -au point de signer un partenariat avec Nike. L’ambition artistique très poussée de ce premier album se retrouve sur L’étrange histoire de Monsieur Anderson, un projet qui s’éloigne de l’univers digital pour prendre place dans un décor burtonien. Monsieur Anderson 

Cet album scénarisé de bout en bout, et à écouter dans l’ordre de la tracklist, a d’ores et déjà convaincu les auditeurs de Laylow. Ceux-ci apprécient particulièrement qu’un rappeur désormais médiatisé comme lui continue à sortir des sentiers battus et à explorer des concepts, plutôt que de revenir à un rap plus accessible et potentiellement plus populaire. 

Chicaille Argenté - "La famille ou rien"  

Enième rappeur du Bat.7 d’Evry, une ville qui compte plus de rappeurs que d’habitants, Chicaille Argenté sort déjà son deuxième projet, alors qu’il n’a pas encore 16 ans. On s’étonne d’ailleurs de certains titres particulièrement matures, à l’image de Bonne heure, un morceau sentimental dans lequel le rappeur se livre sur ses sentiments et semble bien plus posé que la majorité des rappeurs trentenaires. 

Bekar - "Mira"  

L’artiste roubaisien Bekar avait été l’une des belles surprises de l’année 2019 avec Boréal, son premier projet. L’année 2020 a été celle de la confirmation, avec un deuxième projet, Briques Rouges, tout aussi réussi, et une signature chez Panenka Music. De plus en plus exposé, le rappeur a évolué par petites touches, explorant de nouvelles sonorités tout en conservant ses bases : beaucoup de fond, une plume précise, et une bonne dose d’introspection. 

Mira est donc un nouveau pas en avant pour Bekar. On retient particulièrement les titres Opinel, un morceau nerveux et énergique, Mon coeur et ma tête, titre très personnel dont le clip vient d’être dévoilé, ou encore Fenêtre sur Mer, un titre plus léger sur la forme, avec un bpm rapide, un refrain entêtant une excellente utilisation des effets de voix. 

Niaks - "Commission rogatoire"   

Venu de Mantes la Jolie, Niaks dévoile aujourd’hui son tout premier projet. Dans la grande tradition des rappeurs de sa ville comme Expression Direkt, l’univers de Niaks est orienté street, avec un bel équilibre entre les codes de la vieille école et une production plus moderne, notamment une maîtrise très naturelle des sonorités drill. Entre économie souterraine et problématiques plus personnelles, il se livre tout au long des 14 titres de Commission rogatoire, avec des références qui font franchement plaisir (Heat dans le titre Waingro) et une certaine propension à l’introspection (Dounia)

So La Lune - "Apollo 11"  

Une autre belle révélation de l’année 2020 : So La Lune a surpris l’an dernier avec Tsuki, un premier projet inspiré et plutôt personnel, dans lequel on découvrait son style atypique, avec sa voix pincée. Depuis mars, il nourrit son actualité avec un nouvel EP par mois, suivant un concept  particulièrement intéressant : chaque projet fait référence à l’espace, que ce soit par son titre (Théia, Satellite Naturel, Orbite, Apollon 11) ou par son visuel. 

Ce vendredi 16 juillet, il livre donc Apollo 11, qui prolonge l’exploration de cet univers artistique en pleine expansion, entre chant et rap. Un titre comme Keh Lanta constitue une bonne carte de visite pour So La Lune : son flow change quasiment toutes les huit mesures, le rythme du morceau est tantôt énergique, tantôt planant. Bonne nouvelle, on retrouve également le très productif Aketo sur un featuring intitulé Tsukito. 

Key Largo - "Inséparables"  

Particulièrement productif, le duo Key Largo enchaîne son 5ème projet en 3 ans. Inséparables constitue peut-être l’album le plus ambitieux du groupe, à en juger par la tracklist, sur laquelle apparaissent des gros noms comme Mister V, Kaza ou Josman. Pour les fans de MNKS et Digba, pas vraiment de surprises en termes de contenu : un rap toujours aussi énergique, avec beaucoup de second degré, et peu de sentiments. Même un titre comme “Bébé” n’a rien d’une balade amoureuse, puisqu’il traite en fait d’armes à feu, de stupéfiants, et de bagarre.