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Lacoste, Booba, Nelson Mandela... 10 anecdotes incroyables tirées du bouquin de Calbo
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Ärsenik - (photo : DR)
Ärsenik - (photo : DR)

Lacoste, Booba, Nelson Mandela... 10 anecdotes incroyables tirées du bouquin de Calbo

Après la sortie de l'autobiographie intitulée "Quelques gouttes de plus" le 2 novembre, c'est l'occasion de découvre 10 anecdotes incroyables issues du livre de Calbo.

Calbo a fait les belles heures du rap français avec son groupe Ärsenik et sa participation à l’aventure Bisso na Bisso. Après une grosse vingtaine d’années de carrière, le rappeur a souhaité tirer le bilan et raconter son histoire dans une autobiographie intitulée Quelques gouttes de plus, parue chez Mindset le 2 novembre. C’est l’occasion de se replonger dans les mémoires du Secteur Ä, de mieux comprendre certains des moments-clés de la carrière d’Ärsenik, mais aussi et surtout de découvrir bon nombre d’anecdotes inédites ou méconnues. Concert en Hongrie, feats avec Booba, relation avec Lacoste, origine du “tch tch” : on vous raconte tout (enfin, pas vraiment tout, sinon vous n’irez pas lire le bouquin).

Son premier crew s’appelait Presse bien mes couilles

Le récit de Calbo se déroule dans l’ordre chronologique, de sa jeunesse dans les quartiers de Villiers-le-bel à ses dernières activités en date, notamment l’animation d’ateliers d’écriture en prison. La première équipe du rappeur s’appelle PMBC : une vingtaine de jeunes, dont la moitié est issue de la Ciseraie. Dans un premier temps, les initiales PMBC sont censées représenter les Power Brothers MC, un nom qui ne veut pas dire grand chose mais va rapidement laisser place à une autre signification : les Plus Beaux Mecs du Continent.

Calbo avoue que le “fort taux de mecs moches dans l’équipe” décourage finalement tout le monde. Une dernière proposition prend le dessus et s’impose définitivement : le gang s’appellera Presse Bien Mes Couilles.

Le premier concert d’Ärsenik s’est tenu en Hongrie

L’histoire est rocambolesque, et Calbo lui-même semble incapable de l’expliquer sans empiler des associations d’idées improbables façon Kamoulox : “un jour, un Indien nommé Miguel qui bossait au centre culturel du Puits a proposé un voyage en Hongrie pour les jeunes”. Pourquoi la Hongrie ? Miguel est-il un prénom répandu chez les Indiens ? Miguel était-il indien d’Inde, ou un améridien ?  Qu’est ce qui a poussé le public hongrois à se déplacer pour écouter un groupe de rap français amateur ? Personne n’a vraiment les réponses à toutes ces questions.

Calbo et Lino doivent leur carrière à leur maman

On est en 1995, Calbo et Lino sont deux adolescents à la tête dure, élevés par une maman qui doit gérer seule une très grande famille. Les deux frangins sont déjà dans le rap, mais le pratiquent en dilettante et sans grandes ambitions. Une scène assez étonnante se déroule alors dans leur chambre : “elle a ouvert une énième fois la porte de notre chambre pendant qu’on faisait du boucan. Aussitôt, on a éteint la musique pensant qu’elle allait nous casser le cerveau et nous crier dessus son refrain du moment : « Allez chercher du travail ! » Mais, surprise : son visage semblait très calme. Sur un ton déterminé, elle a annoncé : « Si vous voulez faire du rap, faites-le sérieusement, comme un travail. »

Lino et Calbo ne se font pas prier, et finissent donc par se consacrer pleinement à la musique. Appuyés par Desh, l’un des rares beatmakers de l’époque, ils enregistrent peu de temps après leur premier morceau en studio, alors qu’ils n’ont même pas encore choisi le nom “Ärsenïk”.

Il n’existe pas de “troisième membre d’Ärsenik”

Il s’agit d’une question qui a longtemps fait couler de l’encre chez les magazines spécialisés ou sur les forums consacrés au rap : TNT est-il un membre-fantôme d’Ärsenik, ou non ? Calbo profite de cette autobiographie pour livrer sa vision des choses, et il n’y va pas avec le dos de la cuillère : selon lui, TNT n’aurait jamais écrit un seul de ses couplets ; n’était “qu’un interprète”, n’était “jamais là aux séances d’écriture, jamais là pendant les réflexions sur le concept et les thèmes”, et se comportait comme “la reine du bal”. Le cousin de Calbo et Lino aura certainement une version différente, mais au moins, une chose est claire : il ne faut pas le comptabiliser parmi les membres d’Ärsenik.

La relation avec Booba

Calbo et Booba ont croisé plusieurs fois le micro : le feat Arsenik-Lunatic sur la compil Sang d’Encre en 1999, son remix Fusion sur le Black Album de Lunatic en 2006, l’excellent Première Catégorie sur le premier album solo de Lino en 2005. Concernant l’enregistrement du premier, Calbo raconte une rencontre “entre le feu et la glace” et “un très beau moment” autour d’un trio chips-coca-8.6. Par la suite, Calbo évoque Booba comme l’un des rappeurs les plus professionnels qu’il ait côtoyé. C’est par exemple le cas en 2007, quand Calbo, pour rendre service à un ami, lui demande de jouer dans une petite boite messine pour une somme bien inférieure à ses tarifs habituels : non seulement l’auteur de Ouest Side accepte, mais il arrive en avance sur l’heure prévue, précédant ses propres équipes, et joue ensuite le jeu des photos et autographes.

Lacoste n’a jamais sponsorisé Ärsenik

Une autre question qui est régulièrement revenue aux oreilles de Calbo, et à laquelle il répond une bonne fois pour toutes : la marque de René Lacoste n’a jamais souhaité collaborer directement avec le groupe de rap. Malgré tout, les deux frères étaient “reconnus et reçus comme des rois dans tous les magasins et les licenciés” de la marque. Calbo raconte par exemple la fois où un employé d’une boutique a failli être licencié parce qu’il ne l’avait pas reconnu, et l’avait donc mal reçu.

Calbo raconte également la fameuse photo avec le crocodile tenu en laisse, une image mythique qui n’a pourtant pas été simple à obtenir : l’animal était plutôt agressif pendant la séance, et les deux frères ne faisaient pas vraiment les fiers.

Le “tch tch” vient de Michaël Jackson

C’est l’un des gimmicks les plus marquants de l’histoire du rap français, un son assez court qui permet d’identifier instantanément Ärsenik. Présent dès le tout premier morceau officiel du groupe, le “tch tch” est une véritable marque de fabrique, un peu comme le signe Jul aujourd’hui, ou le “back to the future” de Therapy. Selon Calbo, ce gimmick proviendrait donc du King of Pop : Lino l’aurait entendu dans l’un de ses morceaux, même s’il ne précise pas lequel.

Ärsenik a failli assister à la disparition d’IAM

La scène se déroule à Londres pour le tournage du clip L’Art de la Guerre, un morceau extrait de la compilation Première Classe et réunissant Pit Baccardi, Calbo, Lino, et Akhenaton -plus Shurik’n, qui ne pose pas mais apparaît dans le clip. Les trois premiers prennent l’Eurostar accompagnés d’une équipe de quinze lascars (dont MC Jean Gab1 ou les Neg’Marrons) qui transforment le voyage en grande récréation ; les marseillais, eux, prennent un vol le lendemain. L’arrivée est chaotique : une rafale de vent déporte l’avion, qui rebondit sur le train d’atterrissage. Akhenaton raconte le cauchemar à Calbo et son équipe : Un moment, je me suis quand même dit : “merde si l’aile se pète et bousille le réservoir ou le réacteur, ça peut partir en flammes tout ça !” Pourtant, pendant toute l’action de folie et le bordel, Joe (ndlr : Shurik’n) et moi, on était morts de rire. Un truc de fou. C’est là maintenant, avec vous, qu’on réalise après coup qu’on aurait pu y rester.

La rencontre avec Nelson Mandela

En parallèle des albums d’Ärsenik, Calbo et Lino se lancent dans l’aventure Bisso na Bisso. Ce groupe précurseur des hybridations entre musique afro et rap français va avoir un succès bien supérieur aux attentes initiales, aussi bien en France qu’à l’étranger. En 1999, l’album Racines est même nominé aux Kora Awards -même principe que les Victoires de la Musique, mais pour tout le continent africain. La cérémonie se déroule en Afrique du Sud : Calbo y croise Michael Jackson, qui se balade dans un centre commercial “avec pour seule protection deux gardes du corps” -ce qui contraste avec l’ambiance décrite quelques lignes plus tôt à l’arrivée du groupe dans le pays (“On nous remet une petite carte sur laquelle on peut lire : « Ne laissez pas vos chaînes et bijoux apparents. »”). Au-delà des récompenses (meilleur groupe, meilleur arrangement, meilleur clip), Calbo retient surtout cet instant où il a ou serre la main de Nelson Mandela dans les loges -ce qui le fera arriver en retard sur scène et lui vaudra la colère de ses collègues, mais ce n’est qu’un détail.

Le feat avec RZA

En 2002, Ärsenik publie son deuxième album, Quelque chose a survécu. Le premier single, Shaolin/6ème Chaudron, est un featuring prestigieux : Kenzy s’est débrouillé pour dégoter RZA, l’un des leaders du Wu-Tang Clan. La séance de studio est révélatrice de l’impression ambivalente que laissent parfois les artistes américains à leurs homologues français : RZA arrive au beau milieu de la nuit avec trois heures de retard et s’enfile une bouteille de whisky avant d’entrer en cabine. Malgré tout, Calbo ne lui en tient pas rigueur : il apprécie que l’américain accepte de poser sur une prod de Djimi Finger, qu’il fasse couplet + refrain alors que personne ne lui en a demandé autant, ou encore qu’il s’évertue à placer des mots en français dans son texte et à s/o la secte Abdulaï (“you can't fuck with Secteur A”).

Histoire de bien terminer le travail, RZA met aussi les mains dans le mixage du morceau (“il pousse l’ingénieur du son de la grande SSL -table de mixage-, et commence lui-même à retoucher, replacer, mettre les effets dans sa voix“). Finalement, Calbo n’en retient que du bon : “pour moi c’est le plus beau feat qu’on ait enregistré à ce jour. Une très grande leçon de vie aussi : « J’arrive en retard, OK ! Mais pas le temps de blablater : écrire, poser, mixer et ciao. »