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La playlist Gilets Jaunes avec Kaaris, Seth Gueko, Sofiane, Salif...
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Sofiane - capture clip "Toka"
Sofiane - capture clip "Toka"

La playlist Gilets Jaunes avec Kaaris, Seth Gueko, Sofiane, Salif...

Alors qu’il semble que le mouvement arrive à sa fin, il était temps de faire le bilan. Sous la forme d’une playlist de rap français, forcément.

Les Gilets Jaunes font parler d’eux depuis près de 9 mois. Selon les observateurs, le mouvement toucherait à présent à sa fin mais serait à l’origine de nombreuses conséquences économiques à venir. Par sa durée et sa couverture médiatique mais aussi celle des réseaux sociaux, le phénomène s’est solidement ancré dans l’imaginaire et le quotidien du pays, au point qu’on trouve même du cannabis floqué gilet jaune, et ça c’est une vraie consécration. Alors qu’on arrive apparemment sur la fin, on se permet de se fendre d’une petite playlist pas piquée des hannetons.

Et puis l’avantage c’est qu’avec du rap, ça éloigne direct la partie extrême-droite du mouvement : ainsi, vous pouvez joindre l’utile à l’agréable.

Kopp Johnson – Gilet Jaune

LE tube issu du cerveau d’un petit gars qui a su capitaliser sur le mouvement au bon moment. L’outsider Kopp Johnson a été le plus vif puisqu’il a envoyé dès novembre 2018 son morceau, puis son clip dans la foulée. Très dansant, il totalise actuellement plus de 23,5 millions de vues. Bravo à lui.

Djamal - J'accuse

Autre artiste qui y est allé plutôt franco, Djamal a été très inspiré par les violences policières commises lors des manifestations depuis le début du mouvement. Le morceau est évidemment illustré par des images assez dures de la répression en action qui vient illustrer ses paroles. Le rappeur en avait d’ailleurs profité pour relayer la pétition pour un moratoire sur l’utilisation de certaines armes dites « non-létales » (le LBD40, les dérivés du flash-ball, en gros) qui causent pourtant de très gros dégâts sur leurs cibles.

D.ACE - Tensions Sociales ( Freestyle gilet jaune )

D.Ace, lui, a mis les petits plats dans les grands avec une petite mise en scène où il interprète à la fois un partisan du mouvement et un représentant du pouvoir, ou en tout cas un mec qui a un costar. Chacun des couplets représente un personnage qui aligne ses arguments, pour reproduire une sorte de débat. Moins connu que le tube de Kopp Johnson, le clip a malgré tout eu son petit succès et a réuni plus de 8 millions de vues.

D1ST1 – Gilets Jaunes

Ici le MC est allé encore plus loin et n’a pas hésité à tourner la vidéo de son clip au beau milieu de certains rassemblements de gilets jaunes. Le message envoyé est sans équivoque, tout à fait en accord avec le texte qui détaille certaines revendications et autres dénonciations qui coïncident avec le point de vue du rappeur et celui de certains activistes du mouvement.

Kalash Criminel – Freestyle Gilets Jaunes

Lors d’un de ses passages à Planète Rap, Kalash Criminel s’était fendu d’un freestyle sobrement appelé « freestyle gilets jaunes ». Vêtu d’un gilet jaune par-dessus sa tenue ordinaire, le rappeur de Sevran a enchaîné les name-droppings d’hommes politiques qu’il ne porte pas dans son coeur : Sarkozy, DSK, Macron, etc. Sans surprise le freestyle a été dégagé de la version vidéo de l’émission mais subsiste ici et là en version audio. Kalash est cependant resté fidèle à son style habituel, comme le prouve son refrain « j’enfile mon gilet pare-balles, après mon gilet jaune ». Tout simplement.

Kaaris - Octogone

Il s’agit comme souvent avec Kaaris d’un gros egotrip mais la phrase « je ne serai jamais une icône, je viens d’en bas comme un gilet jaune » ressort pas mal, c’est dur de passer à côté. D’autant que c’est cette rime qui lui permet de faire la transition vers les attaques frontales envers Booba. Et ça c’est quand même la preuve ultime que ce mouvement n’aura pas servi à rien, malgré les apparences.

Kaaris - mur "Tchoin"

Le « rap des gilets jaunes »

Lors du débat autour des gilets jaunes et de leurs revendications dans l’émission La Grande Explication, alors que personne n’avait rien demandé, trois gilets jaunes ont livré un rap assez… enfin disons que c’est l’intention qui compte quoi.

En revanche on ne peut malheureusement pas inclure le chant des gilets jaunes de Montpellier dans la sélection. Pour rappel, en soutien à l’un des leurs, pendant son procès, une trentaine d’entre eux avaient chanté : « la capitaine, pan, pan, pan… Elle est où la capitaine ? Pan, pan, pan… Un flic suicidé est un flic à moitié pardonné », en référence au suicide d’un membre des forces de l’ordre. Alors certes ce n’est pas du tout du rap, mais franchement ça pourrait : refrain accrocheur, punchlines, c’est plutôt encourageant.

Passons donc aux recommandations qui ne sont pas connectées aux gilets jaunes mais qui illustrent pourtant parfaitement tous ces longs mois de manifs.

Salif et Exs – Tous ensemble

Dans ce classique qui n’a malheureusement jamais été clippé à l’époque, Salif et son collègue Exs (avec lequel il formait le groupe Nysay) se lâchent totalement et imaginent un story-telling énervé où chacun décrit une sorte de petite révolution en marche : la population débarque en masse dans les rues, partout dans le pays, et renverse le pouvoir avec un enthousiasme qui force l’admiration. Le refrain reprend évidemment en partie le slogan « tous ensemble, tous ensemble ouais,, ouais » en l’adaptant à sa sauce.

Sofiane – Toka

Le morceau n’a strictement rien à voir avec quoi que ce soit d’approchant puisqu’il a été écrit avant le début du mouvement, mais Toka n’en reste pas moins un incontournable de la liste puisque Sofiane a joué les précurseurs en bloquant l’autoroute pour y tourner son clip (et y boire tranquillement son café, il faut le noter). Visionnaire.

Kalash Criminel – Cougar Gang

Un peu pareil que le Toka de Fianso, ce morceau n’a à la base pas de lien avec quelque chose qui pourrait se rapprocher de l’ambiance ou du mouvement gilets jaunes. En tout cas, c’est ce que tout le monde penserait au premier abord. Sauf que l’enchaînement répété jusqu’à plus soif « je suis bon qu’à niquer des mères, bon qu’à niquer des mères, cougar gang, je baise que des mères comme Macron » fait écho à certaines pancartes de très bon goût brandies ici et là lors des manifs, comme le culte « Macron, baise ta vieille, pas les Français ».

LIM – Moi aussi j’veux baiser la putain de la république

Il est toujours frustrant pour de nombreux gilets jaunes de voir des responsables du gouvernement leur donner des leçons d’austérité tout en affichant un train de vie à des années-lumière du leur en terme de luxe et autres joyeusetés. Tout comme il était frustrant pour LIM d’assister, impuissant, au déroulé du scandale de l’affaire Elf qui impliquait de Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour. Cette dernière avait par la suite livré sa version des faits dans un livre intitulé La Putain de la République. C’en fut trop pour LIM qui n’eut pas d’autre choix que de crier à l’injustice, à sa façon bien à lui.

Passi – Emeutes

Parce que certains samedi ont été assez mouvementés, ce morceau de Passi est indispensable. Entre la casse des uns, les affrontements de plus en plus rudes avec les autorités, l’invasion de certaines places qui étaient jusqu’ici épargnées (enfin, protégées), l’atmosphère 

Tandem - J'aime pas les keufs

C’est aussi une des caractéristiques du mouvement : les très nombreux blessés graves, amputés d’une main, éborgnés, victimes de traumatismes en tous genres, voire carrément morts. Du coup, parmi la ribambelle de morceaux de rap attaquant la police, on va garder ce classique méconnu de Tandem, qui commence par une anecdote de MacTyer qui parlera à beaucoup : « monsieur l’agent, dites-moi pourquoi je boîte de la jambe, tu m’as tiré dessus au flash-ball pour que dalle et c’est rageant », etc (il avait par la suite expliqué en interview que ça lui était réellement arrivé).

25G - Cabochard

Les gilets jaunes ce sont des revendications diverses et variées mais c’est aussi plusieurs illustrations de beauferie assumée et c’est pour ça qu’ils sont parfois assez rigolos, mention spéciale à ceux qui ont dansé le chenille sur des ronds-points et d’autres qui ont pendu (ou guillotiné, ou les deux, c’est flou) un mannequin à l’effigie d’Emmanuel Macron tout en beuglant les paroles du Petit Bonhomme en mousse. Bref un mélange de bonhomie et de bourrinage absolu avec en prime un zeste de violence gratuite. 25G était forcément l’homme de la situation.

Mafia K’1fry – L’État

L’un des meilleurs pour la fin. Contrairement à d’autres mouvements, les gilets jaunes ne s’adressaient pas à des cibles précises mais à l’État français en général. Cela leur fait au moins un point commun avec la Mafia K’1fry sur ce morceau où Rohff, Rim’K, Karlito et Demon One expriment leur ras-le-bol dans la joie et la bonne humeur. Le refrain d’Housni, qu’on vous laisse redécouvrir ci-dessus, aurait pu être scandé dans les rues sans que personne trouve ça hors-sujet.