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Guizmo, Medine, Youssoupha... quand les rappeurs clament leur amour du rap
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Guizmo, Médine et Youssoupha (photos : DR)
Guizmo, Médine et Youssoupha (photos : DR)

Guizmo, Medine, Youssoupha... quand les rappeurs clament leur amour du rap

Zoom sur les rappeurs qui clament haut et fort leur amour au rap français. De Guizmo, en passant par Diam's ou Youssoupha, on vous a préparé une playlist.

Dernier extrait en date de Lamine, le prochain album de Guizmo, J’fais du rap est un single qui sent bon le rap des années 90, voire 80. Entre l’extrait de H-I-P-H-O-P, l’émission de Sidney, les images d’IAM et NTM époque coupe à la brosse, la Scred Connexion, les graffitis dans le métro, l’ensemble apparaît comme un plaidoyer pour cette époque révolue où le hip-hop était une culture marginale vue comme un simple effet de mode qui finirait par s’estomper. Dans son texte, Guizmo s’attarde également sur son amour de la musique rap, qui l’a accompagné et a servi de bande-son aux 400 coups de sa jeunesse (“Rendez-nous le R.A.P, j'fais du rap moi, j'fais du rap”. 

Il est toujours positif de constater que les rappeurs actuels n’oublient pas leurs aînés, sans qui rien n’aurait été possible, et continuent de revendiquer l’appartenance à la culture hip-hop -certains en font certainement trop et tombent un peu facilement dans le purisme, mais là n’est la question. Avant Guizmo, de nombreux rappeurs ont tenu à rendre hommage à la musique rap et à ce qu’elle avait pu apporter à leur vie. 

Zoxea - Rap, musique que j’aime

Une véritable déclaration d’amour qui va devenir l’un des grands classiques de la discographie de Zoxea, et l’un de ses morceaux les plus populaires. Tout au long de ce texte, le rappeur de Boulogne s’adresse à son genre musical préféré comme s’il s’agissait de la femme de sa vie : “j'ai fait sa connaissance dans les années 80, à ma vie elle a donné un sens. Il regrette (déjà, en 1999 !) l’évolution de la musique, sa mainstreamisation, la perte des valeurs originelles (à l'heure où je te rappe je ne rêve que de ta renaissance, ton âge d'or, quand t'étais hardcore, virais pas de bord) en évoquant sa relation avec le rap comme s’il s’agissait d’une ancienne conquête qui a fini par le decevoir tant elle a changé depuis leur rencontre. 

Nasme - Musique rap, rap musique que j’aime

À la fois un hommage au classique de Zoxea (musique rap, rap musique que j’aime, ouai j’aime ton parfum, j’aime quand tu es si parfaite que tu sors de la bouche d’un Sage Po’”), une déclaration d’amour au rap, et un manifeste pour l’indépendance. En reprenant le gimmick de Zoxea, Nasme pose un morceau bien plus nerveux, revenant sur son parcours, ses premières armes au micro et l’importance de faire le travail sérieusement (j’aime écouter ceux qui le font bien, mais combien ont failli m’en dégouter, ont sali mes écouteurs). 

Diam’s - Mon répertoire

Pas toujours bien acceptée par le milieu, Diam’s était pourtant une très grande passionnée de rap. Elle a plusieurs fois cité des rappeurs qui ont marqué son parcours d’auditeur (Dans mes rêves, mon mec me parle tout bas, quand il m'écrit des lettres il a la plume de Booba), et a surtout écrit un gros hommage à chacune de ses références sur Mon répertoire. Fait appréciable, au milieu des gros noms habituels (NTM, IAM, Ideal J, le 113), elle cite bon nombre de rappeur et de groupes moins médiatisés, voire même assez confidentiels pour certains : “_J'te parlerai de Factor X, Kazkami, Triptik et Lagonz Viv’ / J'oublie pas D.Abuz System, Ekoué, les Spécialistes, EJM, Express D, APM / Y’avait Saxo, Polo, Rocé, MIC, Daomen, Lady Laistee et Busta Flex pour toaste_r”. 

La passion de Diam’s est particulièrement palpable en live, où elle prend le temps de s’arrêter sur certains noms et de détailler plus longuement leur importance : 

Médine - Lecture Aléatoire

Sur le même principe que Mon répertoire de Diam’s, Médine écrit en 2006 un morceau bourré de name-droppings et de références à ses modèles dans la musique. NTM, IAM, Lunatic, Kery James : le rappeur leur rend un bel hommage sans pour autant mettre de côté son esprit critique (Tout sera moins cool quand Joey deviendra star dans les chaînes”, “L.U.N.A.T.I.C y’a plus qu’des moitiés maintenant). 

NTM - Tout n’est pas si facile

L’un des titres les plus évidents dans la catégorie “rendons hommage à la culture hip-hop”. Précurseurs du rap en France, Kool Shen et Joeystarr ont tout vu passer, des battles de danse aux nuits à graffer sur les toits parisien. En 1995, sur leur troisième album, les deux compères prennent donc le temps de rappeler comment tout a commencé, et surtout quelles valeurs ont porté l’arrivée du rap en France : “Peace, Unity, Love and Having Fun / Le Hip Hop n'a jamais eu besoin de gun / Ni de gang, de toys, ni de bande / Mais plutôt de la foi de ce qui en défendent la mémoire et l'éthique, les valeurs essentielles(tout ça est un peu utopique, mais à l’époque c’était le discours dominant dans le rap). 

Pour le plaisir on vous met le remix de B.O.S.S, qui dépoussière un peu le morceau : 

Youssoupha - Chanson Française

Un morceau sur lequel le travail du producteur Nodey est primordial, étant donné l’ambition du concept : tout au long du texte, des extraits de phases mythiques du rap français sont insérées : le “hé tonton” de Tonton du bled, “hardcore comme reconnaitre ses torts(Idéal J), “une musique pas faite pour une personne mais pour des millions(FF), “putain quelle rime de batard(Lunatic), etc. L’ensemble est construit comme un faux featuring entre Youssoupha et les dizaines de rappeurs qui l’ont inspiré, on espère qu’un jeune rappeur reprendra le concept dans quinze ans avec les têtes d’affiche actuelles. 

Aketo - NSN

Dans la catégorie hommages, on a plutôt l’habitude de voir des jeunes rappeurs qui étaient encore de simples auditeurs quelques années auparavant. Aketo, malgré une longue carrière, en groupe comme en solo, n’a eu aucun problème à déclarer toute son admiration pour les grands rappeurs des années 2000 que son Nessbeal, Salif et Nubi sur son dernier EP. Le refrain combine de manière ingénieuse des noms d’albums des trois artistes (“Roi sans couronne, chacun pour soi pour macker le bizz”), et cerise sur le gâteau, on a droit à des name-droppings intergénérationnels (PNL, la FF) qui viennent rappeler à tout le monde que le bon rap existait et existe toujours. 

La carrière entière de Dinos

De nombreux rappeurs de la génération actuelle ont name-droppé avec insistance chacune de leurs références (Alpha Wann, Freeze Corleone), repris des couplets de leurs aînés (Niro qui reprend Testament de Rohff, Rim’k qui reprend le couplet de Rim’k dans Pour Ceux) ou clamé haut et fort leur amour du hip-hop (Big Flo et Oli). Dinos est peut-être celui qui a le plus insisté sur sa passion pour le rap français : outre les très nombreux clins d’oeil à MC Solaar ou d’autres illustres tontons du rap français (j’suis intouchable comme Mac Tyer), il a repris le titre de Mack le Bizz de Nubi, a freestylé sur la prod de La Lettre (Lunatic) et celle de Regretté (Rohff), etc. En somme : sa discographie toute entière est un véritable cri d’amour pour le rap français, en particulier celui des années 2000, celui qui l’a bercé en tant qu’auditeur.