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Damso : "l'industrie musicale tue les artistes"
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Damso (Romain Garcin)
Damso (Romain Garcin) ©Radio France

Damso : "l'industrie musicale tue les artistes"

Damso à la conquête de l'Angleterre avec sa première interview pour le magazine "The Guardian".

Depuis la sortie de QALF, la superstar du rap belge, Damso, ne cesse d'être sollicitée : après Le Monde, cette fois-ci c'est le prestigieux The Guardian qui a fait les yeux doux à l'artiste qui leur a accordé sa première interview à destination d'un public anglophone. 

Dans cet entretien, l'artiste partage ses réflexions sur sa vision de la vie, de l'amour et son rôle en tant qu'artiste, et le moins que l'on puisse dire c'est que le magazine britannique semble conquis par l'artiste Belge. 

En paix avec lui même 

Toujours honnête avec lui-même, il a souvent manifesté un coté sombre, qu'il a appris a accepter aujourd'hui, comme une réconciliation avec soi-même. "C'était dur pendant un moment, et c'est seulement depuis ces derniers mois, même pas un an, que je peux  dire que je suis en phase avec moi même...Je ne voyais jamais le bon coté des choses. J'avais une vision pervertie du monde, qui gâchait chaque expérience que je vivais". Confiant ainsi qu'il se dirige petit à petit, centimètre par centimètre, vers la paix intérieure : "Mon coté sombre ne partira jamais, il fait partie de moi, il ne me dérange plus, j'ai appris à vivre avec pour vivre mieux." 

L'amour : la clé de tout ? 

Il y a quelques jours sortait le premier clip de QALF, et accessoirement le morceau phare de l'album :  911 ou l'histoire d'un gangster tombé love, avec la sublime Noémie Lenoir, actrice et mannequin dans le rôle de sa dulcinée. Un clip incroyablement esthétique qui comptabilise déjà plus de deux millions de vues, une semaine seulement après sa sortie. L'occasion pour Damso de dévoiler sa perspective sur l'amour aujourd'hui : "L'amour ne me rend pas mal à l'aise, mais c'est un sentiment complexe__, par exemple, dans la vie, du moins vers la fin, on finit par comprendre l'amour. Les personnes âgées comprennent beaucoup plus ce sentiment que les jeunes, parce qu'ils ont mieux compris la vie. L'amour c'est la vie et vice versa. Avant, si je sortais avec une femme avec qui j'avais une alchimie sexuelle, c'était simplement du désir, pour moi l'amour c'est construire un avenir ensemble". 

Une retraite programmée 

Dans l'interview, l'interprète de 911, revient sur son plan de carrière déjà programmé : introduit à la musique depuis l'adolescence, c'est durant ses études supérieures en psychologie qu'il décida de s'y consacrer entièrement. "La vie toute tracée, les horaires de bureaux, la routine en attendant la retraite, tout ça ne me parlait pas. Alors j'ai monté un plan, sur dix ans : être reconnu pour ma musique, et une fois le succès atteint, je me retire"__. Et la fin du plan approche à grand pas (comme il l'avait déjà annoncé) car il s'agit de l'année 2022 si l'on s'en tient au plan du rappeur belge. Une nouvelle qui ne ravira pas les fans de Damso qui se comptent par milliers. 

L'industrie musicale tue les artistes

Un plan qui a largement fonctionné car chacun de ses quatre albums est certifié disque de platine, à 28 ans, le jeune papa, a déjà tout des plus grands. Un pari réussi pour celui qui est indépendant : "C'est un peu une bataille, car aujourd'hui, on a l'impression que l'industrie tue les artistes, dans le sens où tu dois toujours trouver une idée qui va faire le buzz, ce qui met un frein à la créativité"__. Une pression qu'il a brillamment surmonté, à en juger par le succès de chaque projet qu'il sort. Une réussite qui va lui permettre de passer à l'étape suivante de son plan : un van, équipé comme un studio, car Damso souhaite malgré tout conserver sa relation privilégiée avec la musique, mais loin de l'œil du public, loin du monde, seul dans son van, perdu au milieu d'une forêt, et juste ce qu'il faut pour faire ce qui le passionne : la musique.