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Les phobies des rappeurs, édition 2019
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P. Diddy
P. Diddy

Les phobies des rappeurs, édition 2019

C’est Halloween, une des périodes de l’année où petits et grands s’amusent à se faire peur. Appliqué au monde du rap, ça donne quoi ? Petit florilège de tout ce qui peut effrayer nos amis rappeurs.

Les années défilent et les phobies de rappeurs aussi ; il était donc plus que temps de compléter notre liste avec les menaces monstrueuses les plus actuelles qui font peur à nos MC, le soir, dans leur lit douillet.

Une révélation sur des achats de streams

Tout le monde le sait, un grand nombre de têtes d’affiche font le plus gros de leurs chiffres de vente via les plateformes de streaming. A tort ou à raison, des soupçons planent depuis quelques années sur à peu près tous ceux qui réalisent des gros scores. Esprit de déduction ou théorie du complot, le fait est que certains auditeurs remettent systématiquement en doute les performances annoncées en grande pompe par les artistes. A une période on nous promettait même un reportage et une enquête détaillée sur M6, entièrement consacré au sujet, ce qui décrédibiliserait pas mal de rappeurs stars, forcément. Sauf qu’absolument rien n’est jamais venu. Du coup la menace du "scandale des fausses ventes dans le rap" est une sorte de croquemitaine : paraît-il qu’elle existe, mais on n’a encore rien vu. En attendant, la France a peur.

La 1ère semaine

On est officiellement arrivé au point où le rap est au niveau du cinéma. Pas en terme de reconnaissance et d’exposition médiatique (faut pas déconner), mais juste par rapport à la place incroyable qu’a pris le score achevé en première semaine de sortie. L’industrie, les médias, les rappeurs eux-mêmes, jusqu’aux auditeurs, tout le monde semble obnubilé par ça. Même pour ceux qui arrivent à faire de jolis chiffres dans la durée, la gloire n’est pas la même. Alors forcément, le rappeur se mettra à scruter ses chiffres de mid-week puis de week entière avec des perles de sueur sur le front et dans le bas du dos, c’est humain.

Les baby-mamas

C’était plutôt un problème qui touchait avant tout les stars du rap américain mais grâce à Niska, la France est enfin rentrée dans la cour des grands à ce niveau. Même principe qu’outre-atlantique, un rappeur est rattrapé par une relation passée et devient malgré lui une pub vivante pour la contraception. C’est le jeu, mais c’est quand même chiant.

Un octogone sans règle

Certes c’est assez spécifique mais pour les concernés c’est un enfer. Tout le monde se met à scruter vos réactions, il faut redoubler d’efforts sur Instagram. Et puis ça vous force à vous entraîner à la dure pendant plusieurs mois, à devoir gérer des négociations sans fin avec l’adversaire, trouver une organisation, un promoteur, puis un pays puis une salle qui ne craint pas une affiche pareille… Et même si vous dites non dès le début comme La Fouine, une partie du public sera toujours extrêmement déçue et/ou se foutra de vous.

Se faire balancer par 6ix9ine

"Personne. N’est. A l’abri." La légende raconte que c’est lui qui a permis l’incarcération de Patrick Balkany et donné l’info qui a conduit à l’arrestation du faux Xavier Dupont de Ligonnès. Ne prenez pas de risque.

Le leak

Ça a tendance à se calmer légèrement ces derniers temps mais on reste sur un phénomène qui peut vraiment parasiter la sortie d’un projet. Vous avez bossé dessus comme un dingue, programmé une date pour une raison stratégique, toute une équipe est mobilisée, la promo est organisée en fonction de ça, et bim, une version du projet atterrit sur le net sans prévenir. Petit bonus stage quand en plus, par-dessus le marché, il s’agit d’une version à peine, voire pas du tout mixée. Du gâchis. Sauf évidemment quand c’est juste un coup de com. En général ça se voit à plusieurs détails : l’artiste communique lui-même sur la "fuite", il n’est pas vraiment énervé, et le leak arrive suffisamment peu de temps avant la sortie officielle pour ne pas être vraiment handicapant.

Dire une connerie qui sera reprise en boucle

Que ce soit en se trompant sur quelque chose d’évident dans une interview ou en ne se rendant pas compte qu’on vient de lâcher un propos qui, isolé, vous fait passer pour un idiot et sera relayé encore et encore jusqu’à devenir un meme (pas forcément en vidéo d’ailleurs, une photo suffit), ça peut malheureusement arriver à tout le monde. Et après, c’est le point de non-retour, puisque déconnecté de tout contexte, ça peut durer des années. Et plus vous réagirez sérieusement, plus ça empirera, jurisprudence Roméo Elvis qui s’est enfoncé de manière assez spectaculaire en un temps record. A l’inverse il existe un système de défense assez casse-gueule mais qui a fait ses preuves pour contrer cette menace : il suffit d’en rire vous-même, ce qui montre à tout le monde que vous ne vous prenez pas spécialement au sérieux et qu’évidemment vous vous en foutez. Ça a marché pour Koba LaD que certains auditeurs réfractaires trouvent même bien plus sympathique maintenant. Bon par contre d’autres puristes estiment que c’est l’Antéchrist, mais ils le pensaient déjà avant de toute façon.

Sortir en même temps qu’un mastodonte

Étant donné que plus un rappeur est connu, moins il a besoin d’annoncer son album super en avance; il peut arriver la malchance ultime : vous aviez prévu de lâcher votre projet un vendredi assez tranquille, et là, surprise, une énorme tête d’affiche balance aussi le sien, soit par surprise totale, soit en l’annonçant à peine une à deux semaines avant. On se rappelle par exemple de Columbine qui avaient joué la carte de l’ironie face à PNL ("nous aussi on veut écouter leur album") et repousser leur réédition pour ne pas prendre de risque.

A noter cependant que cette fois, c’est souvent dans la tête que ça se passe. Certes, découvrir que PNL ou Nekfeu vont débarquer dans les bacs physiques et numériques le même jour que vous est toujours un crève-cœur mais si vous ne visez pas exactement le même public ou si vous avez suffisamment conquis votre public de base, ça se tente, cf Zola.

Les ennuis judiciaires

Un grand classique qui peut arriver quand on s’y attend le moins et qui est loin de ne toucher que les gangstas rappeurs. Que ce soit MHD chez nous ou l’étrange problème de papiers de 21 Savage (qui s’est heureusement bien terminée), ça reste le moyen le plus radical pour stopper temporairement ou indéfiniment une carrière. Bien entendu tout devient bien, bien pire lorsque ce dont on vous accuse, et donc votre arrestation, vous arrive dans un autre pays. Ce qui nous amène au point suivant.

Être redevable envers Donald Trump

Avoir un des présidents les moins subtils du monde qui promet publiquement de vous aider, ce n’est déjà pas forcément rassurant. Surtout quand à la base vous n’aviez rien demandé, surtout quand il se met à menacer via Twitter le pays dans lequel vous êtes incarcéré, surtout quand par-dessus le marché il attend de vous, une fois sorti, de la gratitude et des remerciements publics alors que rien ne prouve que c’est lui qui est la cause de votre libération. Et qu’il finit par se plaindre de votre manque de reconnaissance. Make A$AP Rocky great again. Ce qui nous amène (encore) au point suivant.

Bosser avec Kanye quand il est à l’ouest

Qu’on s’entende bien, artistiquement c’est une chance voire un privilège pour certains de pouvoir collaborer avec un rappeur-producteur comme Kanye. En revanche il est strictement impossible de prévoir ses réactions et, pire, ses déclarations publiques pendant la période où vous serez affilié à lui. Durant toute la "promo" qui a précédé Ye, certains de ses proches collaborateurs ont été sommés de s’expliquer à sa place, de prendre leur distance, pendant que West lui-même en rajoutait de son côté en balançant parfois des messages privés sur ses réseaux, ce qui n’arrangeait rien niveau confusion. Épuisant.

Bonus – Les Clowns

Dans le monde du rap, cette coulrophobie ne concerne peut-être que Diddy, mais c’est spectaculaire.