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Léa Castel et le rap français
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Léa Castel et Jul - cover
Léa Castel et Jul - cover

Léa Castel et le rap français

A nouveau sous le feu des projecteurs après une longue absence médiatique, Léa Castel a toujours entretenu des liens forts avec le rap français.

Treize ans après le seul et unique album de sa discographie, Léa Castel est de retour au premier plan depuis quelques mois, avec des singles bien accueillis et quelques featurings efficaces (Jul, Gringe). Un nouveau projet est donc dans les starting blocks, l’occasion pour nous de nous pencher sur le long passif entre la chanteuse et le rap français, en se concentrant sur les nombreuses collaborations et en passant sous silence les propos désobligeants (Sinik, Rochdi, L’indis, on vous aime bien quand même). 

Gringe  

Quand Gringe a enfin livré son premier album solo en 2018 après des années de travail en groupe avec Orelsan, l’une des grandes surprises de la tracklist était l’apparition de Léa Castel -on n’aurait pas forcément associé naturellement la chanteuse au rappeur. Pourtant, cette dernière a fait bien plus que poser sa voix sur le refrain d’un single très sombre : très impliquée dans la direction artistique, elle a, du propre aveu de Gringe (chez OKLM), pris “des morceaux en pièce détachée pour en faire de véritables chansons. 

Depuis, l’entente entre les deux artistes n’a fait que croître, si bien que le binôme Gringe-Léa Castel est aujourd’hui parfaitement identifié. Tous deux travaillent main dans la main, et l’humilité de Gringe a même permis à la chanteuse de prendre sa petite revanche personnelle sur le rap français avec son dernier single, comme elle le racontait récemment au média Aficia : “il m’a aidé à écrire le refrain, mais je l’ai invité à soutenir mes voix sur le refrain, c’est un peu un clin d’œil à tous les featuring que j’ai pu faire avec des rappeurs où je me retrouvais à faire des chœurs ou des refrains et là, j’ai pris un rappeur pour faire mes chœurs, donc c’était un peu la petite blague.

Jul   

Teasée depuis des semaines, la rencontre Jul - Léa Castel apparaît était inévitable : déjà, parce que le feat avec l’auteur de Rien 100 Rien est incontournable sur un gros album de la catégorie musiques urbaines en 2021 ; ensuite, parce que la solidarité entre artistes marseillais est plus que jamais de mise. Efficace, ce single permet à la chanteuse d’être visible auprès des plus jeunes générations d’auditeurs (celles qui n’ont pas connu ses heures de gloire à la fin des années 2000), et de se refaire une place sur le marché des duos rappeur-chanteuse, une formule qui revient en force depuis deux ans. 

Fianso  

Les plus jeunes ne s’en rappellent pas forcément, mais avant de devenir l’une des plus grosses têtes d’affiche du game actuel, Sofiane a connu une première partie de carrière contrastée. Vu comme un grand espoir du rap français à la fin des années 2000, il a malheureusement du mal à dépasser un certain plafond de verre. De cette époque, on retient bien évidemment des titres de haute volée (Lettre à un jeune rappeur, Mon Jnoun, La vie de cauchemar, Mon instru va craquer) mais aussi des singles qui auraient pu cartonner, on pense par exemple à Elle était belle, ou à ses featurings avec Léa Castel : Juste une Larme et surtout Ciao Bonne Vie (avec l’apparition de l’éternel Pascal Cefran dans le clip). 

Zifou   

L’un des featurings qui ont le plus desservi Léa Castel en termes d’image : en 2011, Zifou devient l’incarnation vivante de l’expression “buzz internet”. La viralité du titre “Chicha toute la nuit” en fait à la fois un phénomène et un sujet de moqueries. Les maisons de disques y croient malgré tout et une signature chez Universal plus tard, le très jeune rappeur (19 ans à l’époque) a droit à son premier album. Léa Castel et La Fouine sont choisis pour l’épauler sur les deux gros singles. La chanteuse est donc associée par le public à ce qui est ressenti comme un pur mouvement opportuniste de maison de disque. Les deux artistes sont finalement les deux vraies victimes de cette sortie : Léa Castel s’en sort sans casse, mais Zifou passe des années à ramer avant de pouvoir se dissocier de l’image de ce premier album, Zifou 2 dingue. 

Lacrim & Cie  

On revenait quelques lignes plus haut sur cette période où Léa Castel, comme toutes les autres chanteuses identifiées “RnB français” entre la fin des années 90 et l’arrivée de l’autotune, n’était appelée que pour interpréter les refrains. C’est typiquement le cas sur ce featuring avec Lacrim : elle est là pour sortir un peu le rappeur de son univers très dur, offrir un moment plus mélancolique (ou dans d’autres cas, plus léger) aux auditeurs, et aérer un peu l’album dont est tiré le morceau -ici, Toujours le même, un projet très orienté banditisme et rap de rue. 

Le même type de schéma se retrouve sur bon nombre de featurings de Léa Castel sur cette période, on ne prendra donc pas le temps de tous les détailler : AP, Black Marché, L’Algerino, Mino … On peut également citer Ladea, sur un duo prévu pour être intégré à la tracklist du deuxième album -jamais sorti- de Léa Castel en 2013.  

Soprano  

Une collaboration qui est allée au delà du simple “viens faire un refrain”, comme le prouve cette dédicace du rappeur pour la chanteuse sur son premier hit en solo, Halla Halla (dédicacé à Mino et à la miss L.E.A), avec apparition de Léa Castel dans le clip pour couronner le tout. Tous deux vont donc s’inviter tour à tour sur leurs albums respectifs. Sur La Famille, extrait du premier album de Soprano, Léa vient chanter le refrain mais aussi enchaîner quelques passe-passe sur le deuxième couplet ; puis sur Dernière Chance, extrait du seul et unique album de la chanteuse jusqu’ici, les voix se mélangent encore une fois sur le dernier couplet.