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La Covid Playlist, volume 3 avec Outkast, Despo Rutti, Kekra...
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Kekra - capture clip "Vréalité" (Scotty Simper)
Kekra - capture clip "Vréalité" (Scotty Simper)

La Covid Playlist, volume 3 avec Outkast, Despo Rutti, Kekra...

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Suite et fin de notre sélection un peu spéciale de morceaux en rapport avec ce que l’on vit actuellement, pour le meilleur et pour le pire.

On ne va pas vous refaire l’intro, c’est la suite de cet article, et de celui-là, c’est vrai qu’on a tous des soucis en ce moment mais suivez un peu s’il vous plaît, sinon on ne va pas s’en sortir.

Ceux qui en parlent directement

Le Confinement Lyrics Challenge

Le rappeur/journaliste/youtubeur martiniquais Specta a eu une bonne idée dès le début du confinement (qui rappelons-le, ne touche pas que l’hexagone) : proposer un « confinement lyrics challenge » via ses réseaux sociaux, notamment twitter. C’est à dire que chacun, peu importe son degré de notoriété, peut poster une vidéo de lui en train de rapper/trapper/chanter sur l’instru du morceau Broke in a minute de Tory Lanez, avec une référence dans le texte au confinement. Un concept né spontanément, explique l’intéressé : « pendant le confinement avec Meryl on faisait un peu un battle de qui aura le meilleur confinement via des lives et des challenges et sur un coup de tête j'ai lancé l'idée d'un freestyle sur la première instru qui m'est passé par la tête, donc je suis allé sur youtube, je me suis enregistré et les autres ont suivi. pour placer un peu le truc… au moment où on parle en tout j'ai facilement été marqué sur 300 vidéos entre Instagram et Twitter. Et Facebook car oui, des gens y vont toujours (rires) ! »

On a déjà eu jusqu’ici des pointures antillaises comme Meryl, Kalash, Admiral-T, Sadik, Saïk et bien, bien d’autres. Les meilleurs sont à retrouver sur l’instagram de Specta, ici.

Ceux qui s’en rapprochent

Kekra – Méfiant

Impossible de faire l’impasse sur le porteur de masque en chef du 92, qui avait apparemment anticipé cette crise bien avant tout le monde. Et durant tous ses voyages il avait l’intelligence de choisir le Japon plutôt que la Chine. Le côté asocial, le désir de ne pas se mélanger et de ne rester qu’avec son cercle proche, tout concorde. Bref, « laissez-moi dans mon coin, je suis méfiant ».

Outkast – So fresh, so clean

Si vous êtes malgré tout amené à fréquenter de près ou de loin des gens de votre entourage ou des collègues, un seul mot d’ordre messieurs-dames : la propreté. Du corps mais aussi et surtout des vêtements, qui sont les plus en contact avec le monde extérieur. C’est donc l’egotrip funky d’Outkast qui s’y prête à la perfection, où Andre 3000, Big Boi et Sleepy Brown pousse les délires autour de leur style et leurs fringues à leur paroxysme.

Despo Rutti – Laisse-moi dans mon bunker

Certes, techniquement Despo ne parle pas d’un bunker physique, c’est plutôt une métaphore pour dire qu’il faut le laisser tranquille. Mais du coup ça passe quand même, surtout que le rappeur prend son temps pour étaler sur tous les couplets ses doutes sur la fiabilité de ses prétendus « potes », qui changeront de discours et de camp selon les circonstances de la vie. Un peu comme vos proches, qui peut être sûr qu’untel ou untel n’a pas le coronavirus ? On ne sait pas, alors autant se méfier de tout et tout le monde, quitte à frôler la paranoïa la plus aïgue.

Earl Sweatshirt – I don’t like shit I don’t go outside

Comme son titre l’indique (« je n’aime rien, je ne sors pas », plutôt sans équivoque), l’album tout entier est à prescrire ces temps-ci. Earl Sweatshirt, membre du crew Odd Future en son temps, livre ici un de ses projets les plus satisfaisants. Rappé avec soin, il ne déroge pas à la ligne directrice de l’album : l’obscurité, mais pas n’importe laquelle, la sienne, avec une plongée en profondeur dans ses pensées sombres. Une introspection qui oscille entre désillusion totale, mal-être, pessimisme et solitude à la fois subie et désirée. Seul léger désavantage : malgré toutes ses qualités rapologiques, Earl ne vous apportera pas spécialement de note positive, mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

Lalcko – L’eau lave mais l’argent rend propre

Si vous avez bien suivi les infos ou même simplement les réseaux sociaux, vous avez dû vous apercevoir qu’il y a pour l’instant assez peu de célébrités ou de gens richissimes touchés par le coronavirus. Et même quand il y en a, comme par exemple Idris Elba, ils expliquent ne pas avoir de symptôme mais s’être fait tester par précaution. Ce qui signifie qu’ils ont accès aux tests qui échappent au reste de la populace. Une preuve de plus de la maxime de Lalcko, si l’eau lave, il n’y a que l’argent qui rend véritablement propre.

Yo Gotti – Down in the dm

Le confinement ça ne veut pas dire que la séduction s’arrête. Dans le pire des cas ça signifie juste qu’il faudra que certains et certaines prennent leur mal en patience, rien de plus. Du coup, absolument rien ne vous empêche de tenter de draguer, tant que c’est à distance. C’est là que Yo Gotti intervient avec ce tuto méticuleux de la drague par messages privés, un grand classique qui constitue l’intérêt principal d’à peu près tous les réseaux sociaux, ne nous mentons pas.

Butter Bullets – Seul à la maison

Sur une instru ciselée par Dela, Sidi Sid martèle régulièrement tout au long du morceau qu’il veut rester seul à la maison et que ça lui va très bien comme ça. Voire qu’il a fait exprès de rater l’avion, et surtout il rembarre toutes les invitations de ceux et surtout celles qui lui prennent la tête et ne l’excitent pas plus que ça. Un mec déjà bien préparé au confinement sans même le savoir, en somme. A noter que si le clip d’origine a disparu, vous pouvez en retrouver une version screwed & chopped ici.