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Gainsbourg : sous le sampler exactement
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Gainsbourg : sous le sampler exactement
Gainsbourg : sous le sampler exactement ©Radio France

Gainsbourg : sous le sampler exactement

Voilà un quart de siècle que Serge Gainsbourg s'est enfui, comme une p'tite souris dans un coin d'alcôve. Ses albums demeurent over the rainbow, radieux. En les réécoutant, les souvenirs nous assaillent, aïe aïe aïe ! D'autant que sa musique a été exploitée par les rappeurs du monde entier.

Faut apprendre par coeur ces airs-! 25 ans après la mort de leur compositeur, écoutez les orgues de Bonnie & Clyde  (1968), elles jouent pour Joke  dans son Fin de journée  (2012), récit de hold-up qui finit en bain de sang. N'est pas Parker & Barrow qui veut. C'est tellement bien fait qu'on en redemande. Que ça te plaise ou non, il te l'rejoue quand même dans Nouveau Western , de MC Solaar  (1994) ou dans Sensitized , de Kylie Minogue  (2007), un peu moins rap game.

Oh je voudrais tant que vous vous souveniez, ce sample de batterie entendu chez Method Man  et EPMD  (Symphony 2000 , 1999) était le sien. C'était mon préféré je crois, celui de Requiem pour un con  (1968, décidément une belle année). Dans un autre genre, on retrouve précisément le même enchaînement chez Jay-Jay Johanson  (Tell Me When The Party's Over , 2012). Plus suédois.

Ouvrez grandes vos feuilles de chou. Ce synthé sur Held Down , par De La Soul  (2001), il ne vous rappelle rien ? C'est celui d'Ah Melody  (1971) et il n'a pas vieilli. Le groupe de Long Island avait déjà pioché le piano de Talkin Bout Hey Love  (1991) dans Les oubliettes  (1961). En voilà, de la nostalgie camarade !

Parmi les plus célèbres, qui vont et qui viennent entre nos platines, il y a laValse de Melody  (1971), reprise surLes évadés , du 113  (1998). On connait moins Boom Bap Project , qui y ont eux aussi enfoncé leurs ongles et leurs doigts délicats. C'était en 2001 pour leur Odds On Favorite .

Et quand Will I Am  a laissé derrière lui les Black Peas et Fergie, en 1999, c'était pour un Calling All Citizens  qui emprunte sévère à69, année érotique , toute contrebasse dehors, affirmatif. Et La Horse (1970), le Californien DJ Revolution  n'a pas hésité à la chevaucher à cru, trente ans plus tard, ajoutant un peu d'électro par ci, beaucoup de rap par là. Allez ronger ce Backbone , c'est par là.

Busta Rhymes  qui booste l'intro de L'homme à la tête de chou  (1976) pour électriser Ready For War  (2001). Même concept chez les Nantais d'Hocus Pocus . Les délicieux enfants revisitent la mélodie du méconnu La saison des pluies . Ca donne un flow jazz pas dans le ravin, de quoi donner envie de gagner des coupes du monde de foot : Pas d'imposture , 1998.

Je cherche en vain le mot exit : on peut continuer longtemps comme ça. On pourrait citer Suprême NTM  samplantJane B (1969) dansThat's My People  (1998), mais je vous aime et je crains de m'égarer en mensonges : Gainsbourg samplait déjà Frédéric Chopin  dans ce morceau. Car le maître était lui-même un habitué du haut vol.

Que ce soit lePrélude pour piano n°4 en mi mineur  (1838) sur ce titre, ou laSymphonie n°9 du Nouveau Monde  (1893), d'Antonin Dvorak , sur Initials BB  (1968), la discographie du poinçonneur des Lilas est un grimoire de musiques classiques. A votre tour de chercher : je suis au regret de vous dire que je m'en vais, car il en a trop faits.

Photo de couverture : Cc FlickR Kinolamp