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Concours "#ZéroCliché" : des élèves réalisent des films contre le sexisme
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Capture de la vidéo "Chroniques sexistes" réalisée pour le concours "#ZéroCliché" du Clemi
Capture de la vidéo "Chroniques sexistes" réalisée pour le concours "#ZéroCliché" du Clemi

Concours "#ZéroCliché" : des élèves réalisent des films contre le sexisme

Le concours #ZéroCliché du Clemi, Centre pour l'éducation aux médias et à l'information, proposait cette année aux élèves de réaliser des productions au sujet du sexisme, afin de "déconstruire les stéréotypes" à ce sujet.

Les lauréats du concours #ZéroCliché du Clemi ont été révélés ce lundi 8 juin. C'est le Lycée d'enseignement professionnel rural Jeanne Antide à Reignier qui a remporté le prix dans la catégorie "lycée", avec leur court-métrage Chroniques sexistes réalisé par les élèves de terminal en bac pro vente conseil en animalerie. Le projet étalé sur plusieurs mois a mobilisé de nombreuses heures supplémentaires pour les élèves ainsi que pour les responsables pédagogiques.

Ce projet de création d'un film autour du sexisme est éloigné du métier qu'ils vont entreprendre après leurs études, pourtant les élèves de ce bac pro vente conseil en animalerie ont été très réceptifs. "Au départ, le sujet ne les emballait pas tant que ça" précise tout de même Régine Degioanni qui a conduit ce projet au sein du lycée. Le fait que la vidéo puisse être une fiction et pas obligatoirement un documentaire a motivé leur imagination et leur intérêt. 

Un apprentissage sur le cinéma et sur le sexisme

"Ça leur a apporté beaucoup de choses sur la découverte de l’univers du cinéma" témoigne-t-elle, expliquant que malgré le fait qu'ils regardent beaucoup de films, ils ne pensaient pas que le travail derrière était aussi colossal pour seulement 3 minutes. "Ça leur a appris aussi des choses sur le sexisme" qui est finalement omniprésent au quotidien, dans le langage et l'origine de certaines mots, logos. Angélique, élève de la classe ayant participé à la vidéo, explique qu'en dehors de la confiance en elle que ça lui a apporté, ça lui a également permis "de faire plus attention" à ce qu'elle dit.

D'autre part, "ça leur beaucoup appris au niveau du travail d'équipe" détaille Régine Degioanni. Ils ont notamment pu se rendre compte du handicap que représente quelqu'un qui ne s'investit pas ou peu dans un projet, du frein que cela peut représenter. Ce point est important pour ces élèves qui vont être amenés à travailler en équipe dans leur vie professionnelle. 

Le scénario a été plus compliqué à gérer que la technique

C'est l'écriture qui a été l'étape la plus délicate. "Les idées, ils les ont" fait remarquer la professeure, mais c'est pour les écrire que ça peut devenir compliqué, d'autant plus qu'il faut utiliser un langage cinématographique notamment pour le scénario. Angélique s'accorde sur ce point en disant "le plus compliqué pour moi était de créer le scénario." En revanche, la partie technique est beaucoup plus rapidement assimilée pour ces élèves qui ont grandi avec les nouvelles technologies. "La caméra ils l’ont rapidement en main. Ils comprennent très vite les logiciels. Pour ça, ils ont un niveau de concentration très élevé."

Une aide professionnelle

Pour ce projet, les élèves du lycée d'enseignement professionnel rural Jeanne Antide de Reignier ont travaillé avec deux professionnels de l'image. L'un d'entre eux est spécialisé dans la vidéo et l'autre dans l'animation. Ils ont alors apporté leurs connaissances aux élèves mais aussi mis à disposition leur matériel professionnel. Les étudiants ont créé des animations qu'ils ont inséré dans leur film. "Pour la préhistoire par exemple, c’est Lucas, un élève qui sait bien dessiner qui a tout de suite montré les dessins qu’il voulait faire" avant de les réaliser sur tablette explique Régine Degioanni. Tous ces processus prennent du temps et demandent de l'investissement.

Les responsables du projet ont essayé de guider les élèves tout en leur laissant un maximum de liberté pour les laisser faire seuls. Pour le financer, le lycée a obtenu l'aide du dispositif Passeurs de culture de la région Auvergne-Rhône-Alpes.