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Violences sexuelles : au Maroc, les femmes ne veulent plus se taire
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Photo de couverture de la page Facebook du collectif Masaktach
Photo de couverture de la page Facebook du collectif Masaktach

Violences sexuelles : au Maroc, les femmes ne veulent plus se taire

Peu à peu, la parole se libère au Maroc sur les violences sexuelles faites aux femmes. Plus de la moitié des Marocaines auraient déjà été victimes de violences, et les plaintes sont encore peu nombreuses. Le plus difficile est d'en parler, mais anonymement, ces femmes le font.

"Je ne me tairai pas", c'est la traduction de Masaktach, le collectif marocain créé afin de répandre sur internet des témoignages anonymes de violences sexuelles. C'est un premier pas important, pour des femmes qui gardent pour certaines ce secret en elles depuis trop longtemps déjà. D'après une étude nationale du ministère de la famille, de la solidarité, de l'égalité et du développement social, 54,4 % des femmes au Maroc auraient déjà été victimes de violences. Parmi elles, 15 % auraient été victimes de violences physiques. Seulement, seules 6,6 % de ces 54,4 % auraient porté plainte. C'est pour soutenir ces femmes et montrer qu'elles ne sont pas seules que le collectif Masaktach collecte et publie des témoignages.

Un besoin de témoigner

"Ma mère m'a réprimandée en me disant : mais tu l'as un peu cherché, pourquoi tu t'es assise sur ses genoux ? Double humiliation." Voici l'extrait de l'un des témoignages présents sur les comptes Facebook et Twitter de Masaktach. Des récits poignants, décrivant l'horreur qu'ont vécu ces écorchées vives, et parfois de l'incompréhension des proches. Des semblants de vérité qu'elles ont avoué à leurs parents pour leur cacher le pire, aux amis qui leur reproche de ne pas porter plainte. Ces récits peuvent permettre ainsi à d'autres femmes de se reconnaître, de moins se sentir coupables d'être victimes, mais aussi de soulager les femmes qui témoignent en écrivant ces mots. Une influenceuse marocaine a également créé un compte Instagram, "La vie d'une Marocaine" (La VDM), pour recueillir des témoignages anonymes de harcèlements ou violences. Un besoin si important, qu'au début, elle a reçu 300 témoignages en un jour, comme elle l'explique dans un article du Monde.

Porter plainte reste une épreuve

L'un des aspects qui revient régulièrement dans les témoignages des victimes de violences sexuelles, est l'incompréhension des proches face à leur volonté de ne pas porter plainte immédiatement. En fonction des personnes, il faut plus ou moins de temps pour affronter cette épreuve. C'est ce que rappelle notamment le collectif Masaktach sur les réseaux sociaux. 

Un des freins à la plainte au Maroc est également les lois en rigueur, et précisément l'article 490 du code pénal. Celui-ci criminalise les relations sexuelles hors mariage. Des associations et collectifs se battent aujourd'hui pour la suppression de cet article, notamment depuis l'arrestation et l'emprisonnement de la journaliste Hajar Raissouni pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage".