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Violences, consentement... Les résultats choc d'une étude sur les rapports sexuels
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Manifestation du 23 novembre 2019 à Paris contre les violences faites aux femmes (photo : Elko Hirsch / Hans Lucas) ©AFP
Manifestation du 23 novembre 2019 à Paris contre les violences faites aux femmes (photo : Elko Hirsch / Hans Lucas) ©AFP ©AFP

Violences, consentement... Les résultats choc d'une étude sur les rapports sexuels

Alors que le mouvement #MeToo prend de l'ampleur depuis 2017 et l'affaire Weinstein, les consciences s'éveillent dans le monde sur le consentement et les rapports sexuels. Le collectif #NousToutes publie cependant une enquête aujourd'hui, montrant que le chemin reste long.

Le collectif #NousToutes, qui lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, dévoile ce mardi 3 mars les résultats d'un appel à témoignage mené du 7 au 17 février 2020. 109 847 individus y ont répondu. Parmi eux, 96 600 sont des femmes, soit 88,7%. Ce sont donc les témoignages des femmes qui ont été retenus pour construire cette étude, étant donné que ceux des hommes et des non-binaires étaient trop peu représentatifs selon le collectif. Les chiffres qui en ressortent sont effarants, et témoignent d'une forte pression en ce qui concerne les rapports sexuels au sein des couples hétérosexuels.

Pression, remarques, violence... 

Le plus gros chiffre de cette enquête, c'est celui-ci : "9 femmes sur 10 déclarent avoir fait l’expérience d’une pression pour avoir un rapport sexuel. Dans 88% des cas, c’est arrivé plusieurs fois." Cette pression s'accompagnent parfois de remarques désobligeantes, voire de violences psychologiques. Parmi les remarques trouvées dans les témoignages recueillis, nous pouvons citer par exemple : "A quoi ça sert d'avoir une meuf si je peux pas baiser avec ?" ou encore "Franchement, la prochaine fois j'irais voir ailleurs. Tu es frigide !". Une pression qui peut pousser son/sa partenaire à avoir un rapport alors que le désir et l'envie n'y sont pas.

Résultats de l'enquête menée par #NousToutes (photo : noustoutes.org)
Résultats de l'enquête menée par #NousToutes (photo : noustoutes.org)

Le consentement encore trop peu respecté

Alors que les langues se délient sur les agressions sexuelles en tous genres, il reste parfois difficile pour les victimes d'en parler, et de faire un constat sur ce qui leur ait arrivé. Et pour certaines, ces agressions sont intervenues dès le début de leur vie sexuelles. Ainsi, 1 femmes sur 6 ayant répondu à cet appel à témoignage déclare que son entrée dans la sexualité s'est fait "par un rapport non consenti et désiré". Sur le même sujet, "2 femmes sur 3 (67,5%) déclarent avoir fait l’expérience avec un ou plusieurs partenaires d’actes sexuels non consentis, avec ou sans pénétration." Les conséquences de ces actes non consentis peuvent être lourdes psychologiquement, mais aussi physiquement. En effet, ce sont non seulement les rapports avec les autres qui peuvent être affectés, mais aussi ceux avec son propre corps, et la façon de le traiter. 

Plus de témoignages sur les réseaux sociaux

Le collectif #NousToutes a ainsi mis en place le hashtag #JaiPasDitOui sur les réseaux sociaux afin que tout le monde puisse témoigner, et rappeler que le consentement est indispensable dans un rapport sexuel, tout comme le désir et l'envie. Une notion simple, mais dont l'irrespect est encore trop courant.

Suite à cet appel à témoignage et aux chiffres qui en découlent, le collectif #NousToutes demande au gouvernement "de lancer une enquête représentative et massive sur cette thématique". Il souhaite également la création d'un "module obligatoire dans la scolarité sur la question de l’égalité et sur la prévention des violences sexistes et sexuelles."