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Vers une recrudescence de cas de swatting ?
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Vers une recrudescence de cas de swatting ?

Ces dernières semaines, des canulars téléphoniques envers les forces de l'ordre semblent se multiplier en France.

Samedi 23 avril 20220 Un peu avant 19h00, les forces de l'ordre débarquent à Suresnes au cœur de la Cité-jardin. Un homme a appelé le commissariat de Saint-Cloud pour expliquer qu'il détenait une jeune fille en otage, une ceinture d'explosifs autour de lui et une arme de poing. Il menace de tout faire sauter. Ses motivations ? Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle qui ne lui plaisent pas, un second tour qui l'angoisse. Certains médias relaient même l'information. Mais peu après 20h00, l'opération est terminée, la préfecture des Hauts-de-Seine tweete : c'est une fausse alerte. Un swatting. 

"Le swatting désigne un canular téléphonique qui consiste à essayer de piéger les forces de l'ordre en leur faisant croire à la nécessité d'une intervention", voilà comment le Ministère de l'Intérieur définit ce phénomène, tout droit venu des États-Unis.

Un phénomène né dans le monde du gaming

Le swatting est un anglicisme qui décrit l'équipe américaine d'intervention, la S.W.A.T. -Special Weapons and Tactics, l'équivalent de la BRI ou du RAID. Ce phénomène, né dans les années 2000 était au départ un canular entre gamers. Le principe était de dénoncer son concurrent, en pleine partie, pour voir la police débarquer, en live. Mais le concept s'est étendu et a pris de l'ampleur jusqu'à faire un mort au Kansas, aux États-Unis en décembre 2017.

Le principe est simple : appeler la police, se faire passer pour quelqu'un d'autre et dénoncer une situation d'urgence, qui l'obligerait à intervenir. En France, le dernier swatting en date recensé dans la presse est survenu le 10 mai 2022 à Nîmes. Un homme appelle la police pour se décrire comme un terroriste qui a pris en otage deux jeunes. Pendant deux heures, une centaine de policiers gardois et une partie de l'antenne régionale du RAID étaient sur le qui-vive au cas où ledit terroriste se serait décidé à frapper. 

Mais ce que certains pourraient prendre comme une blague potache est un délit régi par  l'article 322-14 du Code pénal : "Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu'une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende".

En juin 2016, le tribunal correctionnel de Créteil avait été condamné à deux ans de prison ferme pour un canular qui avait déclenché l'intervention de la police chez un gamer en pleine partie.