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Vers un #MeToo dans le porno ?
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Le milieu du porno fait sa révolution ? - Uwe Zucchi/picture alliance via Getty Images
Le milieu du porno fait sa révolution ? - Uwe Zucchi/picture alliance via Getty Images ©Getty

Vers un #MeToo dans le porno ?

Une enquête pour "viols" et "proxénétisme", visant le site pornographique "Jacquie et Michel" a été ouverte en juillet dernier, des dizaines de témoignages de femmes affluent et décrivent les pratiques sordides des producteurs.

Le milieu de la pornographie n'est pas épargné par le harcèlement et les agressions sexuelles, le témoignage fort de l'actrice Nikita Bellucci qui dénonçait le harcèlement dont elle était victime sur les réseaux sociaux, a permis de mettre en lumière un véritable fléau que subisse les actrices de films pour adultes. L'idée qu'une femme travaillant dans le porno, n'est pas légitime à se présenter comme une victime de viol, est très majoritaire. 

Kim Equinoxx, actrice porno, explique :

Certains ne comprennent pas qu'elles dénoncent des viols. Ils disent: 'c'est comme un boxeur qui se plaindrait de prendre des coups'.

Mais, les temps ont changé et les mentalités avec, sous l'impulsion du mouvement #MeToo, les témoignages d'actrices victimes de pratiques douteuses et hors la loi, émergent. La célèbre société de production Jacquie et Michel est dans le viseur de la justice, une enquête pour "viols" et "proxénétisme" ouverte en juillet, est en cours. 

C'est la plainte d'une actrice porno qui a déclenché l'ouverture de la procédure. L’actrice avait accepté "des conditions spécifiques de tournage avec l'intervention d'un acteur", rapporte le journal Midi-Libre. Le contrat détaillait le rôle de l’acteur et la description de la scène. Sauf que le cameraman a décidé de participer aux ébats. 

D'autres témoignages décrivent des viols ou des agressions sexuelles. Comme cette actrice qui voit surgir le réalisateur pour une fellation, ou une autre qui découvre pendant le tournage qu'elle n'aura pas un mais plusieurs partenaires.

Beaucoup d'entre elles aussi souhaitent que leurs vidéos soient effacées d'Internet. Un autre contentieux qu'explique à RTL, Lorraine Questiaux, avocate du Nid, l'une des trois associations féministes à l'origine du signalement :

Les femmes se plaignent d'abord de ce qui a le plus d'impact dans leur vie, les images. Elles occultent dans un premier temps les violences graves qu'elles ont subies.

Une pétition, déjà signée par près de 2 millions de personnes, exige la fermeture de PornHub. Nous assistons aux prémices d'un"#metoo de la pornographie", selon Céline Piques, de l'association Osez le féminisme !. 

Même si l'omerta est la règle en matière de violences sexuelles, c'est d'autant plus vrai dans l’industrie de la pornographie, pourtant il s'agit d'une réalité pour beaucoup d'actrices. Robin Angelo dénonçait déjà ces violences, il a infiltré le porno amateur pendant 1 an, et raconte son enquête dans un livre : "Judy, Lola, Sofia et moi" :

Si l'industrie de la pornographie est le seul secteur où les femmes sont payées plus que les hommes, demandons-nous quel en est le véritable prix ?