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Le prix du baril de pétrole américain à moins de... zéro dollar !
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World Oil Industry (Anton Petrus)
World Oil Industry (Anton Petrus) ©Getty

Le prix du baril de pétrole américain à moins de... zéro dollar !

Le prix du baril du pétrole WTI a chuté pour clore la journée de lundi à -37,63$ à New York. Un fait historique pour l'or noir.

Un prix négatif pour le baril de pétrole aux États-Unis. Comment est-ce possible ? Pourquoi son prix a chuté ? Le prix sera-t-il moins cher à la pompe à essence ? Cette information du jour suscite bien des questions, et beaucoup d'incompréhension. Mouv' va essayer de vous y faire voir plus clair. 

De quoi parle-t-on ?

Pour commencer, il faut s'informer sur le sujet. Ce n'est pas le prix du pétrole général qui est négatif. On parle ici du pétrole WTI, pour West Texas Intermédiaire, qui est un pétrole brut. Il est souvent utilisé comme référence pour le prix aux États-Unis, comme l'est le Brent à Londres. Mais on ne parle pas de baril physique, vendu comptant, directement. C'est un prix du baril sur contrat, pour une livraison du pétrole en mai. 

Pourquoi le prix du pétrole chute ?

Une fois ces précisions faites, pourquoi ce prix chute ? Vous n'êtes pas sans savoir que la pandémie de coronavirus a provoqué la mise sous cloche de la population dans de nombreux endroits du monde et un ralentissement soudain et brutal de l'économie. Avec le confinement, les déplacements se sont également considérablement réduits. En clair, on utilise de moins en moins de pétrole. Pour le reste, il s'agit du mécanisme de l'offre et de la demande, une des bases de l'économie. Lorsque la demande diminue mais que l'offre reste la même, les prix diminuent. En effet, l'offre est toujours plutôt grande puisque les réserves continuent d'accumuler du pétrole. Le stockage n'est pas encore saturé, mais les capacités diminuent. Par exemple Cushing, un des principaux hub de stockage du pétrole WTI aux États-Unis, serait à 75% de sa capacité de stockage. 

Comment un prix négatif est possible ?

Mais en dehors de l'offre et de la demande, une autre variante entre en jeu : le temps, la date. Le 21 avril marque la clôture des contrats d'achat de pétrole pour le mois de mai. En effet, le prix du pétrole WTI qui s'est effondré de 300% à New York est soumis à des spéculations puisque ce sont des barils qui sont achetés pour une livraison qui s'effectuera plus tard, dans ce cas au mois de mai. Le but est donc pour le vendeur de vendre le plus à cette échéance, de se débarrasser de ses barils pour ne pas avoir à trop stocker puisque le stockage a aussi un prix. Se débarrasser du pétrole pour le mois suivant donc, quitte à vendre à perte. Et c'est ce qui s'est passé ce lundi.

Les prix ont donc brutalement chuté pour devenir négatifs lundi, mais cette baisse ne concerne que les contrats du mois de mai. Ceux du mois du juin ont eux aussi diminué mais dans une moindre mesure ne s'écroulant pas sous la barre de zéro dollar. En effet, la perspective d'un déconfinement avant juin pourrait voir la demande évoluer. Le marché du pétrole subit tout de même de fortes dépréciations. 

Malgré une diminution du prix à la pompe ces derniers temps, il ne faut pas s'attendre à ce que les prix chutent comme ceux du baril de pétrole. Il reste des frais insécables à la vente de pétrole aux particuliers : les frais de transport, de raffinage, ou encore les taxes de l'Etat. Ne vous faites alors pas trop d'illusion, ce n'est pas demain qu'on vous fera le plein gratuitement. 

En attendant, rester chez vous est la meilleure manière de faire des économies sur l'essence.