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Suspectée d'avoir le Covid-19, une femme se fait harceler
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Photo d'illustration - Luka Dakskobler/SOPA Images/LightRocket via Getty Image
Photo d'illustration - Luka Dakskobler/SOPA Images/LightRocket via Getty Image ©Getty

Suspectée d'avoir le Covid-19, une femme se fait harceler

Depuis son retour de l’hôpital, une femme suspectée d'avoir contracté le Covid-19 est harcelée par ses voisins qui font tout pour qu'elle parte de la résidence.

Cette histoire nous rappelle à quel point "le monde d’après" risque d’être comme "le monde d'avant"... Une femme de 36 ans, habitante de Quiberon en Bretagne, a présenté des symptômes inquiétants fin mars. Sur conseil de son médecin traitant, elle se met en quatorzaine, comme elle l'explique à Mathieu Pelicard, journaliste au quotidien Le Télégramme:

"__J’ai passé deux jours au sein de la cellule Covid-19 du Centre hospitalier de Bretagne Atlantique (CHBA), à Vannes. Tous les voisins sont au courant, puisque j’ai été prise en charge à mon domicile par des ambulanciers habillés en cosmonautes".

De retour à son domicile, elle pensait que le plus gros de son calvaire était derrière elle mais le pire l'attendait à sa porte, où des injures et des menaces l'attendaient, inscrites sur sa porte d'entrée :

Une habitante de Quiberon est harcelée par ses voisins, elle est suspectée d'avoir le Covid-19 _ Photo Joël Gallène/Le Telegramme
Une habitante de Quiberon est harcelée par ses voisins, elle est suspectée d'avoir le Covid-19 _ Photo Joël Gallène/Le Telegramme

Des mots aiguisés comme des lames : "Assassin", "Dégage", "Tires-toi", "Meurtrière"(on s'est permis de corriger les fautes...) sont gravés sur la porte de son appartement et apparaissent aussi par le biais de mots glissés sous le paillasson. Cette ancienne salariée de l’hôtellerie est en incapacité totale de travail suite à un grave accident. Elle ne sort que pour ses examens médicaux, la situation est étouffante pour elle :

"Je le vis très mal. Des voisins me prennent en photo dès que je mets le nez dehors__. Que vais-je dire à mes enfants, qui sont actuellement confinés chez leur père, quand ils vont découvrir toutes ces inscriptions sur notre porte ?" 

Une pré-plainte a été déposée sur Internet et les gendarmes sont venus faire de la pédagogie auprès des résidents, hélas, quelques jours plus tard, elle a découvert la portière de sa voiture rayée, cette femme harcelée déclare :

Je n’en dors plus la nuit, à essayer de surprendre le ou les gens qui font ça.

L'épidémie agit comme un révélateur très puissant, on assiste à un véritable élan de solidarité et de fraternité mais aussi à des comportements qui ne sont pas toujours rationnels, certains perdent même tout sens des réalités et d'humanité.