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Police : Christophe Castaner réclame "une tolérance zéro" contre le racisme
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Christophe Castaner lors de sa conférence de presse du 8 juin 2020 au Ministère de l'Intérieur (Photo : Isa Harsin)
Christophe Castaner lors de sa conférence de presse du 8 juin 2020 au Ministère de l'Intérieur (Photo : Isa Harsin) ©AFP

Police : Christophe Castaner réclame "une tolérance zéro" contre le racisme

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a fait une allocution télévisée ce lundi 8 juin à propos de la police et de la gendarmerie.

Le nombre d'enquêtes menées par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a augmenté de 23% en un an. Une augmentation plutôt importante pour la police des polices qui vise à contrôler les potentielles dérives des agents. Christophe Castaner a apporté ce 8 juin, suite à la demande d'Emmanuel Macron, des réponses concrètes après des cas présumés d'interpellations violentes ou de racisme au sein de la police. Mesures strictes en cas de racisme avéré, révision des techniques d'interpellation, renforcement de i'IGPN et de l'IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale), voici les annonces du ministre.

"Aucun raciste ne peut porter dignement l'uniforme"

Le racisme est au cœur des débats, plus que jamais aujourd'hui, notamment depuis la mort de George Floyd à Minneapolis aux États-Unis. Des manifestations ont lieu dans le monde entier pour dénoncer le racisme, notamment au sein de la police. Récemment, Arte et Street Press révélaient également des cas de racisme au sein de la police française, preuves à l'appui. "Aucun raciste ne peut porter dignement l'uniforme de policier ou de gendarme" a lancé Christophe Castaner. Il a ajouté avoir demandé "à ce qu'une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'acte ou de propos racistes." Il a ainsi exigé que les contrôles d'identité soient moins fréquents et cessent d'être effectués en fonction de la couleur de peau. "S'il y a encore des services où le nombre de contrôles d'identité reste un critère d'évaluation de l'activité, je demande à ce qu'il y soit mis un terme immédiatement."

L'abandon de "la technique dite "d'étranglement""

En ce qui concerne les arrestations qui ont pu avoir des dénouements dramatiques, Christophe Castaner s'est également exprimé. Le ministre a annoncé une révision des techniques d'arrestation, notamment en ce qui concerne celle dite de "l'étranglement", expliquant que "personne ne doit risquer sa vie lors d'une interpellation." Il a ainsi décidé de l'abandon de cette technique qui "ne sera plus enseignée en école de police et de gendarmerie." Il a également interdit aux forces de l'ordre de s'appuyer sur le cou ou la nuque de la personne interpellée. Ces méthodes sont jugées trop dangereuses pour le ministre de l'Intérieur.

Une réforme de l'IGPN, l'IGGN et l'Inspection générale de l'administration

Christophe Castaner a par ailleurs annoncé une "réforme en profondeur des inspections du ministère de l'intérieur" à savoir l'IGPN, l'IGGN et l'Inspection générale de l'administration. Cette réforme devrait générer selon le ministre plus de collégialité, d'interactions, mais surtout "d'indépendance dans leur action vis à vis des services." "Chaque soupçon doit mener à une enquête et chaque faute doit mener à une sanction" souligne-t-il.

Dans le cadre de ces inspections justement, le ministre de l'Intérieur a affirmé sa volonté de mettre "la lumière" sur l'Affaire Gabriel, ce garçon de 14 ans grièvement blessé après son arrestation dans la nuit du 25 au 26 mai 2020.  "Troublé" par cette affaire qui "a marqué de nombreux Français", Christophe Castaner a déclaré que "des policiers sont en ce moment confrontées aux expertises médicales." 

Pour l'Affaire Adama Traoré, survenue en 2016, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, doit l'examiner plus en détail. Elle a proposé une rencontre à la famille d'Adama Traoré qui a refusé, préférant attendre des avancées concrètes dans l'enquête.