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Pegasus : ce que l'on sait sur ce logiciel espion
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Projet Pegasus : un pas de plus vers un espionnage de masse ? - Lino Mirgeler/picture alliance via Getty Images
Projet Pegasus : un pas de plus vers un espionnage de masse ? - Lino Mirgeler/picture alliance via Getty Images ©Getty

Pegasus : ce que l'on sait sur ce logiciel espion

Une enquête de grande envergure vient de mettre à jour un système mondial d'espionnage de téléphones. Un logiciel espion baptisé Pegasus aurait permis à de nombreux pays de surveiller leurs opposants et des journalistes

Une large enquête pilotée par Forbidden Stories, un consortium international de journalistes ( soit 80 journalistes issus de 17 médias et 11 pays différents, avec le soutien technique du Security Lab d’Amnesty International) vient de révéler des pratiques obscures, un logiciel espion, nommé Pegasus est utilisé, par une vingtaine de pays, pour surveiller les conversations privées de journalistes et de politiciens via leur téléphone.

La naissance de Pegasus et son utilisation

Ce logiciel a été mis au point et commercialisé ( théoriquement uniquement à des organisations étatiques) , par l'entreprise israélienne NSO Group, dès 2013, bien que des traces de son existence ne soient découvertes qu'en 2016 (suite à des révélations d'espionnage). Vendu comme un outil décisif (aide à la prise de décisions), ce logiciel est destiné à la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Mais son utilisation a clairement dérivé pour faire de ce logiciel une arme au service de la cybersurveillance de masse.

Une fois le téléphone infecté par Pegasus, il est possible d’intercepter toutes les données qui s’y trouvent et d’écouter toutes les conversations, même celles qui utilisent des messageries cryptées, le logiciel transmet au commanditaire de nombreuses données comme la localisation GPS, les communications, photos, liste des contacts, accès aux micro et caméra. 

Son installation peut se faire de plusieurs façons, soit par spear phishing (variante de l'hameçonnage), ce qui nécessite un clique de l'utilisateur sur un lien envoyé via un sms ou un iMessage. Soit par le biais de serveurs informatiques :

Le logiciel utilisait les serveurs informatiques qu’Amazon met à disposition des entreprises pour infiltrer les téléphones.

Selon Le Monde, le groupe Amazon héberge de nombreux services informatiques par le biais de sa filiale Amazon Web Services (AWS), dont ceux de l’entreprise de surveillance numérique israélienne NSO Group. Un porte-parole d’AWS a confirmé avoir coupé l’accès de NSO Group à ses serveurs.

Des révélations qui bousculent l'échiquier diplomatique

Cette surveillance concerne au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise. Un chef d’État et deux chefs de gouvernement européens figureraient aussi sur la liste. Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty a déclaré :

Nous ne parlons pas ici juste de quelques États voyous, mais d’une utilisation massive d’un logiciel espion par au moins une vingtaine de pays.

Ces révélations tendent particulièrement les rapports diplomatique, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement s'est exprimé : "Ce sont des faits extrêmement choquants, et, s’ils sont avérés, extrêmement graves".

En France, un millier de cibles a été dénombré. A savoir, des journalistes du Monde, de Mediapart, du Canard enchaîné, de l’AFP, de France Télévisions ou du Figaro, comme Éric Zemmour. Le Maroc serait à l’origine du ciblage pour une grande partie d’entre eux. Une plainte a été déposée et une enquête est en cours...