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Payés 50 euros par semaine, des étudiants infirmiers dénoncent leurs conditions de travail
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Un centre Covid à Rouanne mis en place en urgence. (photo : Véronique Popinet)
Un centre Covid à Rouanne mis en place en urgence. (photo : Véronique Popinet) ©AFP

Payés 50 euros par semaine, des étudiants infirmiers dénoncent leurs conditions de travail

En pleine crise sanitaire du Covid-19, nombreux sont les soignants qui prennent des risques chaque jour, parfois avec un manque de protection, et multiplient considérablement leurs heures. Les étudiants prennent eux aussi part à cet effort, mais restent sous payés.

Depuis l'accélération de la propagation du coronavirus en France, beaucoup d'hôpitaux notamment d'Île de France et de la région Grand Est font face à une saturation de leurs services et un manque de personnel. Pour palier ce manque, les stages de certains étudiants infirmiers ont été avancés. Beaucoup sont prévenus au dernier moment, font le travail d'un aide-soignant, mais sont toujours rémunérés à hauteur de leur indemnisation de stage soit pas plus de 50€ par semaine.

Depuis quelques semaines, les témoignages d'étudiants infirmiers fusent sur les réseaux sociaux. Le point qui ressort le plus est le manque de valorisation de leur travail. Au micro de FranceInfo, cet étudiant explique "On a l’impression de ne rien valoir." Ils mettent notamment en avant la rémunération dérisoire qu'ils reçoivent comparé au travail qu'ils fournissent. 

Un statut de stagiaire "alors que ça ne correspond pas au cadre de notre formation"

Cette rémunération est appliquée à des postes qui ne correspondent pas à ceux que les étudiants étaient censés pourvoir dans le cadre de leurs études. Pauline, contactée par Mouv', est étudiante en dernière année d'infirmière. Elle a été réquisitionnée dès le 26 mars, prévenue la veille de son affectation, à la régulation du SAMU. Son rôle : prendre des appels téléphoniques, et les trier. Elle a commencé avec 4 jours de formation, "ils nous ont fait passé ça pendant 1 semaine en CDD, et ensuite on a changé de statut, on est passés en tant que stagiaires alors que ça ne correspond pas au cadre de notre formation" raconte Pauline.

Bien sûr, avec le statut de stagiaire va la rémunération. Pauline, est donc rémunérée 1,40€ de l'heure, même quand elle travaille de nuit, ou pendant des jours fériés, comme ce lundi de Pâques. Marion est elle aussi étudiante infirmière et a été réquisitionnée dans une maison de retraite où elle fait le travail d'une aide-soignante tout en ayant la rémunération d'une stagiaire. Elle est également payée 1,40€ de l'heure, y compris le dimanche.

Une formation compromise

Pauline déplore par ailleurs le peu de formation pratique qu'elle aura eu cette année. En dernière année, elle doit entrer dans la vie professionnelle dès cet été. "On va arriver, on va nous rire au nez" explique Pauline pour qui les stages, surtout en troisième année, sont très importants voire décisifs. "Il y a plein de choses qu'on ne saura pas faire." Marion, en stage en maison de retraite, raconte également le manque d'encadrement. "On nous dit tu vas être aide-soignante aujourd'hui, donc tu fais ça et débouille-toi quoi" relate-t-elle.

Plusieurs régions comme le Grand Est, les Hauts-de-France, l'Île de France ou la Bourgogne-Franche Comté ont annoncé qu'ils augmenteraient les indemnisations de stage de ces étudiants infirmiers, pour qu'elles atteignent jusqu'à 1400€ d'après FranceInfo. Ce n'est pas encore le cas, mais la FNESI, Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers, indique que les premiers versements devraient se faire courant mai.