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Paris Match verse 40 000 euros à un SDF pour non-respect du droit à l’image
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Un SDF allongé dans une station de métro parisienne. (photo : Elise Hardy)
Un SDF allongé dans une station de métro parisienne. (photo : Elise Hardy) ©Getty

Paris Match verse 40 000 euros à un SDF pour non-respect du droit à l’image

L'hebdomadaire n'a pas flouté le visage d'un SDF lors de son reportage sur le crack dans la station de métro parisienne Max-Dormoy.

Comme l’a rapporté Le Parisien ce week-end, le magazine Paris Match a été condamné par le tribunal de Nanterre a versé 40 000€ de dommages et intérêts à Felix. Félix (prénom modifié) est un parisien sans domicile fixe de 48 ans qui, en janvier 2018, a découvert sa tête en pleine page du magazine pour un reportage sur le crack à la station de métro Max-Dormoy (Paris 18e). 

Félix n’a aucun mal à reconnaitre son addiction. Non, ce qu’il reproche à Paris Match c’est d’avoir utilisé son image sans son consentement. Son visage n’est pas flouté, comme le sont pourtant ceux des policiers sur la page suivante. L’homme est facilement reconnaissable avec son bonnet bleu et son chien près de lui. 

La justice défend le droit à l'image pour tous

C’est par le biais d’une association que Félix sera mis en relation avec un cabinet d’avocat. Ensemble, ils attaquent l’hebdomadaire en justice et obtiennent gain de cause en mai 2019. Paris Match est condamné à 10 000€ de préjudice et a pour obligation de retirer la photo de son site internet, mais aussi de son application mobile. Ce qu’il ne fera pas. La tête du SDF disparait bien du site mais reste sur l’appli. 

Les avocats du plaignant retournent dans l’arène pour faire retirer définitivement cette photo de toutes les plateformes. En décembre dernier, les avocats Camille Auvergnas et Martin Vettes font à nouveau plier Paris Match qui doit, cette fois, verser 30 000€ à Félix, soit un total de 40 000€ de dommages et intérêts en tenant compte des deux jugements. Dans son jugement, le tribunal de Nanterre a souhaité revenir sur un point essentiel de sa décision : "chacun dispose, quelles que soient sa notoriété, sa fortune, ses fonctions présentes ou à venir, du droit au respect de sa vie privée et jouit sur son image d'un droit exclusif lui permettant de s'opposer à sa fixation (...) sans autorisation préalable". Pas besoin d’être Kanye pour défendre son droit à l’image.