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OnlyFans : un nouveau repère pour les proxénètes
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Shooting - femme qui pose en lingerie (Steve Prezant)
Shooting - femme qui pose en lingerie (Steve Prezant) ©AFP

OnlyFans : un nouveau repère pour les proxénètes

OnlyFans est une plateforme de contenus par abonnement, aussi appelé l'"Instagram du porno"puisqu'à la différence des autres réseaux sociaux, elle ne bannit pas la nudité. Véritable phénomène chez les plus jeunes, son essor inquiète. Explications.

Lancé en 2016 au Royaume-Uni, OnlyFans est une plateforme sur laquelle les créateurs et créatrices mettent à disposition de leurs "fans" (et néanmoins abonnés), du contenu exclusif en contrepartie d'un abonnement allant de 5 à 40€. La plateforme prélevant au passage une commission de 20%. La plupart du temps, il s'agit de photos dénudées, de strip-teases, voire de vidéos pornographiques, ce qui a valu à la plateforme d'être rebaptisée du doux nom d'"Instagram du Q".

OnlyFans marque une étape supplémentaire dans l’ubérisation de l’exploitation sexuelle

Le confinement a grandement contribué à son essor, puisqu'en mars 2020, on constate une augmentation de 75% des inscriptions. Comme l'explique Claudine Legardinier pour Le Figaro Etudiant, la crise a été un accélérateur, la fin des jobs et des stages étudiants a plongé beaucoup d'entre eux dans une grande précarité :

"De plus en plus d’étudiants y postent des photos pour arrondir leurs fins de mois."

Sans oublier que notre rapport à la nudité a clairement été modifié avec l'avènement d'Internet, facilitant le terrain pour encore plus de voyeurisme et d'exhibitionnisme.

Cette nouvelle plateforme est une étape supplémentaire dans la banalisation de la prostitution et de la pornographie.

Un rapport publié en juin 2019, dirigé par la Fondation Scelles qui lutte contre la prostitution, est catégorique, en France, les victimes de la prostitution sont de plus en plus jeunes.

Un nouveau repère de proxénètes

Claire Quidet, présidente du Mouvement du Nid, une association qui lutte quotidiennement contre la prostitution a confié lors d'une interview donnée pour Le Figaro :

Sur Onlyfans, les jeunes peuvent être facilement repérés par des proxénètes.

Sur la plateforme, il y a plus de filles que de garçons, il y a aussi de jeunes toxicomanes, des jeunes qui ont fugué de leurs foyers en raison de leur homosexualité. Ils sont à la rue, en errance, et sont des proies faciles pour la prostitution. Beaucoup ont vécu des événements difficiles durant l’enfance et l’adolescence. 

Même si juridiquement, vendre des "nudes" ne relève pas directement de la prostitution, car il n’y a pas de relation sexuelle en échange d’une rémunération ou d’un bien matériel, ce _"catalogue"_en ligne peut faciliter la prise de contact et la croissance des réseaux de proxénètes . Claire Quidet veut sensibiliser le plus grand nombre à ce phénomène inquiétant :

"Les sites comme Onlyfans participent beaucoup à la banalisation de la sexualité marchande__, à l’omniprésence de la pornographie. On a l’impression que ce n’est pas si grave car il ne s’agit que de photos. Les jeunes se mettent alors en danger car ils peuvent être facilement repérés par ces réseaux de proxénètes."

D'autant plus, qu'il y a un véritable déni chez la plupart des personnes qui se prostituent. Certaines jeunes filles ne voient pas ce qu’il y a de mal à "faire plaisir aux amis de leur petit copain".

Nous devons faire comprendre aux jeunes qu’il y a une différence entre avoir une vie sexuelle libre et accepter de l’argent pour cela.

Pour toutes questions ou si vous avez besoin d'aide, vous pouvez vous adresser au Mouvement du Nid .