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"Ok un autre Kevin portugais" : OCS soupçonné de discrimination à l’embauche
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"Ok un autre Kevin portugais" : OCS soupçonné de discrimination à l’embauche

Un jeune diplômé a reçu une réponse inattendue et totalement inappropriée pour faire suite à sa candidature pour un stage de fin d’études chez Orange Cinéma Séries.

En recherche de stage, Kevin Pereira vient tout juste de déposer sa candidature pour un poste d’assistant éditorial à OCS, sur une plateforme spécialisée. Très rapidement, il reçoit une réponse du recruteur. Plutôt étonnant quand on sait que les CV et lettres de motivation mettent du temps à trouver un écho. Mais le jeune homme n’est pas loin de tomber de sa chaise lorsqu’il lit le mail qui ne contient ni refus, ni proposition d’entretien d’embauche, mais une phrase très moqueuse :

Ok un autre Kevin portugais, en plus apparemment il est en prison.

Ce message, envoyé par un certain Sébastien Normand, n’aurait jamais dû être lu par Kevin. Cependant, le recruteur d’OCS s’est malencontreusement trompé et a cliqué sur "répondre à tous", au lieu de "transférer", sans enlever l’adresse mail de Kévin de la liste de diffusion. 

Moqué pour son origine portugaise, son prénom ainsi que pour la ville où il réside (Fleury-Mérogis), connue pour sa prison, Kevin, une fois l’effet de surprise atténué, s’est rapidement mis en colère. En publiant une capture d’écran du mail sur Twitter, il a réussi à obtenir un tant soit peu de justice. 

Contacté par Le Figaro, Kévin explique sa colère : "Il a transféré mon profil à ses collègues en 1 minute. Mon CV est blindé, ma lettre de recommandation fait 1 page. Il s'est arrêté à la case "Contact" de mon CV [] tu trimes pour faire les bonnes études, avoir les bonnes expériences pour atteindre tes objectifs que tu te fixes depuis des années. Et on s'arrête à ton nom et ton adresse ?"

Diplômé d’un master 2 "Digital, médias et cinéma" à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Kévin cherche à effectuer un second stage de fin d’études. Alors que la période est compliquée pour les jeunes diplômés avec la pandémie de Covid-19 qui a ralenti les embauches, certains recruteurs ont apparemment décidé de continuer à mal considérés leurs candidats.

Contacté par Le Figaro, Orange confirme les faits et "condamne" ce "comportement individuel", qui serait, selon la multinationale, un acte isolé et ne correspondrait pas aux valeurs d’OCS. 

Sur Twitter, Kévin a publié une "update", expliquant qu’il avait été contacté par la Directrice des Ressources Humaines de l’entreprise qui lui a présenté ses excuses et qui lui a assuré que Sébastien, le recruteur, allait recevoir une sanction dans les prochains jours. Elle a aussi précisé que Kévin allait être reçu en entretien pour le stage d’assistant éditorial. 

Pourtant, Kévin a publié la capture d’écran d’un message qu’il aurait reçu d’un ancien stagiaire chez OCS qui semble confirmer que ce n’est pas la première fois que ce fameux Sébastien adopte ce genre de comportement : 

En France, il est interdit de rejeter une candidature à un emploi pour une raison liée aux caractéristiques physiques, religieuses, idéologiques ou ethniques du candidat. Il est aussi interdit de la rejeter en raison de son sexe, sa nationalité, son nom, sa situation familiale, son état de santé ou son orientation sexuelle. En cas de discrimination de ce type, l’employeur peut être sanctionné à payer des dommages et intérêts aux candidats, une peine d’emprisonnement de trois ans et une amende de 45 000 euros. Si la discrimination à l’embauche est le fait d’un salarié de l’entreprise, celui-ci peut aussi faire l’objet de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement.