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Netflix : accusé de sexualiser des jeunes filles avec l'affiche US du film "Mignonnes"
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Film "Mignonnes" (Maïmouna Doucouré)
Film "Mignonnes" (Maïmouna Doucouré)

Netflix : accusé de sexualiser des jeunes filles avec l'affiche US du film "Mignonnes"

L'affiche du premier long métrage de Maïmouna Doucouré, baptisé "Mignonnes" est au cœur d'une polémique outre-atlantique.

En France, le film "Mignonnes" ("Cuties"_en anglais)_, réalisé par Maïmouna Doucouré, est sorti en salles le 19 août et il suffira de traverser l'Atlantique, à partir du 9 septembre, pour le visionner sur Netflix. 

Il n'est pas rare que les affiches divergent d'un pays à l'autre, le monde du cinéma s'adapte aux mœurs des pays distributeurs. Ainsi, l'affiche américaine diffère de la version française. Mais voilà, Netflix a été pointé du doigt pour ce choix, jugé par beaucoup, comme très douteux car encourageant la sexualisation des fillettes et la pédopornographie

A gauche, l'affiche française, qui met en scène, dans une rue de Paris, 4 jeunes filles de 11 ans, les bras chargés de paquets et à droite, la version américaine, dans laquelle, on retrouve les 4 mêmes jeunes filles, cette fois-ci en shorts dans des poses lascives. De plus, la description made in US laisse entendre que c’est un film sur des fillettes hypersexualisées passionnées de twerk. Ce qui est bien trop simpliste ! Le film retrace l'histoire d'Amy, collégienne de 11ans qui rencontre un groupe de danseuses appelé : "Les Mignonnes". Amy s'entraine avec l’espoir d’intégrer leur bande et pour se soustraire au poids des traditions familiales...

Les réactions ne se sont pas faite attendre, puisqu'une pétition est née sur Change.org , pour interdire ce film qui "montre des enfants habillés de façon provocante, qui dansent sexuellement et n'est diffusé qu'aux adultes", cette pétition a recueilli plus de 572 222 signatures.

Tout va toujours trop vite sur les réseaux et l'affiche américaine est trompeuse, elle va à l'encontre même du discours et des engagements portés par la réalisatrice, Maïmouna Doucouré, qui déclarait le 14 aout au micro d'Europe 1, sur la sexualisation de l'image de la femme :

Ce sont des jeunes filles qui ont été biberonnées par l'image de la femme objetisée avec la pornographie présente partout tout le temps.

La réalisatrice déplore que l'on utilise encore et toujours le corps des femmes pour vendre des gels douche ou des canapés... Comme l'analyse une journaliste du site Slate, le film a pour but de décortiquer le mécanisme qui mène à cette hypersexualisation : les clips de RnB, la mode et les magazines, au même titre que l'envie d'appartenir à un groupe, de s'émanciper et de plaire selon les seuls codes qui sont accessibles en tant que jeunes filles.

Quoiqu'il en soit Netflix s'est vu dans l'obligation d'agir, et s'est excusé sur Twitter, en promettant de modifier l'affiche et la description du film :

"Nous sommes profondément désolés pour l'affiche inappropriée que nous avons utilisée pour Mignonnes/Cuties. Elle n'était pas correcte, ni représentative de ce film français qui a été primé à Sundance. Nous avons maintenant mis à jour les photos et la description."

Le film "Mignonnes" est acclamé par les critiques, il a reçu le prix de la meilleure réalisation à Sundance, ainsi qu'une mention spéciale du jury international à la Berlinale.