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Netflix : 9 utilisateurs sur 10 partagent leur compte avec leurs proches
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Écran d'accueil pour se connecter à un compte Netflix
Écran d'accueil pour se connecter à un compte Netflix ©Getty

Netflix : 9 utilisateurs sur 10 partagent leur compte avec leurs proches

Selon le dernier rapport Médiametrie, sur les 17 millions de Français ayant regardé au moins un programme sur un service de vidéo à la demande (SVoD) en 2018, 90% en font profiter leur entourage en partageant leurs identifiants personnels.

C’est une chose que les amateurs de Netflix ont bien compris : profiter du service de vidéos en ligne avec les identifiants d’un proche est d’une simplicité sans nom. Ce procédé a d’ailleurs sans doute changé la vie d’un bon nombre de personnes, devenant grâce à un tiers, de véritables binge-watchers à part entière. Ce que l’on ne savait pas en revanche, c’est la proportion d’utilisateurs qui permettent ce partage à grande échelle. Médiametrie nous l’apprend en ce début de mois d’octobre : 90% des abonnés à Netflix partagent leur compte avec leurs camarades favoris. 

On apprend également que 84% d’entre eux donnent accès au saint Graal aux membres de leur famille. C’est colossal. Cette donnée ne met pas uniquement en avant le fait que Netflix fait partie intégrante des familles françaises en 2019, elle prouve également que deux millions d’utilisateurs de la plateforme de diffusion partagent leur compte avec leurs amis, c’est-à-dire hors du cercle familial, ce qui est pourtant interdit selon la charte de Netflix. Peu de gens le savent, mais voilà ce que l’on peut lire au point 4.2 de la partie « Service Netflix » sur la charte du service de streaming : « Le service Netflix, ainsi que tout contenu regardé via le service, est réservé à un usage uniquement personnel et non commercial et ne doit pas être partagé avec des personnes extérieures à votre foyer__. »

Évidemment, Netflix n’est pas très à cheval sur cette réglementation comme le montrent ces propos de Reed Hastings en 2016 : « Le partage de mots de passe est quelque chose avec lequel nous devons apprendre à vivre. Il y a tellement de partage de mots de passe qui est légitime, avec votre conjoint, avec vos enfants... Il n'y a donc pas de limite claire et nous nous portons bien comme cela. » Cette politique doit à Netflix de compter aujourd’hui plus de 151 millions d’abonnés à travers le monde, dont 6 millions en France, et 3 millions de personnes en plus ayant regardé au moins un programme sur Netflix (ou une autre plateforme de service de vidéo à la demande) par rapport à 2018. « Le partage de compte favorise la diversification du public » avance Médiametrie, plus de partage d’identifiants n’est donc pas égal à moins d’abonnements. 

Une politique partageuse pas adoptée par tous

Si Netflix gagne chaque année des millions de nouveaux adeptes, d’autres firmes de SVoD ne voient pas ce côté « ouvert à tous » d’un bon œil. Disney+, la plateforme de streaming de Disney qui sera lancée en novembre et qui sortira début 2020 en France, ne permettra pas de pouvoir partager son compte avec ses proches. Disney a en effet signé un accord avec l’entreprise Charters Communications pour lutter contre le partage d’identifiants pour « diminuer le risque de piratage » comme on peut le lire sur le communiqué de presse. Diminuer le risque de piratage peut être un argument valable, mais on peut aussi imaginer que Disney+ souhaite assurer ses entrées de liquidités avant tout, plutôt que d’imaginer quelques malins profiter du système. 

Par ailleurs, l'entreprise Synamedia qui développe des logiciels pour le secteur de la télévision payante, a récemment mis en place ce qu'elle appelle le « Credentials Sharing Insight », un logiciel qui permettrait de "permettre aux plateformes et éditeurs de services de streaming de détecter les utilisateurs authentifiés sur un même compte afin d'inciter ces derniers à souscrire à des abonnements individuels" selon le site ZDNet. Toujours est-il qu'aujourd'hui le partage reste la tendance majeure chez les utilisateurs des différents services de vidéo à la demande et que l'on voit mal ce qui pourrait venir chambouler cet équilibre qui plaît à Netflix, la première plateforme de SVoD au monde.