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McDonald’s : des employés dénoncent un harcèlement et des actes sexistes
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McDonald’s : des employés dénoncent un harcèlement et des actes sexistes

Selon les témoignages recueillis par Mediapart et StreetPress, des salariés de McDonald’s seraient victimes de sexisme, de grossophobie et de divers autres types de harcèlement.

Pour réaliser cette enquête, les deux médias se sont basés sur le témoignage de 38 salariés, ou anciens salariés, de l’enseigne de fast-food. Le collectif McDroits et l’association React avaient collecté 40 autres témoignages. Au total, ce sont donc 78 employés, ou ex-employés, qui ont pu témoigner sur les méthodes de management utilisées dans les restaurants français McDonald’s.

Presque une personne sondée sur deux (48,7%) déclare avoir subi des harcèlements sexuels et 43,6% auraient été victimes d’harcèlement moral. De plus, 12,8% des interrogés racontent avoir subi des faits qui pourraient être qualifiés d’agressions sexuelles. 

Le physique comme critère d’affectation

Dans l’enquête, un témoin raconte que les employés perçus comme "moches" seraient placés hors de la vue des clients, dans les cuisines. A l’inverse, ceux qui auraient un physique avantageux seraient placés au comptoir, "pour appâter les clients." 

Des témoins rapportent que des critères encore plus sexistes seraient utilisés, tels que la taille de la poitrine des employées. Les femmes à "grosses poitrines" seraient, elles aussi, placées bien en évidence, à la vue du client. 

Propos machistes et règles vestimentaires sexistes

En plus d’évaluer la beauté des employés, les managers se permettraient des commentaires très déplacés, comme le relate Paul auprès de StreetPress : "Dès le matin à 7h c’était : 'Elle, je lui mettrais bien une cartouche'."

Une autre femme, Myriam (dont le prénom a été modifié), explique que, dans le restaurant où elle a travaillé, les managers hommes exigeaient que les filles au comptoir portent du rouge à lèvres, épilent leurs jambes et ne mettent pas de collant sous la jupe de l’uniforme, pourtant très courte. 

Un management par la terreur et des pratiques illégales

Selon une ex-manager, son directeur l’aurait poussée à exercer une forte pression sur les salariés : “Allez, je te fais confiance, défonce les, défonce les. Ils n’ont pas à t’aimer. Plus ils vont te détester, mieux ce sera. 

Une ancienne responsable juridique d’un restaurant McDonald’s a expliqué que sa direction inventait des fausses fautes commises par les employés afin de s’en débarrasser et installait illégalement des caméras dans les salles de pause. Elle dénonce aussi un coup monté sur la base de fausses déclarations de harcèlement afin de faire licencier un directeur trop humain et proche de ses équipes. Finalement, elle aurait été victime d’une agression sexuelle de la part de son directeur. 

Selon les témoignages, les managers et les directions se permettraient d’effectuer ces actes car les employés sont jeunes, avec un petit niveau d’études et dépendants aux salaires. 

Du côté de McDonald’s, on pointe du doigt les "franchisés", les patrons indépendants qui détiennent les restaurants. Selon la multinationale, ils seraient responsables du management des équipes. La "qualité de vie au travail et la mise en place d’un management respectueux" seraient les priorités du groupe.

"L’entreprise est attachée à un dialogue social de qualité. Les échanges permanents avec le CSE et la médecine du travail n’ont jamais mis en exergue des comportements inappropriés."

Le 18 mai 2020, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avait porté plainte contre le groupe McDonald’s, accusé de ne pas avoir lutté contre un "harcèlement sexuel systématique" dans les restaurants de plusieurs pays.