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Le viol est désormais passible de peine de mort au Bangladesh
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Mobilisation contre le viol devant le Parlement bangladais le 10 octobre 2020
Mobilisation contre le viol devant le Parlement bangladais le 10 octobre 2020 ©AFP

Le viol est désormais passible de peine de mort au Bangladesh

Le gouvernement bangladais a annoncé le 12 octobre qu’il allait réformer le Code pénal afin d’instaurer la peine de mort pour les violeurs.

Tout est parti d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 4 octobre. Des hommes se sont filmés déshabillant une femme du district de Noakhali (sud du Bangladesh), et la rouant de coups. Cette agression collective a ému l’opinion publique et provoqué l’indignation dans le pays. 

Des manifestations ont été organisées à Dacca et dans d’autres villes pour réclamer justice à cette femme ainsi que la fin de l’impunité pour les auteurs de crimes sexuels. Au Bangladesh, très peu de victimes de viol obtiendraient justice selon des militants des droits des femmes. D’après les données gouvernementales, seulement 4% des affaires d’agressions sexuelles débouchent sur un procès durant ces 20 dernières années et presque aucune condamnation n’est finalement appliquée.

L’ampleur de la mobilisation a poussé le gouvernement à faire changer les choses. La Première ministre bangladaise Sheikh Hasina, a ainsi annoncé qu’une ordonnance allait instaurer la peine de mort pour les violeurs. Celle-ci prendra effet ce mardi 13 octobre et pourra être appliquée rapidement. 

Le Bangladesh fait partie de la cinquantaine de pays dans le monde qui appliquent encore la peine de mort, aux côtés de la Chine, de l’Inde ou de certains Etats américains par exemple. D’autres pays ne l’ont pas encore abolie mais ne l’appliquent plus, tels que la Russie, le Maroc ou la Corée du Sud.

En France, le viol est passible de 15 ans de réclusion criminelle selon l’article 222-23 du code pénal. Cependant, en 2018, sur les 18 800 victimes de viol, seulement 1 269 violeurs ont été sanctionnés. Le nombre de victimes de viol est aussi à relativiser car il serait difficile à évaluer selon certaines enquêtes : seulement 10% à 20% des femmes porteraient réellement plainte.